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Immigration économique : « contribution limitée » au français, selon un rapport

Des immigrants lors d'une assermentation pour l'obtention de la citoyenneté canadienne.

Des immigrants lors d'une assermentation pour l'obtention de la citoyenneté canadienne.

Photo : iStock

Radio-Canada

Le plus important programme d'immigration économique en Atlantique contribue très peu au développement des communautés de langue française en milieu minoritaire, selon une évaluation faite par Ottawa.

Un texte de François Pierre Dufault

Un rapport du ministère fédéral de l'Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté conclut que le Programme des candidats des provinces (PCP) apporte « une contribution limitée » à l'objectif que s'est donné Ottawa d'attirer 4 % d'immigrants francophones en milieu minoritaire.

Le PCP permet aux provinces et territoires de désigner des immigrants en énonçant leurs propres critères de sélection. Lorsqu’un candidat est désigné par une province, il présente à Ottawa une demande de résidence permanente.

C'est ce qu'ont fait près de 250 000 immigrants économiques entre 2010 et 2015.

Toutefois, à l'échelle nationale, seulement 1 % de ces immigrants sont venus « accroître la vitalité » des communautés de langue française en milieu minoritaire, révèle Ottawa dans son évaluation du PCP (Nouvelle fenêtre), rendue publique à fin de 2017.

Les provinces à majorité anglophone où il y a eu la plus forte proportion d'immigrants francophones sont le Nouveau-Brunswick, avec 6,4 %, et la Nouvelle-Écosse, avec 2,2 %.

La majorité de l'immigration économique

En 2015, le PCP était à l'origine de la grande majorité de l'immigration économique à destination des provinces atlantiques, soit 96 % à l'Île-du-Prince-Édouard, 86 % au Nouveau-Brunswick, 72 % à Terre-Neuve-et-Labrador et 59 % en Nouvelle-Écosse.

La directrice générale de la Coopérative d'intégration francophone (CIF) de l'Île-du-Prince-Édouard, Jacinthe Lemire, n'est pas étonnée des conclusions du rapport. Selon elle, le but premier du PCP n'a jamais été d'attirer plus d'immigrants francophones.

Le PCP est un moyen pour un immigrant de venir à l'Île-du-Prince-Édouard. Il existe plusieurs autres moyens.

Jacinthe Lemire, directrice générale de la Coopérative d'intégration francophone de l'Île-du-Prince-Édouard

Des programmes, comme Entrée express et le Programme pilote d’immigration au Canada atlantique, conviennent souvent mieux aux immigrants de langue française en milieu minoritaire, soutient Jacinthe Lemire.

Dans les faits, le PCP ne comporte pas de cible précise pour les francophones.

Nouveaux critères de sélection

Des provinces voudraient tout de même ouvrir plus grande la porte du programme aux immigrants francophones.

Le ministre responsable de l'Immigration à l'Île-du-Prince-Édouard, Chris Palmer, dit que sa province a récemment modifié ses critères de sélection dans le but d'attirer une plus grande diversité d'immigrants économiques, y compris des francophones.

Dans son évaluation du PCP, le ministère fédéral de l'Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté dit « travailler en étroite collaboration avec plusieurs provinces et territoires pour mettre au point des volets visant à attirer les immigrants francophones ».

Jacinthe Lemire verrait d'un bon oeil que le gouvernement fédéral mette sur pied un programme d'immigration spécialement conçu pour attirer des nouveaux arrivants francophones en milieu minoritaire. « Ça, ça pourrait être intéressant », dit-elle.

À l'Île-du-Prince-Édouard, c'est le volet des immigrants investisseurs du PCP qui est le plus connu à cause des controverses dont il a fait l'objet depuis une dizaine d'années, notamment la récente affaire des fausses adresses. Il n'y a eu aucun immigrant investisseur francophone dans la province, selon la CIF.

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