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Un drame personnel qui témoigne d'un isolement fréquent chez des Autochtones

La Commission Viens s'installe pour trois semaines à Maliotenam.
La Commission Viens s'installe pour trois semaines à Maliotenam. Photo: Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

Originaire de la communauté naskapie de Kawawachikamach, près de Schefferville, Alma Mameanskum-Dominique s'est heurtée à la barrière de langue alors qu'elle cherchait à obtenir de l'aide. Elle aurait aussi été violentée par un policier. C'est avec son histoire que la deuxième semaine d'audiences de la commission Viens a débuté.

Un texte d'Alix-Anne Turcotti

Alma Mameanskum-Dominique a raconté, très émue, aux membres de la commission, les évènements entourant la mort de sa fille en 1985 dans sa communauté. Selon elle, son enfant, alors âgée de 25 ans, aurait été violée et assassinée.

Ne parlant pas le français, et ne sachant pas lire, Alma Mameanskum-Dominique n’aurait pas réussi à obtenir l’aide dont elle avait besoin pour surmonter ce drame.

Depuis le début des audiences de la commission Viens à Maliotenam, plusieurs témoins ont rapporté faire face à du racisme au sein des services de santé, à de la violence policière et à des problèmes liés à la barrière de la langue.

À lire :

C’est seulement en 2016 qu'elle aurait obtenu le soutien de Femmes autochtones du Québec, un organisme qui défend le droit des femmes.

Elle dit avoir contacté l’organisme de l’indemnisation des victimes d’actes criminels (l’IVAC), mais ne pas réussir à comprendre les démarches à faire.

Alma Mameanskum-Dominique témoigne à la Commission Viens accompagnée d'une traductrice. Alma Mameanskum-Dominique témoigne à la Commission Viens accompagnée d'une traductrice. Photo : Radio-Canada

« Je tombe toujours sur une boîte vocale, je serais très heureuse de pouvoir parler à quelqu’un. Personne ne travaille dans ce domaine dans ma communauté », explique-t-elle, alors qu’elle poursuit ses démarches auprès de l’IVAC.

Je ne veux plus que d'autres femmes, je ne veux plus que de jeunes femmes se fassent violer ou assassiner, c'est pour cette raison que je veux partager mon histoire.

Alma Mameanskum-Dominique, citoyenne de Kawachikamach

Allégation de violence policière

Alma Mameanskum-Dominique a également raconté qu'elle aurait elle-même été arrêtée de façon arbitraire par un policier lorsqu'elle était adolescente.

« Il a pris mon bras, il l'a mis dans mon dos et il m'a poussée dans une porte. J'ai encore une cicatrice ici au front », a-t-elle expliqué. 

Ses blessures lui causeraient encore aujourd'hui des problèmes de mémoire et de migraine.

Elle a aussi raconté aux membres de la commission Viens que le policier aurait tenté de poser des gestes déplacés à son égard.

Le président de la Commission d’enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics au Québec, Jacques Viens, a remercié Alma Mameanskum-Dominique, pour son témoignage.

Ça me semble évident que la vie n’a pas été facile pour vous, dès votre plus jeune âge. Je comprends que vous aimeriez que quelqu’un prenne le temps de s’asseoir avec vous et de vous expliquer les choses dans une langue que vous comprenez bien.

Jacques Viens, président de la commission d'enquête

Les audiences se poursuivent encore pour deux semaines à Maliotenam.

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