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chronique

Facebook a supprimé 583 millions de faux comptes... en trois mois

Nous voyons l'application Facebook sur un téléphone mobile. L'utilisateur a reçu 26 demandes d'amitié et 3 messages privés.

Demandes d'amitié sur Facebook

Photo : Getty Images

Jeff Yates

CHRONIQUE - Facebook a dévoilé pour la première fois, mardi matin, ses données sur le nombre d'éléments retirés parce que ces derniers avaient enfreint ses conditions d'utilisation. En outre, Facebook affirme avoir supprimé quelque 583 millions de faux comptes dans les trois premiers mois de 2018 seulement. Une donnée astronomique qui en dit long sur la lourde tâche qui guette le réseau social.

Pour vous donner une idée de l'ampleur du problème, Facebook compte actuellement 2,2 milliards d'utilisateurs actifs. Le nombre de faux comptes supprimés dans les premiers mois de 2018 représenterait donc plus du quart des comptes actifs sur la plateforme.

À ce nombre s'ajoutent les millions de faux comptes créés chaque jour et détectés par Facebook avant même d'être mis en ligne, indique le réseau social.

Dans un billet de blogue publié mardi matin (Nouvelle fenêtre), Facebook affirme que la plupart de ces faux comptes ont été supprimés « dans les minutes qui ont suivi leur activation ». Néanmoins, le réseau social reconnaît que de 3 à 4 % des profils présentement actifs sur la plateforme sont de faux comptes. Cela représenterait entre 66 et 88 millions de comptes.

Cette statistique n'a rien d'anodin.

Comme j'ai déjà écrit, ces faux comptes peuvent servir à des fins malveillantes. Les comptes bidon peuvent être utilisés pour appâter de potentielles victimes de sextorsion, comme ma collègue Marie-Eve Tremblay et moi avons découvert pour les besoins d'un reportage de la websérie Corde sensible.

Des arnaqueurs peuvent aussi se servir de faux profils Facebook pour emberlificoter des personnes vulnérables et manipuler leurs sentiments dans le but de leur soutirer de l'argent. J'ai d'ailleurs parlé à plusieurs victimes de ce type de stratagème dans mon dossier portant sur les arnaques amoureuses, « Cœurs sensibles s'abstenir ».

C'est sans mentionner le fait que de faux comptes sont aussi utilisés pour toutes sortes de stratégies d'influence douteuses, que ce soit des campagnes d'ingérence électorale ou du marketing douteux.

D'ailleurs, Facebook a révélé avoir supprimé pas moins de 837 millions de publications promotionnelles douteuses de type pourriels (spams) sur sa plateforme dans les trois premiers mois de 2018. C'est nettement plus que le nombre de publications pornographiques (21 millions), violentes (3,5 millions) ou haineuses (2,5 millions) retirées durant la même période.

Il est clair que des personnes malveillantes investissent des ressources énormes pour tenter d'abuser de la communauté Facebook en vue d'arriver à leurs fins. Imaginez le nombre de personnes qui doivent passer leurs journées à créer de faux comptes Facebook si 583 millions d'entre eux ont été supprimés en seulement trois mois! Tant et aussi longtemps que Facebook demeurera le plus populaire espace commun sur le web, des gens chercheront à gâcher la fête sur la plateforme.

Tout cela démontre le travail colossal que doit entreprendre Facebook pour assurer la sécurité de ses utilisateurs. Il y a désormais presque autant d'utilisateurs Facebook que d'adeptes de la plus populaire religion sur Terre, le christianisme (2,4 milliards de fidèles). Surveiller et protéger cette immense communauté nécessite d'impressionnantes ressources de la part du réseau social.

Facebook admettait d'ailleurs que, si ses systèmes pouvaient automatiquement détecter la vaste majorité des faux profils, publicités douteuses et publications pornographiques ou violentes, seulement 38 % des publications haineuses ont été signalés par ses dispositifs de sécurité.

Il est clair que Facebook retire énormément de contenu inapproprié et que ses systèmes automatisés font la majeure partie du boulot. Mais l'entreprise en fait-elle assez?

Et, encore plus important : est-il seulement possible pour Facebook d'en faire assez?

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