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Cannes secoué par le retour du sulfureux Lars von Trier

Le réalisateur Lars Von Trier avec, en arrière-plan, l'acteur Matt Dillon.
Le réalisateur Lars von Trier avec, en arrière-plan, l'acteur Matt Dillon, qui incarne un tueur en série dans The House That Jack Built. Photo: Getty Images / Pascal Le Segretain
Agence France-Presse

Sept ans après avoir provoqué l'un des plus gros scandales du Festival de Cannes, Lars von Trier a fait son retour lundi soir sur la Croisette avec The House That Jack Built, un film ultraviolent aux scènes parfois insoutenables.

Ayant fait profil bas après ses déclarations de 2011 à Cannes, quand il avait exprimé sa « sympathie » pour Hitler à l'occasion de la conférence de presse pour son film Melancholia, le réalisateur danois n'a prononcé que quelques mots avant de monter les marches. Il espère notamment que les spectateurs verront que son nouveau film « est sans doute un petit peu différent ».

« Disons que ça va », a simplement ajouté Lars von Trier, avant d'être longuement applaudi lors de son entrée dans la salle, puis après la projection.

Dégoût et horreur dans la salle

Présenté hors compétition en deuxième partie de soirée – avec la mention explicite « scènes violentes » sur les tickets d'entrée –, The House That Jack Built, film de plus de 2 h 30 avec Matt Dillon en tueur en série, a vu sa projection ponctuée de cris d'horreur ou de dégoût devant certaines images particulièrement choquantes. Certains spectateurs se sont cachés les yeux pour ne pas les voir.

Un certain nombre d'entre eux ont même quitté la salle après des scènes qui ont suscité des malaises, en particulier celle, très violente, où des enfants se font tuer, et une autre où une femme se fait découper les seins.

Provocateur et dérangeant à souhait, ce nouvel opus de Lars von Trier, composé de cinq parties qui relatent chacune un « incident » (à savoir un meurtre), nous fait suivre Jack, un tueur en série surnommé « M. Sophistication ». Ce dernier veut faire de ses assassinats des œuvres d'art.

Les spectateurs découvrent peu à peu ses pensées, à travers sa conversation avec un inconnu. Rendu au départ ridicule par ses troubles obsessionnels compulsifs et son obsession du nettoyage, lesquels suscitent même le rire, Jack sillonne les routes dans sa camionnette, le tout sur fond de musique entraînante (de Fame, de David Bowie, à Hit the Road Jack).

Mais au fur et à mesure que le film avance et que les crimes de cet homme sont décrits, l'horreur s'installe. Connu pour ses scènes de sexe et de violence parfois extrêmes, Lars von Trier ne recule devant aucun tabou, qu'il s'agisse d'images de corps lacérés ou mutilés, ou encore de l'assassinat d'enfants dans une scène mimant une partie de chasse, sans oublier des mises en scène particulièrement insoutenables avec des cadavres.

Ironie dans un festival mettant les femmes à l'honneur : celles-ci sont particulièrement brutalisées dans le film. Sept ans après les propos dérangeants de von Trier sur Hitler, l'Allemagne nazie est aussi brièvement évoquée à travers des images d'avions allemands et même d'Hitler alors que Jack parle de ce qu'il considère comme des « icônes ».

Persona non grata

Lauréat de la Palme d'or en 2000 pour Dancer in the Dark, le réalisateur danois de 62 ans, habitué de la Croisette, n'avait plus mis les pieds au Festival de Cannes depuis ce scandale de 2011.

Malgré des excuses presque immédiates, en 2011, Lars von Trier avait été déclaré persona non grata au festival, une sanction sans précédent.

Sans commenter son invitation à Cannes, le cinéaste a récemment dit regretter ses déclarations de 2011. « Je n'ai jamais été et ne serai jamais nazi », avait-il affirmé en recevant le plus prestigieux prix danois récompensant une personnalité de la culture.

Le cinéaste a aussi été récemment visé par des accusations de harcèlement sexuel proférées par la chanteuse islandaise Björk, qui tenait le premier rôle dans le film Dancer in the Dark. « Ce n'était pas le cas. Mais le fait est que nous n'étions vraiment pas amis », s'est-il défendu.

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