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L’OMS a le feu vert pour utiliser un vaccin contre l'Ebola en RDC

Un agent de santé est aspergé de chlore après avoir visité le service d'isolement de l'hôpital de Bikoro, qui a reçu un nouveau cas présumé d'Ebola.

Les vaccinations pourraient commencer lundi prochain.

Photo : Reuters / Stringer .

Radio-Canada

Les autorités de la République démocratique du Congo (RDC) ont donné le feu vert à l'Organisation mondiale de la santé (OMS), lundi, afin qu'elle puisse utiliser un vaccin expérimental contre la fièvre hémorragique Ebola, qui a récidivé dans le nord-ouest du pays.

Le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a indiqué que les vaccinations pourraient commencer lundi prochain.

« Nous avons l'accord, l'autorisation d'importation, tout a été officiellement réglé », a-t-il déclaré.

Cette éclosion a commencé le 22 avril, a indiqué en entrevue à l'émission 24/60 la Dre Joanne Liu, présidente internationale de Médecins sans frontières. « On compte aujourd’hui une quarantaine de cas et la moitié des gens infectés sont décédés », a-t-elle précisé.

Médecins sans frontières était déjà sur place, grâce au déploiement d’épidémiologistes et de médecins, mais les effectifs seront renforcés au cours des prochains jours, a-t-elle mentionné.

« On sait qu’on a des cas dans quatre zones de santé », a-t-elle ajouté. Inquiète de cette nouvelle éclosion, Joanne Liu croit toutefois qu’il est difficile de savoir l’étendue exacte de l’éclosion.

Dre Joanne Liu, présidente internationale de Médecins sans frontières

Dre Joanne Liu, présidente internationale de Médecins sans frontières

Photo : Reuters / Francois Lenoir

Ça nous inquiète énormément.

Dre Joanne Liu, présidente internationale de Médecins sans frontières

Médecins sans frontières se dit toutefois encouragée par la mobilisation des agences onusiennes qui sont déjà sur le terrain et par « le leadership » du ministère de la Santé de la RDC.

« Ils ont un savoir-faire et ils sont là », a souligné Dre Liu.

Selon la présidente de MSF, il faut s’assurer de ne pas rester dans « un état de paralysie et de batailles de clochers ». Il faut les patients et les communautés touchées « au cœur de la réponse ».

Dre Liu pense qu’il ne faut pas perdre de temps en attendant un nouveau protocole de recherche ou le test d’un nouveau vaccin. L’important est de répondre à la population, parce que chaque épidémie commence dans une communauté et finit dans une autre, explique-t-elle.

Mis au point par le laboratoire pharmaceutique américain Merck en 2016, le vaccin s'est révélé efficace lors d'essais sur les humains. Il a été testé en Guinée en 2015, à la fin d'une grave épidémie qui a frappé plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest.

Pour l'heure, 4750 doses sont disponibles. Le plus grand défi, selon la Dre Liu, est la chaîne de froid et le transport de ce vaccin, qui doit être tenu entre -60 et -80 degrés Celsius.

Certaines localités touchées par l’éclosion sont difficiles d’accès et nécessitent le transport par moto ou par pirogue. « Il va falloir travailler tous ensemble pour y arriver », a soutenu Dre Liu, se disant plus confiante que lors de la dernière épidémie.

L’OMS indique de son côté qu’à l’heure actuelle, l'épidémie ne constitue pas « une urgence de santé publique de portée mondiale ».

Avec les informations de Reuters

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