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D'autres changements réclamés pour assurer la sécurité des passages à niveau

Des améliorations demandées aux passages à niveau

La mère d'un homme en fauteuil roulant qui a perdu la vie lors d'un accident en juillet 2016, au centre-ville de Moncton, continue de réclamer des améliorations aux passages à niveau.

Un texte de Michel Nogue

Diane Harel réagissait à la déclaration de Transports Canada, trois mois après un rapport d'enquête sur l'accident mortel. Le gouvernement fédéral ne promet pas de mesure concrète pour améliorer la sécurité des personnes à mobilité réduite qui traversent les voies ferrées.

En février dernier, le Bureau de sécurité des transports avait recommandé toute une série de changements pour rendre les passages à niveau plus sécuritaires. Le BST proposait notamment un meilleur éclairage, le remplissage d'ornières et le changement d'angle des trottoirs.

Dans une déclaration écrite remise à Radio-Canada, Transports Canada dit se limiter à mener des consultations à la suite du rapport du BST. Le ministère fédéral promet d'évaluer les mesures proposées avant de recommander des changements.

Diane Harel promet de poursuivre ses démarches tant que la sécurité des passages à niveau n'aura pas été améliorée.Diane Harel promet de poursuivre ses démarches tant que la sécurité des passages à niveau n'aura pas été améliorée. Photo : Radio-Canada / Michel Nogue

Après avoir pris connaissance de cette réponse, Diane Harel déplore que les autorités tardent à corriger la situation aux passages à niveau. Celle qui a perdu un fils lors de l'accident de juillet 2016 reproche aux différents ordres de gouvernement et au Canadien National de ne pas assumer leurs responsabilités.

« C'est très décevant. Pour nous, les parents qui ont perdu un enfant, puis pour les personnes, les amis à Steven qui sont à mobilité réduite, c'est décevant pour eux aussi », déclare madame Harel.

Elle veut continuer à exercer des pressions, pour éviter que d'autres personnes qui se déplacent en fauteuil roulant se retrouvent dans la même situation que son fils.

Un lampion avec une photo de Steven Harel brûle jour et nuit dans le salon de ses parents à Memramcook.Un lampion avec une photo de Steven Harel brûle jour et nuit dans le salon de ses parents à Memramcook. Photo : Radio-Canada / Michel Nogue

En avril les parents de Steven Harel ont intenté une poursuite en justice contre le Canadien National, la Ville de Moncton, ainsi que des entreprises qui ont fabriqué et vendu le fauteuil roulant de leur fils.

On veut le faire pour les autres. Tous les amis à Steven, c'étaient nos enfants, c'était notre famille. Puis eux, ils comptent sur nous, parce qu'eux, ils ne peuvent pas le faire. Eux, ils n'ont pas de voix, ils n'ont pas de force, ils n'ont pas d'énergie pour pouvoir pousser ça pour que ça soit réparé.

Diane Harel, mère de Steven Harel
C'est à ce passage à niveau au centre-ville de Moncton que Steven Harel a été heurté par un train de marchandises en juillet 2016.C'est à ce passage à niveau au centre-ville de Moncton que Steven Harel a été heurté par un train de marchandises en juillet 2016. Photo : Radio-Canada / Michel Nogue

Entre-temps, des travaux ont été effectués au passage à niveau où un train de marchandises a heurté de plein fouet Steven Harel, dans la nuit du 26 au 27 juillet 2016. Malgré cela, Marisol Benoit multiplie les précautions lorsqu'elle traverse le chemin de fer.

« Moi, je le fais de reculons, parce que j'ai peur que mes petites roues en avant se prennent entre ces craques » lance-t-elle, en faisant une démonstration de sa technique pour franchir le passage à niveau. Au même moment, les roues avant de son fauteuil tombent brièvement dans la fente entre la voie ferrée et l'asphalte.

Marisol Benoit montre ici les précautions qu'elle prend chaque fois qu'elle franchit un passage à niveau.Marisol Benoit montre ici les précautions qu'elle prend chaque fois qu'elle franchit un passage à niveau. Photo : Radio-Canada / Michel Nogue

Cette amie de Steven Harel raconte avec émotion comment elle a entendu le klaxon du train, quelques instants avant la collision. Ce n'est que le lendemain qu'elle a compris que l'homme de 29 ans avait perdu la vie à ce passage.

Mme Benoit se réjouit que Diane Harel poursuive les démarches afin d'obtenir une amélioration des passages à niveau. « Ça vaut vraiment la peine. Parce que c'est la sécurité. Elle fait ça pour nous aussi, pas juste pour la situation qui est arrivée. Elle fait ça pour notre sécurité à nous » conclut la jeune femme.

Une fois l'entrevue terminée, Marisol Benoit recule lentement pour rentrer chez elle, en prenant bien soin de ne pas coincer les roues de son fauteuil roulant dans les ornières de la voie ferrée.

Nouveau-Brunswick

Société