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Seize actrices noires et métisses sur le tapis rouge contre les discriminations

Aïssa Maïga, Sabine Pakora, Rachel Khan, Assa Sylla and Nadège Beausson-Diagne comptaient parmi les actrices qui dénoncent la discrimination envers les Noirs et les Métisses au Festival de Cannes.
Plusieurs actrices noires et métisse comme Rachel Khan ont foulé le tapis rouge lors de la première de Burning Photo: Getty Images / John Phillips

Après la montée des marches de 82 femmes pour « l'égalité salariale » entre hommes et femmes dans le cinéma samedi à Cannes, 16 actrices françaises noires et métisses ont fait de même mercredi pour dénoncer la sous-représentation des personnes noires dans le 7e Art en France.

Emmenées par Aïssa Maïga, la comédienne à l'origine d'un livre collectif « Noire n'est pas mon métier », les actrices françaises ont été accueillies en haut des marches du Palais des festivals par la chanteuse burundaise Khadja Nin, membre du jury de la 71e édition.

« Ce qui nous intéresse, c'est d'instaurer le dialogue avec les gens qui font le cinéma, depuis le scénariste au financier en passant par le producteur, le réalisateur, le directeur de casting », explique Aïssa Maïga en entrevue.

On doit être dans un rapport plus rationnel, plus pragmatique, moins passionné, avec tous les gens du métier, même ceux qui ne sont pas issus de la diversité.

Aïssa Maïga

Pour les photographes, les seize femmes, parmi lesquelles Eye Haidara, Sonia Rolland ou Firmine Richard, ont aussi levé le poing avant de rentrer dans la salle pour la projection du film Burning du Coréen Lee Chang-dong.

Haute couture métisse

Pour cette montée des marches symbolique, elles étaient habillées par la maison Balmain, dont le directeur artistique, Olivier Rousteing, est lui-même métis et attaché aux questions de diversité dans la mode.

Shirley Souagnon, Karidja Toure, Assa Sylla, Sonia Rolland, Magaajyia Silberfeld, Mata Gabin, Eye Haidara, Rachel Khan, Aissa Maiga, Nadege Beausson-Diagne, Maimouna Gueye, France Zobda, Sara Martins, Firmine Richard, Sabine Pakora and Marie-Philomene Nga prennent la pose.Toutes les robes étaient signées Balmain, dont le directeur artistique est métis. Photo : Getty Images / John Phillips

« Malheureusement pour moi, il ne m'a été que trop facile de reconnaître [dans le livre] les commentaires désobligeants, l'ignorance et la discrimination qu'elles ont dû affronter durant leur carrière », a témoigné le créateur dans un communiqué.

Dans cet ouvrage, présenté avant le Festival, ces 16 actrices épinglent, citations à l'appui, les clichés et plaisanteries douteuses voire carrément racistes entendues dans l'exercice de leur métier en France.

Dans la foulée de #MoiAussi

« Heureusement que vous avez les traits fins », « vous parlez africain? », « trop noire pour [jouer] une métisse », « pas assez africaine pour une Africaine » : telles sont les réflexions entendues par exemple par Nadège Beausson-Diagne (Bienvenue chez les Ch'tis, Brillantissime).

Cette mobilisation n'aurait sans doute pas eu lieu sans le phénomène #MoiAussi et la libération de la parole des femmes après le scandale Harvey Weinstein, le producteur hollywoodien accusé de harcèlement sexuel voire de viols par près d'une centaine d'actrices, stars comme débutantes. « J'ai été imprégnée par l'air du temps », a indiqué à l'AFP Aïssa Maïga, elle-même d'origine sénégalaise.

La comédienne estime notamment que les quotas pourraient « peut-être devenir une des voies possibles » pour lutter contre la sous-représentation, voire « l'invisibilité » des personnes de couleur à l'écran, et ce même si « le mot fait réagir de façon épidermique ».

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