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Projet Authier : des citoyens redemandent aux élus de La Motte d'organiser des assemblées publiques

Des citoyens ont réclamé la tenue d'assemblées citoyennes sans la présence de la minière.
Des citoyens ont réclamé la tenue d'assemblées citoyennes sans la présence de la minière. Photo: Radio-Canada / Thomas Deshaies
Radio-Canada

Des citoyens demandent aux élus de La Motte d'adopter un rôle de défenseur des intérêts des citoyens et de l'environnement, plutôt que d'accompagnateur de la minière australienne Sayona Mining.

Un texte de Thomas Deshaies

C'est ce qu'ils ont réclamé lors de la séance du conseil municipal de lundi. Ils souhaitent que la Municipalité organise des assemblées citoyennes en l'absence des représentants de la minière.

Ils affirment qu'une telle rencontre, en dehors du processus de consultation piloté par la minière, permettrait d'avoir un contre-discours dans un environnement non contrôlé par Sayona Mining, qui tenterait surtout, selon eux, de convaincre plutôt que de consulter.

La citoyenne et membre du Regroupement vigilance mine de l'Abitibi-Témiscamingue (REVIMAT), Chantale Germain, a voulu rappeler l'engagement pris par le maire en février dernier, à savoir de ternir une rencontre citoyenne sur le projet minier qui serait situé à moins de 500 mètres de l'esker. « J'ai appris, il y a deux semaines, qu'il n'y en aurait pas de réunion. C'est pour cela qu'on est revenus pour le redemander », a-t-elle expliqué.

On verrait que [la Municipalité] défend les citoyens, qu'elle est objective un petit peu. Parce qu'elle ne me semble pas très objective comme c'est là.

Chantale Germain

Les élus étudieront la demande

Le maire, Louis-Joseph Fecteau-Lefebvre, a répondu qu'il étudierait la requête. « J'en ai eu par-dessus la tête pendant un bout . [Ça n'a] pas été abandonné, ça a été noyé parmi les autres affaires courantes », a-t-il déclaré en entrevue.

Plusieurs conseillers semblaient beaucoup moins ouverts à la demande des citoyens, voire irrités par leur présence. Une citoyenne a tenté d'enregistrer la séance, ce qui lui a été refusé.

Rappelons que la Municipalité avait publié un communiqué, après la tenue des premières assemblées dirigées par la minière, pour annoncer la tenue éventuelle d'une assemblée citoyenne et souligner la neutralité de la Municipalité dans le dossier.

Les élus se sont depuis joints au comité de liaison mis sur pied par la minière. C'est ce qu'a récemment dévoilé le porte-parole de Sayona Mining. « Ils nous ont approchés et nous ont demandé de faire un comité de liaison. On a tous accepté pour suivre le dossier. Si on avait refusé, ça ne nous aurait rien donné. On suit, on accompagne, puis on se renseigne. C'est ça l'important, de se renseigner », explique le maire.

Le CREAT demande à son tour l'intervention de la ministre

Le groupe de citoyens demande également à ce que la Municipalité réclame une analyse par le BAPE du projet minier. Une demande qui a été formulée par de nombreux groupes, dont la Société de l'eau souterraine de l'Abitibi-Témiscamingue (SESAT). Encore une fois, le maire a répondu que les élus analyseront la requête.

Le Conseil régional de l'environnement en Abitibi-Témiscamingue (CREAT) est le dernier organisme à avoir déposé une demande en ce sens, vendredi dernier. Le fait que Sayona Mining prévoit exploiter 1900 tonnes, soit 100 tonnes en dessous du seuil qui obligerait un BAPE, dérange la présidente du CREAT, Jacinthe Châteauvert.

« Ce qu'on a vu dans d'autres dossiers; c'est qu'au début, ils font l'exploitation comme c'est prévu, mais un coup qu'ils ont obtenu les permis, la production journalière augmente au-dessus du seuil », a-t-elle souligné.

Le conseil municipal de La Motte.Le conseil municipal de La Motte Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies

La police à l'entrée de la salle du conseil

Les élus de La Motte s'attendaient visiblement à une séance houleuse, puisqu'ils avaient demandé la présence des policiers à l'entrée de la salle du conseil, ce qui a grandement irrité les quelques citoyens présents, dont Annette Ayotte, qui réside dans la municipalité voisine de Rivière-Héva. « Ça ne donne pas la chance aux citoyens de se faire entendre, ça vient fausser la participation citoyenne. Je trouve que ce n'est pas leur place », a-t-elle décrié.

« Quand j'ai vu ces policiers-là arriver, [...] je vais vous dire bien franchement, ça m'a intimidé, puis ça regarde mal [pour la suite] », a ajouté le citoyen Bertrand Lessard.

Le maire rétorque que l'assistance des policiers avait été demandée avant le début de la séance pour assurer son bon déroulement, en prévision d'une possible présence plus importante de citoyens qu'à l'habitude. « On a eu des échos [via les réseaux sociaux] que c'était supposé barder ce soir, mais finalement, cela n'a pas bardé du tout. Comme quoi il y aurait une assemblée beaucoup plus grande ce soir, a-t-il affirmé. Ce n'était pas pour impressionner personne. »

Abitibi–Témiscamingue

Politique municipale