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Avec BlacKkKlansman, film anti-Trump, Spike Lee fait sensation à Cannes

Spike Lee brandit son poing droit lors d'un événement médiatique au Festival de Cannes 2018.

Spike Lee au Festival de Cannes, édition 2018

Photo : Getty Images / Pascal Le Segretain

Agence France-Presse

Vingt-sept ans plus tard, Spike Lee a fait son retour lundi soir à Cannes et il n'est pas passé inaperçu sur la Croisette. BlacKkKlansman, un polar aux allures de pamphlet contre le racisme, l'extrême droite et le président Donald Trump, a été ovationné après sa présentation. Par ailleurs, le réalisateur s'est livré mardi à une attaque en règle contre le président américain.

Basé sur l'histoire réelle d'un policier afro-américain qui a infiltré le Ku Klux Klan (KKK), le film de Spike Lee – un réalisteur absent du Festival de Cannes depuis Jungle Fever, en 1991 – alterne pendant deux heures entre polar classique et film politique. Il se termine sur la dénonciation des événements de Charlottesville, une ville de Virginie qui a été secouée par des violences de groupuscules d'extrême droite le 12 août 2017.

La voiture d'un militant néonazi avait alors percuté volontairement des militants antiracistes. Sur ces images, obtenues pour certaines par des personnes présentes sur les lieux, on assiste à la mort en direct de Heather Heyer, 32 ans, renversée par le chauffard.

BlacKkKlansman a été accueilli par une longue ovation du public du Grand Théâtre Lumière à la fin de la projection, devant un Spike Lee coiffé d'un béret noir et vêtu d'une veste imprimée de feuilles dorées. Le cinéaste a brandi deux poings américains sur lesquels étaient inscrits les mots Love et Hate (amour et haine).

Le lendemain, le même Spike Lee, toujours coiffé de son béret noir, s'est livré devant les journalistes à un réquisitoire cinglant contre le président Trump.

La mort de Heather Heyer « est un meurtre », a insisté le réalisateur, « et nous avons un type à la Maison-Blanche – je ne prononcerai même pas son ost** de nom – qui, à ce moment décisif, aurait pu choisir l'amour contre la haine. Pourtant, ce fils de p*** n'a pas dénoncé l’ost** de Klan, l'alt-right [mouvement de la droite dure américaine] et ces fils de p*** de nazis ».

Néanmoins, ce que je voudrais dire, c'est que ces conneries d'extrême droite, ce n'est pas seulement aux États-Unis : c'est partout dans le monde, et nous ne pouvons pas rester silencieux. Il faut nous réveiller.

Spike Lee

Spike Lee est ensuite revenu sur le président Trump, toujours sans le citer : « Ce type à la Maison-Blanche, il a le code nucléaire. [...] Ce n'est pas de la science-fiction », a-t-il conclu, persuadé d'avoir été « du bon côté de l'histoire » avec ce film.

Un film politique et comique

Dans BlacKkKlansman, Ron Stallworth, jeune policier noir de Colorado Springs, est interprété par John David Washington, le fils de Denzel Washington (lui-même le Malcolm X de Spike Lee en 1992). Son idée : infiltrer le KKK. Quand il s'agit de rencontrer physiquement le chapitre local du Klan, il lui faut toutefois une couverture : ce sera donc son collègue Flip Zimmerman (Adam Driver), blanc et juif.

Le duo s'en donne à cœur joie, et le film déborde même souvent sur le registre de la comédie pure.

Le réalisateur de 61 ans dresse un parallèle entre Donald Trump et le leader du KKK de son film. Ainsi David Duke veut-il « rendre sa grandeur à l'Amérique ». Difficile de ne pas penser au slogan de campagne du milliardaire républicain, « Make America Great Again ».

Un drapeau américain aux étoiles à l'envers constitue la dernière image du film. La couleur laisse alors sa place au noir et blanc.

BlacKkKlansman sortira le 10 août aux États-Unis. Aucune date n'est encore connue pour le Canada.

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