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  • Exclusif
  • Bruit des concerts : Montréal et Saint-Lambert commencent à s'entendre

    Le festival Osheaga

    Le festival Osheaga

    Photo : Facebook/Osheaga

    Radio-Canada

    À quelques jours du premier spectacle de la saison au parc Jean-Drapeau, Radio-Canada a appris que les villes de Montréal et de Saint-Lambert ont convenu d'imposer une limite maximale de volume sonore aux concerts dès l'été 2019.

    Un texte de Thomas Gerbet (Nouvelle fenêtre)

    Selon nos sources, les deux municipalités et la Société du parc Jean-Drapeau (SPJD) tenteront de déterminer, de façon collégiale, quel niveau fixer.

    Mais avant, dès le mois de juillet, les villes et la SPJD effectueront des prises de son durant les concerts. Six capteurs seront installés, soit deux sonomètres à Saint-Lambert, deux dans le parc et deux dans l'arrondissement Ville-Marie.

    Les données recueillies permettront de mieux évaluer le problème et les mesures à prendre. Les résultats des prises de son seront rendus publics sous forme de données ouvertes, sur une page web gérée par la SPDJ.

    On va ramener un plafond au niveau du bruit [...] Le son est un enjeu réel pour tous les citoyens.

    Jean-François Parenteau, responsable de l'Environnement au comité exécutif de la Ville de Montréal.

    Une ligne téléphonique pour se plaindre

    Un numéro de téléphone unique sera mis à la disposition des citoyens qui souhaitent se plaindre du bruit. La SPJD colligera le nombre d'appels et leur provenance.

    Les citoyens de Saint-Lambert ne sont pas les seuls à dénoncer la pollution sonore. Des résidents de Longueuil, mais aussi des arrondissements de Ville-Marie et de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, se sont plaints ces dernières années.

    Toutes ces décisions ont été prises le 15 mai, lors d'une deuxième rencontre réunissant des représentants des villes de Saint-Lambert, de Montréal, de l'arrondissement Ville-Marie et de la SPDJ.

    La compagnie evenko n'était pas représentée. « Evenko collabore très bien », assure toutefois Jean-François Parenteau, responsable de l'Environnement au comité exécutif de la Ville de Montréal. M. Parenteau ira, par ailleurs, rencontrer les citoyens de Saint-Lambert début juin.

    L'orientation de la scène : toujours un objet de discorde

    Le projet d'amphithéâtre extérieur au parc Jean-Drapeau.

    Le projet d'amphithéâtre extérieur au parc Jean-Drapeau.

    Photo : Société du parc Jean-Drapeau

    Même si Montréal affirme qu'il est trop tard, car la construction est déjà lancée, les élus de Saint-Lambert continuent de privilégier une réorientation de la scène. Ils voudraient la tourner vers la métropole plutôt que vers la rive sud.

    Il en coûterait au moins 10 millions de dollars. À Saint-Lambert, plusieurs élus suggèrent que le gouvernement du Québec paie la facture.

    Pour le moment, si la scène n'est pas réorientée, les élus de Saint-Lambert ne comptent pas abandonner la cause intentée en Cour supérieure. Une date de procès doit d'ailleurs être connue sous peu.

    Saint-Lambert poursuit la Ville de Montréal, la SPJD et le Groupe CH, propriétaire d'evenko. La municipalité de 22 000 habitants a déjà dépensé près de 1 million de dollars en frais d'avocats dans ce dossier.

    Les exigences des artistes

    La Ville de Montréal n'a pas voulu fixer de limite de bruit dès cet été, car les contrats avec les artistes sont déjà signés.

    Pour atteindre un niveau sonore de 60 décibels aux résidences de Saint-Lambert, il faudrait que les artistes se limitent à 95 décibels sur les lieux du spectacle.

    Montréal doit composer avec le fait que certaines vedettes internationales ont des exigences en matière de niveaux de décibels, qui sont inscrites dans leurs contrats. Par exemple, U2 et Madonna réclament 102 décibels.

    De tels artistes accepteront-ils de se déplacer s'ils doivent baisser le volume?

    Qu'est-ce que les résidents de Saint-Lambert entendent?

    À titre d'exemple, voici un niveau de 63 dB enregistré à 1,5 kilomètre de la scène du festival Heavy Montréal, à l'été 2014 :

    Le bruit, enjeu de santé publique

    Selon l'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), le bruit environnemental est l’une des formes de pollution les plus répandues. Le bruit environnemental est maintenant considéré comme un risque à la santé, particulièrement en milieu urbain, où il peut affecter un grand nombre de personnes, selon l'INSPQ.

    Plusieurs recherches scientifiques concluent que le bruit peut avoir de multiples conséquences physiques et psychosociales. Par ailleurs, pour l’année 2013, l'INSPQ a évalué les coûts sociétaux des effets du bruit à près de 680 millions de dollars par année au Québec.

    Saint-Lambert estime qu'il y aura 72 spectacles bruyants cet été au parc Jean-Drapeau.

    Grand Montréal

    Politique municipale