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Le chef du NPD fédéral considère une candidature en Colombie-Britannique

Jagmeet Singh s’adressant aux délégués et partisans lors du congrès du NPD de la Colombie-Britannique
Obtenir un siège avant les prochaines élections fédérales, en 2019, permettrait à Jagmeet Singh de mieux se faire connaître auprès de la population. Photo: La Presse canadienne / CHAD HIPOLITO
Radio-Canada

À la tête du Nouveau Parti démocratique (NPD) depuis bientôt huit mois, Jagmeet Singh n'a toujours pas de siège aux Communes. Une fenêtre s'ouvrira bientôt dans la circonscription de Burnaby-Sud, en Colombie-Britannique. Un terrain fertile pour le chef, bien que l'enjeu du pipeline Trans Moutain puisse lui compliquer la tâche.

Un texte de Louis Blouin, correspondant parlementaire à Ottawa

Burnaby a une longue histoire avec la bannière néo-démocrate. L'aura de Tommy Douglas y plane toujours. C'est là que le premier chef du NPD fédéral s'était fait élire lors d'une élection partielle et avait été réélu à deux reprises dans la défunte circonscription de Burnaby-Coquitlam.

Une victoire dans cette communauté serait très symbolique pour Jagmeet Singh. Selon nos informations, il songe sérieusement à se présenter dans Burnaby-Sud.

Cette circonscription fédérale va en effet bientôt se libérer, et une élection partielle devra y être déclenchée.

Le député néo-démocrate Kennedy Stewart, élu pour la première fois en 2011, quittera ses fonctions cet été pour se présenter à la mairie de Vancouver. Même s'il a lui-même été élu avec une faible marge en 2015, il est persuadé que Jagmeet Singh a de bonnes chances.

Il y a déjà un engouement dans Burnaby-Sud.

Kennedy Stewart, député sortant de Burnaby-Sud

M. Stewart cite notamment la composition de l'électorat. « Burnaby-Sud est l'une des circonscriptions les plus diversifiées du pays. Par exemple, on y compte 10 000 résidents d'origine sud-asiatique », fait-il valoir.

L'élu fédéral ajoute que les racines du parti y sont bien présentes. « C'est très néo-démocrate à Burnaby, les quatre sièges provinciaux sont détenus par le NPD », dit-il.

Attendre ou se présenter?

Obtenir un siège avant les prochaines élections générales permettrait à Jagmeet Singh de mieux se faire connaître auprès de la population, en intervenant à la période des questions notamment.

L'ex-chef Thomas Mulcair ne s'est pas gêné pour dire que M. Singh doit être élu au plus vite. « C'est à Ottawa qu'il y a les caméras », avait-il déclaré en décembre dernier.

Toutefois, cette course lui donnerait moins de temps pour arpenter le pays et amasser de l'argent à l'échelle nationale. Il y a aussi le risque d'une défaite qui pourrait faire très mal à son image avant les élections de 2019, comme les sondages sont peu encourageants pour le NPD. Cela fait partie de la réflexion du chef.

Rappelons que M. Singh évalue aussi la possibilité de se présenter dans Outremont, une circonscription située à Montréal qui sera laissée vacante par le départ de M. Mulcair. Selon les bruits de coulisse, une candidature en Colombie-Britannique est plus plausible.

Quatre élections partielles à convoquer d'ici la fin de l'année

  • Burnaby-Sud, avec le départ de Kennedy Stewart (NPD) cet été;
  • Outremont, avec le départ de Thomas Mulcair (NPD) en juin;
  • Leeds-Grenville-Thousand Islands et Rideau Lakes, en raison du décès du député conservateur Gord Brown;
  • Saint-Léonard-Saint-Michel, en raison du départ du député libéral Nicola Di lorio prévu cet été.

Lorsqu'un siège est vacant, une élection partielle doit être déclenchée dans les six mois.

La délicate question de Kinder Morgan

Photo d'un tanker pétrolier recevant son chargement de pétrole du pipeline Trans Mountain de Kinder Morgan à Burnaby en Colombie-Britannique, le 4 juin 2015.Un navire reçoit son chargement de pétrole du pipeline Trans Mountain de Kinder Morgan à Burnaby en Colombie-Britannique, le 4 juin 2015. Photo : La Presse canadienne / Jonathan Hayward

Dans cette élection partielle, le NPD pourrait profiter de la grogne envers les libéraux fédéraux et leur appui à l'expansion du pipeline Trans Mountain. Difficile d'ignorer cet enjeu dans cette circonscription traversée par le tracé du nouvel oléoduc.

Cependant, M. Singh pourrait devoir clarifier son opinion pour se faire élire.

S'il s'est opposé à l'expansion de Trans Mountain pendant sa course à la direction, sa position est plus ambiguë depuis qu'il est chef. Jusqu'ici, Jagmeet Singh a été très prudent dans le conflit qui déchire la famille néo-démocrate entre l'Alberta et la Colombie-Britannique. Il a suggéré de renvoyer la balle à la Cour suprême pour trancher l'épineux dossier.

Le chef du NPD a aussi entretenu le flou sur la prépondérance du pouvoir fédéral en matière de pipelines interprovinciaux.

Pour se faire élire dans Burnaby-Sud, M. Singh devra choisir son camp, selon Charles Latimer, porte-parole de Greenpeace Canada. « Je pense que c'est incontournable. Il faut prendre une position solide qui va avec les désirs des citoyens », explique M. Latimer.

Je pense qu'il va se faire poser des questions très sérieuses par rapport à ce que ça veut dire et si cette position est assez forte.

Charles Latimer, porte-parole de Greenpeace Canada

Le député sortant s'est démarqué par son opposition farouche à Kinder Morgan. Il a même été arrêté lors d'une manifestation et a plaidé coupable à une accusation d'outrage criminel pour avoir bloqué l'accès au site de la compagnie à Burnaby.

Kennedy Stewart reconnaît que le projet est « profondément impopulaire » dans Burnaby-Sud et que le sujet est incontournable. D'après lui, l'opposition de M. Singh a été exprimée assez clairement ces derniers mois.

L'entreprise Kinder Morgan s'est donné jusqu'au 31 mai pour décider de l'avenir du projet. Son abandon pourrait faciliter la tâche à M. Singh, car cela lui permettrait d'éviter cet enjeu délicat.

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