•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Santé mentale et dépendance : un rapport établit six priorités

Six personnes, dont l'une debout à un pupitre, font face à des journalistes qui prennent des notes et des photos.
Le rapport de la firme Virgo concernant le traitement des problèmes de santé mentale et de dépendance au Manitoba a été présenté lundi matin. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Le rapport de la firme Virgo, dévoilé lundi matin, préconise que le Manitoba cesse de traiter en silo les problèmes de santé mentale et de dépendance, et alloue un budget plus important à leur prise en charge.

C’est ce qui ressort du document de 287 pages établi par Brian Rush et Adair Roberts, qui ont mené 80 consultations et interrogé 600 personnes entre juin et septembre 2017.

Très attendu, ce rapport souligne qu’au Manitoba, plus qu’ailleurs au Canada, les services qui traitent de santé mentale et de dépendance connaissent un retard considérable. Non seulement ces services sont mal coordonnés et sous-financés, mais les problématiques touchent plus particulièrement les communautés autochtones, les jeunes et les femmes.

Les auteurs établissent donc six priorités pour que la province comble les manques dans sa prise en charge.

La première est une augmentation importante du financement provincial. Les auteurs indiquent que, pour la période 2016-2017, le Manitoba a investi 506,3 millions de dollars, soit 5,1% de son budget de santé, dans les services en santé mentale et en dépendance, alors que la moyenne nationale tourne autour de 7,2%.

Les autres recommandations sont la mise en place de services en continu avec un accès 24 heures sur 24, la création de centres multiservices dans les régions rurales et le Nord, des soins qui mettent l'accent sur les jeunes et les Premières Nations, un accès rapide à la médecine des dépendances et un accès rapide à des psychiatres.

Les recommandations sont par ailleurs bien accueillies par la Dre Ginette Poulin, directrice médicale de la Fondation des dépendances du Manitoba.

Une femme s'adresse à la caméra alors qu'en arrière-plan on distingue des drapeaux.La docteure Ginette Poulin réagit aux préconisations du rapport Virgo. Photo : Radio-Canada

« Ce que nous voulons, c’est être mieux équipés pour gérer les besoins de l’individu lorsqu’il arrive à notre porte, souligne-t-elle. On sait qu’ailleurs au Canada, il y a plus de liens entre la santé mentale et la dépendance. Or, résoudre un problème sans regarder l’autre, cela constitue une lacune. Nous savons que nous pouvons arriver à une meilleure prise en charge si nous travaillons ensemble, si nous mettons en commun nos ressources et nos expertises, au lieu de travailler en silo. »

S'adapter aux réalités de la province

Pour la Dre Poulin, la création de centres « multiservices » est un concept idéal « pour avoir accès à tous les services nécessaires sous le même toit ».

Enfin, Ginette Poulin rappelle l’importance d’avoir accès à des soins « imminents » en matière de dépendance. « Un des projets qui va voir le jour dès cet été, c’est la création de cliniques à accès rapide, et nous sommes très impatients », se réjouit-elle.

« Parce qu’il s’agit de lieux où, quelle que soit la dépendance, crystal meth, opioïdes ou alcool, les patients pourront avoir accès à des services rapides au lieu d’attendre à l’urgence, explique-t-elle. Il y a des modèles qui ont été mis en place ailleurs et que l’on peut adapter à nos réalités provinciales. »

Avec des informations de Geneviève Murchison

Manitoba

Santé physique et mentale