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Décès de William Vance, dessinateur des BD Bob Morane et XIII

En novembre 2007, l'artiste pose derrière l'une de ses bd
William Vance, dessinateur de « Bob Morane » et « XIII » Photo: AFP / MICHEL KRAKOWSKI
Agence France-Presse

XIII, Bruno Brazil, Bob Morane : le dessinateur belge William Vance, maître incontesté du réalisme en BD et grand amateur de polars et de films d'action, est décédé lundi à 82 ans.

« Cet auteur aussi prolifique que talentueux a su, durant toute sa carrière, épater par son sens pointu, son obsession même, du détail et de la recherche iconographique », a souligné l'éditeur de bandes dessinées Dargaud.

William Van Cutsem – Vance de son nom d'artiste – était né dans la région de Bruxelles en 1935. Il est décédé à Santander, en Espagne, pays de son épouse. C'est là où, atteint de la maladie de Parkinson, il s'était retiré, rapporte l'agence de presse Belga.

Au début de sa carrière, à partir de 1962, il avait collaboré au Journal de Tintin, une excellente école en matière de BD contemporaine.

« Il a été très tôt un maître du dessin réaliste. Dès les années 60, il avait trouvé son public, devenant un pilier du Journal de Tintin », rappelle à l'Agence France-Presse (AFP) Jean-Christophe Ogier, spécialiste de la bande dessinée à Franceinfo.

« C'était l'époque bénie pour un dessinateur : on pouvait créer une histoire complète, de fiction pure ou d'actualité, et la publier en toute liberté dans le journal... », avait déclaré le dessinateur au quotidien Libération en 1997.

Il s'est ensuite consacré, de 1969 à 1979, à l'illustration des 18 tomes de la série dédiée à l'aventurier Bob Morane (à partir de scénarios du romancier belge Henri Vernes).

Mais c'est la série XIII, née de sa rencontre avec l'auteur Jean Van Hamme, qui en fait un maître du dessin de la bande dessinée contemporaine. Cette BD, vendue à plus de 14 millions d'exemplaires, narre les aventures d'un amnésique pourchassé par des tueurs, un personnage devenu iconique dans la culture populaire. Son seul indice pour retrouver son identité et, par la même occasion, survivre aux complots, aux poursuites et autres chasses à l'homme : le fameux chiffre tatoué sur la clavicule.

« Le dessin de William est un élément essentiel », confiait à Paris Match Jean Van Hamme en 2005.

« Il était un maître de la mise en scène. Il y a le trait réaliste qui est maîtrisé, il y a le sens du détail de l'image qui va inscrire le récit dans un décor précis et fouillé, mais il y a aussi une capacité à mettre en scène une action, un train qui déraille, des combats intenses, comme dans les bons James Bond », note Jean-Christophe Ogier.

Le dessinateur illustrera 18 tomes de la série, entre 1984 et 2007. Puis, malade, il passera le crayon à Youri Jigounov en 2010.

« XIII a été, pour moi comme pour beaucoup de gamins de mon âge, un portail vers une forme de BD plus mature. Cette passion ne m'a jamais quitté. Alors merci, M. Vance, d'y avoir été pour quelque chose, et bon voyage », a salué un admirateur sur Twitter.

« Tu vas me manquer fort mon vieux Lion », a déclaré dans un gazouillis Yves Schlirf, des Éditions Dargaud Benelux.

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