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Toronto s'attaque aux déchets organiques

une poubelle de compostage de déchets organiques avec des petits pois et autres légumes et fruits dedans

La Ville de Toronto espère que les nouvelles règles provinciales permettront d'éviter que les déchets organiques provenant des gratte-ciel et des condominiums ne soient mis dans les poubelles.

Photo : Radio-Canada / Jacy Schindel/CBC

Radio-Canada

Près de la moitié des Torontois vivent dans des tours à condos, des immeubles d'habitation ou des coopératives, mais ils recyclent et compostent que très peu leurs déchets, contrairement aux maisons unifamiliales. Une chose qui doit changer, estime la Ville de Toronto, qui espère que les nouvelles règles provinciales de gestion des déchets organiques vont changer leurs habitudes.

Les résidents des tours à condominiums ne sont que 27 % à recycler leurs déchets, tandis que ceux vivant dans des maisons sont 65 % à le faire.

Le nouveau Cadre stratégique de gestion des déchets alimentaires et organiques de l'Ontario chercher à remédier à cette situation en modifiant les règles des immeubles. L'objectif : exiger que toutes les tours disposent d'une infrastructure verte qui interdit toute restitution de nourriture ou autres matières organiques dans les décharges.

Emily Alfred travaille pour l'association Toronto Environmental Alliance et milite pour la bonne gestion des déchets. Elle considère qu'il s'avère souvent difficile pour les résidents des immeubles d'habitation de séparer leurs déchets alimentaires et ceux organiques des autres déchets du quotidien, parce que les bâtiments manquent d'infrastructures pour le faire.

Mais aussi parce que la pratique n'est pas encouragée dans ces immeubles.

« Cela signifie qu'ils ramassent tous leurs restes de nourriture et déchets organiques et les mettent dans la même poubelle avant de la porter à la décharge », dit-elle.

Emily Alfred pose dans une rue de Toronto, elle porte une petite veste en cuir et une chemise bleue marine, elle a les cheveux courts et un peu poivre et sel, elle a léger un sourire

Emily Alfred estime que le manque d'infrastructures peut parfois empêcher les habitants des tours à condominiums de jeter leurs déchets dans les bonnes poubelles, même s'ils sont soucieux de l'environnement.

Photo : Radio-Canada / Philip Lee-Shanok/CBC)

Le danger, selon elle, c'est que les matières organiques occupent de l'espace dans ces décharges et créent du méthane, qui est un gaz à effet de serre.

Environ 65 % des immeubles d'habitation font partie du réseau de collecte des déchets de Toronto. Pour les immeubles ayant environ 400 000 unités, le ramassage du recyclage et des matières organiques est obligatoire.

Mais pas pour le reste des tours, qui ont recours à une collecte privée des déchets, et donc n'ont pas d'exigences de recyclage.

un tas de matières organiques, patates, coquilles d'oeufs, salades...

Les matières organiques, si elles sont ajoutées à une décharge, pourraient créer des poches nocives de méthane.

Photo : Radio-Canada / Amanda Margison/CBC

En plus des modifications apportées aux règles des immeubles, le nouveau Cadre des déchets alimentaires et organiques vise également à interdire tous les déchets pouvant être détournés des sites d'enfouissement à compter de 2022.

« Essentiellement, cela signifie que ces matières organiques ne seront plus placées dans les poubelles, ni à la maison, ni au travail, ni dans les centres commerciaux », explique Mme Alfred.

Elle ajoute toutefois ne pas savoir exactement comment sera appliquée cette nouvelle politique. Mais elle assure que ces changements sont conformes à ce que les propriétaires des condos demandent.

De son côté, Vincent Sferrazza, qui est directeur des politiques, de la planification et du soutien à la Ville de Toronto reconnaît qu'il faudra que la ville s'équipe de plus d'infrastructures pour traiter les déchets.

La station de transfert de la route Disco est ainsi capable de traiter 75 000 tonnes de matières recyclables par année. De Dufferin à Vanley Crescent, il y a aussi une installation pour le traitement des matières organiques. Celle-ci peut traiter entre 25 000 à 30 000 tonnes par an, mais elle sera bientôt agrandie pour en recevoir davantage.

« D'ici la fin de l'année, nous devrions être en mesure de traiter 130 000 tonnes de déchets organiques et alimentaires », précise M. Sferrazza.

Le projet d'agrandissement de Dufferin coûtera 76,8 millions de dollars.

la conseillère municipale Jaye Robinson parle aux micros des journalistes, elle porte un veston gris et une fleur rouge sur la poitrine, elle a les cheveux blonds

La conseillère municipale Jaye Robinson croit que l'investissement de la Ville dans les installations de compostage sera rentable à long terme.

Photo : Radio-Canada / CBC

La conseillère municipale Jaye Robinson, qui est présidente du comité des travaux publics et des infrastructures de la ville, affirme pour sa part que la Ville est prête à faire des premiers investissements pour aider l'environnement à long terme.

« Si nous devons investir dans de l'équipement supplémentaire pour y parvenir, je pense que c'est une douleur à court terme, pour un gain à long terme », considère-t-elle.

Mme Robinson conclut par ailleurs qu'elle trouve cela judicieux de « forcer la main des développeurs pour construire des immeubles qui soutiennent le tri et le recyclage ». D'autant que les projets de construction de tours à condos prennent de l'essor à Toronto.

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