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« L'avortement n'est pas un droit » : Scheer a parlé à Falk, mais n'en dit pas plus

Une homme s'adresse au micro lors d'une conférence de presse à l'extérieur.

Le député conservateur de la circonscription Provencher au Manitoba, Ted Falk, qui a crié que l'avortement n'est pas un droit lors d'un débat aux Communes.

Photo : Radio-Canada

La Presse canadienne
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le chef du Parti conservateur Andrew Scheer dit avoir eu une discussion avec son député pour qui l'avortement « n'est pas un droit ». Mais il refuse de préciser ce qu'il lui a dit, quelle réaction ce cri poussé aux Communes lui a inspirée et si le député a été réprimandé.

« J'ai parlé à M. Falk, mais je ne parle pas de la régie interne », s'est-il contenté d'affirmer en point de presse à Saint-Hyacinthe, dimanche, à l'issue du conseil général de son parti.

Le leader de l'opposition n'a pas non plus souhaité préciser comment il avait réagi lorsque Ted Falk a crié à la Chambre que l'avortement, « ce n'est pas un droit » alors que Justin Trudeau venait de finir une réponse où il clamait que ses libéraux défendraient toujours le droit à l'avortement.

M. Scheer, qui est antiavortement, n'a pas voulu dire si, pour lui, l'avortement constituait un droit.

Six fois, il a dit que lui, son parti ou un éventuel gouvernement respectait « les décisions des cours » en guise de réponse aux questions sur le sujet, sans jamais prononcer le mot « avortement » dans ses réponses.

Le chef ne s'était pas encore exprimé publiquement au sujet de la commotion qu'a causée son député manitobain Ted Falk pendant la période des questions à la Chambre, mercredi dernier.

Ces propos avaient fait sursauter dans les banquettes du gouvernement et du Nouveau Parti démocratique (NPD).

L'élue néo-démocrate Anne Minh-Thu Quach, à qui c'était le tour de poser une question, a qualifié d'« horrible » ce qui venait d'être dit à la Chambre des communes.

Le lieutenant politique d'Andrew Scheer au Québec, Alain Rayes, avait rabroué Ted Falk, à l'instar de certains collègues de la députation québécoise, dont Gérard Deltell et Sylvie Boucher.

L'incident est survenu alors que les conservateurs tâchent d'améliorer l'image du chef et de la formation politique, notamment afin de faire des gains au Québec à la prochaine élection.

Dans les couloirs de l'hôtel où se tenait le conseil général du Parti conservateur, ce week-end, des militants affirmaient que cet incident n'était pas de nature à décourager certains Québécois à voter bleu.

« Pas du tout, pas du tout. C'était son opinion à lui, et ça ne reflète pas le parti et les idéologies des membres du parti », a soutenu Valérie Assouline, membre de l'exécutif national du Parti conservateur au Québec.

« C'est certain que je trouve ça malheureux, qu'il ait fait ce commentaire-là, et que je n'appuie pas ce commentaire », a ajouté cette ancienne candidate du Parti conservateur et de la Coalition avenir Québec.

« C'est un faux débat, parce que [ce n'est] aucunement dans nos plans d'ouvrir ça », dit Jean-Philippe Fournier, un jeune militant montréalais. « La vaste majorité des membres s'en [moque] complètement. »

Il reste que, si les autres formations politiques utilisent l'affaire pour attaquer les conservateurs, ces charges pourraient « changer l'avis de certaines personnes », estime-t-il.

« Parce que ça “spinne” partout, oui, il peut y avoir un impact [sur l'image du parti au Québec] », pense de son côté Anne DeBlois, une militante de la région de Québec.

« Moi, c'est sûr que ça m'a causé un malaise, et je sais qu'il y en a qui ne nous aimeront pas à cause de ça. Ça, j'en suis consciente, mais il y a des gens qui n'aiment pas Justin Trudeau pour autre chose », ajoute-t-elle.

Les libéraux de Justin Trudeau ont rapidement voulu faire écho au cri de Ted Falk.

Le lendemain, lors de la période de questions aux Communes, la ministre de l'Environnement, Catherine McKenna, a répondu à deux questions consécutives sur la légalisation du cannabis pour demander à Andrew Scheer de dénoncer son élu et d'« appuyer le droit à l'avortement ».

À peu près au même moment, le Parti libéral du Canada envoyait aux abonnés de sa liste de distribution un courriel de financement en utilisant le cri de l'élu du Manitoba comme « dernier exemple en date » qui montre « que les conservateurs ne soutiennent pas les droits des femmes ».

La leader du gouvernement à la Chambre, Bardish Chagger, s'est ensuite défendue d'exploiter l'affaire pour marquer des points politiques.

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