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Les shérifs néo-brunswickois armés pour faire face à un tireur actif

Les shérifs du N.-B. seront plus lourdement armés
Radio-Canada

Les shérifs au Nouveau-Brunswick ont été armés afin qu'ils puissent répondre immédiatement à la menace d'un tireur qui déclencherait une fusillade dans un tribunal, selon des documents obtenus par Radio-Canada en vertu de la Loi sur le droit à l'information et la protection de la vie privée.

Le Nouveau-Brunswick a entrepris en 2017 de former au maniement d’armes à feu des agents de la sécurité routière et des shérifs. Ces derniers ont commencé à porter leur arme de service en février dernier.

L’un des documents obtenus par Radio-Canada est une évaluation des risques pour la sécurité produite en 2015 pour le ministère de la Justice.

Le document est presque entièrement caviardé, mais on peut lire que le service des shérifs était jugé incapable de répondre à la menace que constituerait un tireur actif dans un tribunal.

Un grand nombre de personnes aurait pu être blessées ou tuées par un tireur dans un tribunal avant l’arrivée des policiers, dit-on.

Deux shérifs escortent un détenuLes shérifs sont traditionnellement affectés au palais de justice. Ils transportent aussi des détenus sous garde et acheminent des sommations à comparaître à domicile. Photo : Radio-Canada

Les auteurs de l’évaluation ont recommandé que les shérifs soient munis d’un équipement approprié pour répondre à une menace de ce genre, par exemple des pistolets semi-automatiques et des gilets pare-balles souples.

La formation du personnel et l’emploi d’un tel équipement amélioreraient considérablement le taux de survie des shérifs et des membres du public lors d’une fusillade, selon les auteurs de l’évaluation.

Mieux vaut prévenir que guérir, selon le ministre Denis Landry

Il valait mieux armer les shérifs dès maintenant qu’attendre une tragédie pour agir, explique le ministre de la Justice et de la Sécurité publique, Denis Landry.

« Si quelque chose arrive, ils sont prêts à intervenir. Maintenant, j’espère que ça n’arrivera jamais. Mais si ça arrive, ils seront équipés pour faire face au danger », souligne Denis Landry.

Le port d’une arme à feu s’accompagne toutefois d’une responsabilité et de nouveaux risques, selon Jean Sauvageau, criminologue à l’Université St. Thomas.

« Le risque, c’est que quelqu’un soit tué par erreur, que quelqu’un soit tué alors que d’autres méthodes, si elles avaient été disponibles et pour lesquelles les gens étaient bien formés, auraient mené à une autre conséquence qu’un décès. Ce sont des personnes qui font face à ces agents-là, les citoyens. Il y a aussi [le risque] qu’eux-mêmes, ces agents-là, et ce sont des choses observées avec les corps de police chez qui les agents sont armés, de se faire prendre son arme, d’échapper son arme dans une escarmouche, et que ça finisse que c’est l’agent lui-même qui est blessé ou tué par sa propre arme à feu », explique Jean Sauvageau.

Jean Sauvageau en entrevue dans son bureauLe fait d'armer les shérifs comporte certains risques pour le public et pour les shérifs eux-mêmes, selon le criminologue Jean Sauvageau. Photo : Radio-Canada

Quant à ces nouveaux risques, Denis Landry reconnaît qu’il impossible de se préparer à tout ce qui peut survenir, mais il maintient qu’il faut armer les shérifs.

« Le fait d’armer les personnes dans les salles de cour, ça ne règlement probablement pas tous les problèmes, mais à un moment donné si le besoin se fait sentir qu’il y a besoin de se servir de leur arme, au moins ils auront l’effectif nécessaire », conclut le ministre Landry.

Nouveau-Brunswick

Justice et faits divers