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Cinq ans et demi de pénitencier pour avoir mis enceinte sa belle-fille de 13 ans

Le palais de justice de Montréal.
Le palais de justice de Montréal Photo: Radio-Canada / Martin Thibault
Radio-Canada

La place d'une enfant est à l'école et avec ses amis, pas dans un hôpital en train d'accoucher par césarienne d'un bébé conçu lors d'une agression. C'est la conclusion du tribunal qui condamne un homme de 31 ans à 5,5 ans de détention pour des contacts sexuels sur son ancienne belle-fille de 13 ans.

Un texte de Geneviève Garon

« Une jeune fille de 14 ans ne devrait jamais avoir à se sentir déchirée par le choix qu'elle a à faire de garder le bébé qu'elle porte ou le donner en adoption », a déclaré la juge Suzanne Costom, de la Cour du Québec, en lisant son jugement sur la peine, mardi, au palais de justice de Montréal.

Face à elle dans la salle d'audience, la victime, petite et menue dans un chandail de Pokemon jaune, était assise entourée de membres de sa famille.

Leur monde a basculé l'an dernier lorsque l'enfant a cessé d'être menstruée et que son ventre s'est mis à gonfler. Elle n'aurait jamais pensé être enceinte, puisqu'elle n'avait jamais eu de rapports sexuels. Après avoir consulté des médecins, la réalité l'a frappée de plein fouet : elle portait un enfant et il était trop tard pour se faire avorter. C'est ainsi qu'en septembre dernier, à l'âge de 14 ans, elle a donné naissance par césarienne à une petite fille qu'elle a placée en adoption.

Son ancien beau-père, qui n'était plus en couple avec la mère lorsque la grossesse a été décelée, a admis aux policiers avoir agressé l'enfant de 13 ans à deux reprises pendant qu'elle dormait.

Une ordonnance de non-publication empêche de dévoiler le nom de l'agresseur pour éviter d'identifier la victime.

Un « monstre »

« On m'a enlevé la chance d'avoir mon premier enfant à cause d'une connerie inqualifiable et ignoble de ce monstre qui aura des répercussions sur moi pour toujours », a écrit la victime, dans une lettre déposée à la Cour.

La cicatrice de son accouchement lui fait mal et elle demeure hantée par le souvenir de la césarienne. « Cette journée-là a été très difficile pour moi, car elle signifiait la fin de ma vie, j'avais peur d'y rester », a-t-elle raconté.

La mère de l'enfant ressent beaucoup de culpabilité face aux crimes de son ex-conjoint. « Mon monde s'est écroulé, car je n'avais rien vu de ce qui se passait chez moi », a-t-elle écrit dans une lettre déchirante à l'intention du tribunal. « Je ne me sens plus en sécurité chez moi, car j'ai toujours peur qu'il arrive chez moi et fasse du mal aux enfants ou à moi. »

Sombres perspectives d'avenir

L'ex-beau-père est sans emploi depuis sept ans et n'a pas nécessairement l'intention de travailler à sa sortie du pénitencier. « L'accusé a un réseau social plutôt restreint. Il est souvent seul chez lui, occupant son temps à jouer à des jeux vidéo, à fréquenter des sites de clavardage et à écouter la télévision », écrit la juge Costom.

Le trentenaire au crâne rasé, sans antécédents judiciaires, a justifié ses crimes par le fait qu'il était en dépression et en manque de sexe. « La mère ne lui donnait pas d'attention et il était attiré par le corps de la victime », a rapporté la juge.

Son risque de récidive est élevé, mais malgré un sombre portrait, le tribunal a souligné qu'il reconnaît avoir commis un abus de pouvoir et qu'il a besoin d'aide.

La défense suggérait trois ans de détention, alors que la Couronne avait plaidé pour six. En tenant compte du temps passé en détention préventive, il lui reste environ cinq ans à passer derrière les barreaux.