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Trudeau en visite aux États-Unis à un moment critique pour l’ALENA

Le premier ministre Justin Trudeau fait une annonce à Calgary, le 15 mai 2018.
L’un des objectifs de Justin Trudeau aux États-Unis sera d’attirer des investissements au Canada. Photo: La Presse canadienne / Jeff McIntosh
Radio-Canada

Justin Trudeau s'envole vers la côte est des États-Unis, au moment où les négociations de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) entrent dans une phase décisive. Si cette visite à New York et Boston prévue depuis quelques semaines ne vise pas à sauver l'accord, les négociations en cours risquent de teinter le séjour du premier ministre.

Un texte de Fannie Olivier, envoyée spéciale à New York

L’un des objectifs de cette 16e visite de Justin Trudeau aux États-Unis est d’attirer des investissements au Canada. « Pendant que le travail sur l’ALENA continue, le premier ministre soulignera durant cette visite l’importance de notre partenariat économique et de nos relations commerciales avec les États-Unis », a signalé une source gouvernementale.

Le voyage du premier ministre coïncide néanmoins avec un moment critique des négociations, alors que la date butoir du 17 mai a été avancée la semaine dernière par le président de la Chambre des représentants, Paul Ryan. Il a informé la ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, que, pour qu’un vote sur l’ALENA se tienne au Congrès avant les élections américaines de mi-mandat, un accord devait être conclu d’ici jeudi.

M. Trudeau et le président américain Donald Trump ont d'ailleurs discuté « de la possibilité de conclure rapidement les négociations », lors d'une conversation téléphonique lundi. En point de presse à Calgary mardi, le premier ministre a soutenu qu'il y avait une solution « atteignable de façon imminente qui sera bonne pour les États-Unis, le Canada et le Mexique. Et nous sommes très proches ».

Une autre source gouvernementale signale toutefois que la date butoir du 17 mai constitue une analyse contestée et que les négociations ne seront par ailleurs « probablement pas » terminées jeudi.

Même si le but du voyage du premier ministre n'est pas strictement de faire la promotion de l'ALENA, le politologue Mathieu Arès, de l’Université de Sherbrooke, croit néanmoins qu'il maximise les chances d'une conclusion de l'accord en se rendant au sud de la frontière.

Le fait qu'il soit présent autour fait partie de la stratégie, parce que M. Trump est un être difficile. Ce qu'on veut, c'est convaincre la société américaine [de l'importance de l'accord] pour que la pression soit de l'interne, pour qu'on puisse arriver à nos fins.

Mathieu Arès, politicologue à l'Université de Sherbrooke

Doctorat honorifique

Justin Trudeau entamera sa visite en acceptant mercredi un doctorat honorifique en droit de l’Université de New York. Il prononcera un discours à la cérémonie de collation des grades au Yankee Stadium, où il encouragera les étudiants « à faire une différence dans le monde ».

« À titre de premier ministre, M. Trudeau se concentre sur la création de nouveaux emplois, la mise en valeur de la diversité canadienne, la lutte contre les changements climatiques et la réconciliation avec les peuples autochtones, peut-on lire sur le site de l’Université de New York. Fier féministe, il a nommé le premier cabinet paritaire du Canada. »

Il s’agit du second doctorat honoris causa que Justin Trudeau reçoit, puisqu'il en a déjà accepté un de l’Université d’Édimbourg, en Écosse, en juillet dernier.

Le lendemain, le premier ministre s’adressera à l’Economic Club de New York, où il fera la promotion du Canada comme endroit privilégié pour investir. Des rencontres avec les dirigeants des compagnies américaines Honeywell, PepsiCo et AppNexus sont également au programme au cours de la semaine.

Il conclura son séjour avec une participation à la conférence « Solve » du Massachusetts Institute of Technology (MIT), un regroupement d’entrepreneurs en innovation technologique.

Le Conference Board du Canada a justement publié lundi un rapport déplorant la piètre performance du Canada en matière d’innovation. L’organisme évalue que le Canada est passé de la 9e à la 12e position à ce chapitre, loin derrière la Suède (1re position) et les États-Unis (4e position).

Questions de politique étrangère?

Même si le programme du voyage est surtout économique, M. Arès n’exclut pas le fait que Justin Trudeau se serve d’une de ses tribunes pour aborder les questions d'actualité en politique étrangère, comme le déménagement de l'ambassade américaine à Jérusalem ou le retrait des États-Unis de l'accord sur le nucléaire iranien.

« Sur ces dossiers-là, le Canada a été jusqu'à maintenant très discret. Il faut voir s'il va profiter d'une audience comme celle de l'honoris causa pour rappeler la place du Canada dans le monde », note-t-il.

Selon M. Arès, bien que le premier ministre ait clamé que le Canada est de retour sur la scène internationale au lendemain de son élection, « on reste jusqu'à maintenant sur notre faim ».

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