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Des aides familiales organisent des flash mobs pour réclamer la résidence permanente

Plusieurs femmes qui brandissent des pancartes

Les aides familiales ont organisé un rassemblement éclair au centre-ville de Toronto dimanche après-midi.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Des aides familiales de partout au pays ont organisé des flash mobs à Toronto, Vancouver et Edmonton pour demander que soient assouplies les règles menant à la résidence permanente.

Un texte de Natasha MacDonald-Dupuis

Le Programme des aides familiaux résidants actuel doit expirer à la fin du mois de novembre 2019. En février, Ottawa a indiqué que ceux qui n’auront pas complété 24 mois de travail avant cette date ne seront pas admissibles à la résidence permanente.

Mon empoyeuse m'a virée car je refusais de travailler plus de 60 heures semaine. Mais mon permis de travail ne m'autorisait pas à travailler pour quelqu'un d'autre. Je suis devenue sans-abri.

Maria Mercado, aide familiale migrante

Le programme a été modifié en 2014 par le gouvernement conservateur, qui y avait ajouté de nouvelles exigences en matière de langue et d'études postsecondaires.

En décembre, le ministre de l'Immigration Ahmed Hussen a aussi annoncé une accélération du processus de réunification familiale (Nouvelle fenêtre) pour les aides familiaux. Ottawa a depuis entamé une révision du programme, mais n'a pas indiqué quels changements seront apportés.

Les associations d'aides familiaux se mobilisent donc pour que ces règles soient assouplies.

« Il y a des consultations en ce moment qui se passent à huis clos sur invitation seulement. Nous voulons des consultations transparentes et publiques », demande la militante Anna Malla, du centre Caregivers Action.

Elles demandent notamment la possibilité d'obtenir la résidence permanente après un an de travail, et que soit retirée l'exigence d'obtenir un an d'études postsecondaires au Canada.

Immigration Canada n’a pas répondu à notre demande d’entrevue.

Petite histoire des aides familiaux au Canada

Le programme des aides familiaux fait partie intégrante de l'immigration canadienne depuis la fin du 19e siècle.

À l'époque, le gouvernement avait mis sur pied une politique d'immigration pour attirer les femmes célibataires (Nouvelle fenêtre) d'Angleterre, d'Irlande et de Finlande, afin de pallier le manque de gouvernantes et de domestiques.

Photo en noir et blanc de femmes au début du siècle

Immigrantes pour le service domestique à Québec, date inconnue.

Photo : Bibliothèque et Archives Canada

La discrimination raciale a longtemps été au coeur de ces politiques.

En 1910, le gouvernement du Canada a modifié sa loi pour interdire l'entrée au Canada d'immigrants de races jugées « indésirables ».

Selon la Société historique du Canada (Nouvelle fenêtre), très peu d'aides noires ou asiatiques sont admises durant la première moitié du 20e siècle.

Une femme dans la vingtaine habillée sobrement, photo en noir et blanc

Une immigrante célibataire d'origine islandaise arrive à Québec au début du siècle

Photo : Bibliothèque et Archives Canada

Ceux et celles qui le sont subissent souvent des abus et n'ont à peu près aucun droit. En 1941, 80 % des femmes noires vivant à Montréal travaillent comme domestiques.

Dans son livre Policing Black Lives, l'auteure montréalaise Robyn Maynard explique qu'elles travaillaient 16 heures par jour, avaient peu ou pas de congés et étaient parfois payées en vêtements.

Après la Seconde Guerre mondiale, la demande pour les aides familiales augmente en flèche. Le gouvernement canadien met donc en place, en 1955, le programme de recrutement de domestiques antillaises (Nouvelle fenêtre), qui leur permet de recevoir le statut d'immigrante après un an de travail au Canada.

Des femmes manifestent

Des aides familiales migrantes manifestent à Toronto et 1981 pour obtenir la résidence permanente. Photo tirée des archives d'un reportage de l'émission The National.

Photo : CBC/The National

Au cours des années 1960 et 1970, les politiques d’immigration discriminatoires sont ensuite progressivement levées, mais les luttes pour obtenir la résidence permanente se poursuivent.

Société