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Conditions boueuses sur la route vers l’Arctique

La route de Tuktoyaktuk
Les conditions étaient particulièrement difficiles sur l’autoroute de Tuktoyaktuk samedi matin. Photo: Michael Wielba

Les conditions boueuses sur la nouvelle autoroute entre Inuvik et Tuktoyaktuk, dans les Territoires du Nord-Ouest, ont forcé sa fermeture pour une période indéterminée.

Un texte de Mario De Ciccio

En novembre, les Territoires du Nord-Ouest inauguraient l’autoroute entre Inuvik et Tuktoyaktuk, un hameau situé sur l’océan Arctique. Un exploit de construction d’une valeur de 300 millions de dollars qui permet de relier par voie terrestre la côte Arctique et les deux autres côtes canadiennes.

Selon le gouvernement, entre 60 et 70 conducteurs par jours ont emprunté la route depuis son ouverture.

Cependant, depuis samedi, l’Arctique est redevenu inaccessible par la route.

Les conditions boueuses de certains tronçons de l’autoroute, causées principalement par la fonte des glaces et la pluie, ont forcé les autorités à fermer les 140 kilomètres de routes pour effectuer des travaux de maintenance et éviter de l’abîmer davantage.

La barricade à l'entrée de l'autoroute à Inuvik.L'autoroute entre Inuvik et Tuktoyaktuk est fermée depuis samedi et le restera jusqu'à nouvel ordre. Photo : Radio-Canada / Mackenzie Scott

L’autoroute a connu plusieurs fermetures temporaires depuis l’arrivée du temps doux, mais c’est la première fois qu’elle doit être fermée aussi longtemps pour une période indéterminée.

Certains habitants de Tuktoyaktuk se retrouvent à nouveau isolés.

Pas de surprise pour le gouvernement

Cependant, le problème était prévu depuis le début de la construction, selon le ministère de l’Infrastructure.

« Nous nous attendions à ce que certaines sections soient glissantes et boueuses à ce temps-ci de l’année », explique le sous-ministre adjoint au ministère de l’Infrastructure, Kevin McLeod.

Kevin McLeodKevin McLeod est sous-ministre adjoint au ministère de l’Infrastructure. Photo : Radio-Canada / Kirsten Fenn

Il ajoute cependant que l’intrusion de certains conducteurs pendant les heures de fermeture de la route a compliqué la tâche du maintien de certains tronçons de l’autoroute qui ne sont pas encore terminés.

« La route n’est pas terminée », dit-il. « Le sous-traitant a encore du travail à faire, selon les termes de son contrat. Une bonne couche de gravier doit encore être mise sur environ 21 kilomètres de route. »

Il estime que ces problèmes font partie de la vie d’une telle route dans le Nord, construite dans des conditions difficiles, avec les matériaux disponibles dans la région et sur du pergélisol. Il ajoute que les autres routes comme l’autoroute Dempster ou l’autoroute 7 ont toutes deux vécu des difficultés semblables à leurs débuts.

Selon lui, l’autoroute pourrait ne rouvrir complètement qu’au début du mois de juin.

Pris d’un côté ou de l’autre

La fermeture de l’autoroute en a surpris plus d’un samedi.

Certains voyageurs comme Michael Wielba, qui habite à Inuvik, sont restés bloqués à Tuktoyaktuk.

Michael Wielba a pris la route de Tuktoyaktuk tôt samedi matin pour y ramener sa fiancée, Aman Haj-Touama, qui y travaille.

« [La route] ressemblait à une autoroute complètement différente », dit-il. « Nous savions que si nous restions coincés, ce serait fini. »

Une femme marche sur la route boueuse. Les conditions étaient particulièrement difficiles sur l’autoroute de Tuktoyaktuk, samedi matin. Photo : Michael Wielba

La route a été fermée quelque temps après son arrivée, et il s'est retrouvé coincé à Tuktoyaktuk.

Voyant que la route ne rouvrirait pas de sitôt, mardi, il s’est résigné à laisser son camion là et à prendre l’avion pour rentrer chez lui. Il aurait bien aimé avoir un avis de fermeture avant de prendre la route samedi.

C’est imprévisible, ce n’est vraiment pas fiable et c’est dommage.

Michael Wielba, résident d’Inuvik
L'autoroute.Les automobilistes peuvent s'attendre à des fermetures d'autoroutes au printemps pour les quelques prochaines années, selon le ministère de l'Infrastructure. Photo : Michael Wielba

Pendant ce temps, à Inuvik, Emily Beresford et six autres enseignants de Tuktoyaktuk, qui revenaient de vacances, ont dû changer de plan pour rentrer chez eux.

Pour être sûr d’être au travail lundi, le groupe a décidé d’affréter un avion.

C’était très stressant et un énorme inconvénient.

Emily Beresford, enseignante à Tuktoyaktuk

Avec des informations de Mackenzie Scott de CBC North à Inuvik

Grand-Nord

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