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Policiers armés de fusils d'assaut, la norme en Atlantique

Un fusil.
Un fusil d'assaut de type C8 Photo: CBC
Radio-Canada

Alors que des corps policiers du Québec équipent leurs agents de fusils d'assaut pour mieux réagir en cas d'attentats ou de tueries, ce type d'armes est la norme au sein des forces policières de l'Atlantique depuis un certain temps.

Les agents armés de fusil d'assaut sont la norme dans presque tous les services de police au Nouveau-Brunswick. C'est aussi le cas à Halifax, à Charlottetown et à Saint-Jean, à Terre-Neuve-et-Labrador.

Pour certains corps policiers en Atlantique, la disponibilité de fusils d'assaut ne date pas d'hier. À Edmundston, par exemple, c'est à la suite de la tragédie de Mayerthorpe en Alberta, lors de laquelle quatre agents de la GRC avaient été tués, que le service de police a acheté des armes d'assaut semi-automatiques.

Du côté de Bathurst, il y a près de 10 ans que tous les agents sont équipés de carabines Colt de modèle C8.

L'autre modèle répandu est l'AR-15, aussi appelé M-16 ailleurs dans le monde.

Fusils d'assaut AR-15Fusils d'assaut AR-15 Photo : AFP / Getty Images/iStock

Des armes sécurisées

Ces armes sont sécurisées à l'intérieur des véhicules policiers, et toute utilisation doit faire l'objet d'un rapport. Elles sont rangées matin et soir.

L'ensemble des services de police nous ont assurés que tous ceux qui ont accès à ces armes suivent une formation annuelle.

La fusillade de Moncton, en juin 2014, a confirmé chez eux la pertinence de ces formations et de la disponibilité de ces armes.

Risque de militarisation de la police

Le professeur en criminologie de l'Université de Moncton, Hesam Esfahani, comprend la nécessité pour les policiers de détenir ces armes, surtout dans les milieux ruraux où les distances sont grandes.

Toutefois, il craint que l'image de la police en soit ternie.

« L'utilisation de ces armes, c'est plutôt dans des situations exceptionnelles, c'est pas dans toutes les situations où la police intervient ou interroge des citoyens. Le risque de militarisation de la police augmente, parce que ça détruit un peu la bonne image de la police dans notre société. »

C'est justement ce risque de militarisation que craint le professeur Esfahani, qui voit le policier comme la vitrine du système de justice et non pas comme un soldat.

Utilisation « très rare »

Les services de police interrogés par Radio-Canada ont précisé que l'utilisation des armes d'assaut est rare. Plusieurs services ont indiqué qu'ils ne les avaient jamais utilisées depuis leur achat.

Elles ont fonction de dissuasion et ne seront utilisées qu'en cas de force majeure, tout comme les armes de service des policiers, ainsi que le fusil à pompe qui se trouve également dans les véhicules de patrouille.

Avec les informations de Nicolas Pelletier

Nouveau-Brunswick

Armes à feu