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Pétition d'employés de Google contre une collaboration avec le Pentagone

Le siège social de Google à Mountain View, en Californie
Le siège social de Google à Mountain View, en Californie Photo: AP / AP/Marcio Jose Sanchez
Agence France-Presse

Une pétition interne demandant à Google de rester en dehors du commerce de la guerre faisait parler d'elle mardi. Des milliers de salariés l'auraient signée, tandis que d'autres auraient démissionné pour protester contre une collaboration du géant technologique avec l'armée américaine.

Environ 4 000 employés avaient signé mardi le texte qui a commencé à circuler il y a trois mois pour exiger du groupe qu'il renonce à utiliser ses outils d'intelligence artificielle pour aider les militaires à rendre leurs drones plus efficaces pour repérer leurs cibles, selon des médias américains.

Le site spécialisé Gizmodo a aussi indiqué qu'une douzaine d'employés de Google avaient démissionné pour des raisons éthiques.

L'entreprise américaine n'a pas répondu mardi aux sollicitations de l'Agence France-Presse à propos de cette collaboration désignée par les pétitionnaires sous le nom de projet Maven et qui vise, selon eux, à utiliser l'intelligence artificielle pour aider les drones de l'armée à distinguer les humains des objets.

« Nous pensons que Google ne devrait pas participer au commerce de la guerre, peut-on lire dans le texte de la pétition sur Internet. En conséquence, nous demandons à ce que le projet Maven soit annulé et que Google rédige, rende publique et mette en oeuvre une politique claire disant que Google ou ses sous-traitants ne construiront jamais de technologie de guerre », disent encore les signataires.

L'armée américaine, comme d'autres pays, utilise des drones (commandés à distance par des humains) pour des missions de reconnaissance ou de renseignement et pour procéder à des bombardements, en Afghanistan par exemple.

L'Electronic Frontier Foundation (EFF), qui défend les droits sur Internet, ainsi que le Comité international pour le contrôle des armes-robots (ICRAC), soutiennent cette pétition.

Même si Google a officiellement indiqué que ses travaux destinés à améliorer la capacité des machines à reconnaître des objets n'ont pas d'objectifs offensifs, certains documents publiés sont inquiétants, affirmait l'EFF récemment sur son site Internet.

Selon l'EFF, ces outils signaleraient des gens ou des objets vus par les drones pour que les images soient contrôlées par des humains. Dans certains cas, cela conduirait à des frappes de missiles sur ces personnes ou ces objets, ce qui constitue un problème éthique énorme.

Pour l'ICRAC, cela ouvre même la voie à une suppression totale de l'intervention humaine. « Si les chefs militaires voient que les algorithmes de reconnaissance d'objets sont fiables, il sera tentant de limiter, voire de supprimer le contrôle humain sur ces systèmes », craint-on dans une lettre ouverte publiée par le Comité dans laquelle il soutient les signataires.

« Nous ne sommes donc pas loin d'autoriser des drones autonomes à tuer automatiquement », sans contrôle humain, peut-on aussi y lire.

L'Organisation des Nations unies a lancé en avril une nouvelle série de discussions officielles sur les armes autonomes, pour tenter notamment de les définir précisément.

Selon des experts, des systèmes d'armement automatisés avec la capacité de repérer et d'éliminer des cibles sans qu'une action humaine soit nécessaire devraient prochainement être opérationnels sur les champs de bataille.

Au 31 mars, Google employait 85 000 personnes.

Techno