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Une professeure non autochtone pourra donner un cours sur les pensionnats autochtones

L'Université Mount Saint Vincent à Halifax
L'Université Mount Saint Vincent à Halifax Photo: Facebook/Université Mount Saint Vincent
Radio-Canada

Une professeure non autochtone a reçu l'autorisation de donner un cours sur les pensionnats autochtones à l'Université Mount Saint Vincent d'Halifax, en dépit des objections de ceux qui estiment que ce genre de cours devrait revenir à un Autochtone.

La professeure Martha Walls a développé ce cours. Des voix s’étaient toutefois fait entendre sur les médias sociaux, la semaine dernière, pour contester le fait qu’un chapitre important de l’histoire des Autochtones au pays serait enseigné par une universitaire qui descend des « colonisateurs ».

Il s’agissait, selon eux, d’une forme d’appropriation de l’histoire des Autochtones et ils estimaient que cela ajoutait à l’oppression systémique des membres des Premières Nations.

À la suite de ces commentaires, Martha Walls a proposé une réunion pour en discuter. La réunion regroupant des collègues du département d’histoire, des administrateurs de l’université et le conseiller du recteur sur les questions autochtones s’est tenue mardi. À l’issue de la rencontre, l’université a donné le feu vert à la professeure.

« Mme Walls peut compter sur le soutien des professeurs autochtones et non autochtones ainsi que de l’administration de l’Université concernant l’enseignement du cours sur les écoles résidentielles », a précisé l’université dans un communiqué.

Les professeurs et les membres du personnel autochtones à l’Université Mount Saint Vincent estiment que des alliés authentiques dans le processus de réconciliation - comme Martha Walls - doivent participer à l’enseignement de l’histoire des Premières Nations au Canada.

Extrait de la déclaration de l'Université Mount Saint Vincent

Priorité aux voix autochtones

L’université a précisé que la professeure accordera une grande importance, dans son cours, aux voix autochtones, à leur point de vue sur les pensionnats autochtones et aux récits de ceux qui y sont passés.

Des élèves d'un pensionnat autochtone à Inukjuak, au Québec, vers 1890 Des élèves d'un pensionnat autochtone à Inukjuak, au Québec, vers 1890 Photo : Bibliothèque et Archives Canada

L’université dit reconnaître les conséquences de la colonisation et réaffirme son engagement envers les étudiants et les communautés autochtones. Elle s’engage également à accroître le nombre de ses professeurs autochtones.

La liberté universitaire mise en cause, selon des professeurs

Lundi, un organisme national qui représente des professeurs d’université avait dénoncé la décision de tenir une réunion au sujet des critiques formulées au sujet de Martha Walls.

La Society for Academic Freedom and Scholarship (SAFS) estimait que l’origine ethnique ne devait pas être prise en compte au moment du choix des professeurs pour enseigner les matières. En acceptant de tenir un débat, l’institution remettait en cause l’indépendance des professeurs, selon l’organisme.

La décision de confier ou non le cours à Martha Walls aurait dû revenir au département d’histoire seul, disait Mark Mercer, le président de SAFS.

Mme Walls avait aussi reçu l’appui d’une collègue autochtone. Une professeure micmaque à l’Université Mount Saint Vincent, Sherry Pictou, avait affirmé sa « confiance pleine et entière » envers Martha Walls, une alliée de la communauté autochtone, selon elle.

Avec les informations de CBC

Nouvelle-Écosse

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