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Faculté de médecine : la « mollesse » du CISSS critiquée

Isabelle Malo, la présidente-directrice générale du Centre intégré de santé et de services sociaux du Bas-Saint-Laurent. À sa gauche, Hugues Saint-Pierre, le président du Conseil d'administration du CISSS
Isabelle Malo, la présidente-directrice générale du Centre intégré de santé et de services sociaux du Bas-Saint-Laurent. À sa gauche, Hugues Saint-Pierre, le président du Conseil d'administration du CISSS Photo: Radio-Canada / Denis Leduc

La présidente-directrice générale du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) du Bas-Saint-Laurent, Isabelle Malo, est la cible de critiques, quelques fois acerbes, sur la façon dont elle a géré, jusqu'ici, tout le projet d'une faculté de médecine décentralisée dans la région.

Selon les informations obtenues par Radio-Canada, plusieurs acteurs au dossier lui reprochent d'avoir agi en catimini et de ne pas avoir suffisamment défendu les intérêts de la région. Comme l'essentiel des interventions dans ce dossier, les commentaires obtenus l'ont été sous le couvert de l'anonymat.

Un bruit de fond intense

Déjà la semaine dernière, le service des communications du CISSS confirmait entendre ces critiques sur la « mollesse » de la position défendue jusqu'ici par la haute direction de l'organisme.

On se disait impatient de pouvoir répliquer à ces critiques le moment venu.

Le secret du projet

Selon nos informations, la séquence des événements permet de comprendre le mécontentement.

En août 2017, la Faculté de médecine de l'Université Laval informe le CISSS du Bas-Saint-Laurent de ses projets de campus décentralisés à Lévis et à Rimouski.

Par la suite et pendant huit mois, jusqu'à ce que le ministre Barrette en révèle l'existence sur nos ondes, Isabelle Malo discute de ce projet pratiquement en vase clos.

Elle ne consulte ni les médecins ni le Conseil des médecins, dentistes et pharmaciens (CMDP) ni le maire ni le député ni les préfets.

Tout au plus, consulte-t-elle un groupe restreint de médecins dont le directeur des services professionnels.

Même le conseil d'administration du CISSS ne sera que tardivement et très brièvement informé du projet de Laval.

Des membres du Conseil d'administration du Centre intégré de santé et de services sociaux du Bas-Saint-LaurentDes membres du Conseil d'administration du Centre intégré de santé et de services sociaux du Bas-Saint-Laurent Photo : Radio-Canada

Négociation à rabais?

Entre-temps et à la faveur d'échanges entre les parties, l'Université Laval interprète que le Bas-Saint-Laurent donne son feu vert à un projet plus petit que ce qui s'est fait dans les trois autres régions où des projets du genre ont été développés, soit la Mauricie, le Saguenay et l'Outaouais.

Ce projet était à ce point avancé que la Faculté de médecine prévoyait l'annoncer à la mi-mai.

Or, l'événement a été annulé, tout comme une seconde conférence de presse en raison des remous causés par la découverte des tractations en cours depuis des mois.

Selon les informations disponibles, le projet initial prévoyait qu'un pavillon d'enseignement serait construit sur les terrains de l'hôpital de Lévis pour qu'on puisse y donner les deux premières années de formation des futurs médecins.

Les troisième et quatrième années, ce que l'on appelle l'externat, auraient été assumées par les médecins des différents hôpitaux du Bas-Saint-Laurent, de la Gaspésie et même de la Côte-Nord.

Opposition

Devant ce qui paraissait un quasi-fait accompli, le monde politique régional s'est levé comme un bloc pour réclamer un projet à tout le moins égal à ce qui avait été réalisé ailleurs au Québec.

Dans le même élan, au moins 170 médecins du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie signaient une lettre pour dire qu'ils étaient prêts à relever ce défi et plus de 2000 personnes ont signé une pétition électronique d'appui sur le site de l'Assemblée nationale.

Nouvelles craintes

Depuis, le projet est en révision, mais des craintes ont refait surface, mardi, quand les PDG des CISSS du BSL et de Chaudière-Appalaches ont publié un communiqué de presse conjoint.

Ils y affirmaient « être favorables » au projet et se disaient confiants de « trouver une issue favorable pour les deux régions ».

Il n'en fallait pas plus pour que des acteurs au dossier y voient la confirmation que les parties travaillent sur un projet qui serait bicéphale, contrairement à ce qui s'est fait ailleurs au Québec.

Réaction du CISSS

Appelée à commenter les informations que nous allions diffuser, la conseillère-cadre aux communications stratégiques du CISSS, Lise Chabot, a défendu la gestion du dossier par Mme Malo : « Je peux vous assurer qu'elle travaille pour la région ».

Ce qu'elle veut, c'est faire rayonner le Bas-Saint-Laurent [...] Elle ne travaille pas pour des demi-mesures.

Lise Chabot, conseillère-cadre aux communications stratégiques du CISSS du Bas-Saint-Laurent

Mme Chabot convient toutefois que le secret qui entoure les discussions entre les deux CISSS, l'Université Laval et l'Université du Québec à Rimouski n'aide pas à comprendre tous les enjeux en cause.

Malaise

N'empêche, une illustration du malaise causé par la façon dont les choses ont évolué depuis août 2017 se trouve dans ce commentaire de médecins qui ont pris part à une conférence de presse, lundi, pour appuyer l'idée d'un campus décentralisé.

Ils disaient avoir été informés de l'existence du projet, non pas par le CISSS du Bas-Saint-Laurent, mais par des collègues médecins de Chaudière-Appalaches.

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