•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les procédures judiciaires telles que vécues par des femmes autochtones

Les symboles de la justice : le marteau et la balance.
a voir plus tard... Photo: iStock / iStock / Cristian Baitg
Radio-Canada

Deux femmes innues ont témoigné, devant la Commission Viens, de leurs difficultés après qu'elles aient porté plainte dans des affaires d'agressions sexuelles.

Un texte d’Alix-Anne Turcotti

Originaire de Uashat-Maliotenam, Danielle St-Onge a raconté que les délais judiciaires ont eu des conséquences sur son état mental. À la suite de sa plainte, des accusations ont été déposées contre l'homme qu'elle accusait d'agression sexuelle. 

J'avais envie de quitter le monde, c'était trop lourd à subir

Danielle St-Onge, témoin à la Commission Viens

Danielle St-Onge a trouvé difficile de répéter son histoire à plusieurs reprises devant les procureurs et devant différents intervenants.

Danielle St-Onge témoigne devant la Commission Viens, son père à ses côtés. Danielle St-Onge témoigne devant la Commission Viens, son père à ses côtés. Photo : Radio-Canada

C’est grâce au soutien de sa famille que la jeune femme a réussi à s’en sortir. « À force de discuter avec mon père et les intervenantes, j'ai réalisé que je n’avais pas fini ma vie. Il ne fallait pas que ça se termine comme ça », a-t-elle raconté.

L’homme qu’elle accusait a finalement plaidé coupable.

Autre histoire, sentiment semblable

Originaire de la communauté de Pessamit, Fanny Bacon, a aussi partagé son état d’esprit pendant ses démarches judiciaires, après le dépôt d'une plainte pour agression sexuelle. Elle ne se sentait pas crédible aux yeux des autorités, en raison de son origine innue.

Je me suis dit, je suis Innue, ça ne marchera pas, ils ne me croiront pas. En plus, j'étais intoxiquée.

Fanny Bacon, témoin à la Commission Viens
Fanny Bacon témoigne à la Commission Viens de passage à MaliotenamFanny Bacon témoigne à la Commission Viens de passage à Maliotenam Photo : Radio-Canada

Fanny Bacon a déploré le manque d’empathie du personnel policier, quelques heures après la présumée agression.

« J’étais couchée dans mon lit à l’hôpital en attendant de passer les examens de la trousse médico-légale, et derrière le rideau, j’entendais les policiers rires avec l’infirmière. Je savais qu’ils ne riaient pas de moi, mais en les entendant, je me suis sentie comme une moins que rien », a-t-elle rapporté.

Elle a par ailleurs insisté sur l'impact psychologique causé par les délais judiciaires qui, dans son cas, ont duré deux ans.

À la suite d’un procès, son présumé agresseur a été déclaré non coupable.

Fanny Bacon a proposé des pistes de solution pour améliorer les choses. Elle estime qu’il faudrait développer les services aux victimes dans des centres de femmes autochtones. Elle aimerait qu’il y ait plus d’agents de liaison disponibles pour accompagner les victimes pendant un procès.

Côte-Nord

Nations métisses et autochtones