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La communauté se mobilise contre l'éviction d'une centaine de résidents à Ottawa

Des femmes voilées discutent, assises à l'extérieur devant des logements en briques.
Une centaine de résidents du quartier de Heron Gate, composé à 70 % de nouveaux arrivants, ont reçu des avis d'expulsion de leur propriétaire. Photo: Radio-Canada

Des résidents du quartier Alta Vista, à Ottawa, se sont réunis samedi matin pour aider la centaine de locataires du quartier voisin Heron Gate qui ont appris cette semaine qu'ils seront bientôt évincés de leur logement abordable, parce que leur propriétaire souhaite construire de nouveaux édifices à logements plus luxueux.

Dans le quartier Heron Gate, la compagnie Timbercreek offre des logements à ceux dans le besoin, dont 70 % de nouveaux arrivants. L’esprit de communauté qui y règne sera toutefois remplacé par des ouvriers et de la machinerie lourde.

Les locataires de 105 unités doivent quitter les lieux d’ici le 30 septembre, disant avoir reçu un avis d’expulsion de la part de Timbercreek. La nouvelle a courroucé les habitants du secteur, comme John Redins.

Un homme avec un casquette en entrevue avec Radio-Canada dans un couloir. John Redins, un résident du quartier Heron Gate, est très attaché à sa communauté. Photo : Radio-Canada

Les gens ne veulent pas partir, c’est leur communauté et ils veulent rester.

John Redins, résident du quartier Heron Gate

Un soutien de la communauté

Les résidents qui militent contre Timbercreek n’ont toutefois pas dit leur dernier mot. Dimanche, des bénévoles d'Heron Gate et des communautés avoisinantes feront du porte-à-porte pour informer les locataires de leurs droits face à ces évictions, avant que ceux-ci ne signent les avis qu'ils ont reçus.

« C’est difficile quand tu arrives dans un nouveau pays, tu ne parles pas la langue, tu ne comprends pas tes droits », explique Madga Hojacky, une résidente d’Alta Vista. « Ils ont besoin des gens dans la communauté pour travailler avec eux et leur expliquer leurs droits. »

Une femme en entrevue à Radio-Canada dans un couloir. Madga Hojacky est une résidente du quartier d'Alta Vista qui s'est mobilisée pour aider les évincés de Heron Gate. Photo : Radio-Canada

Aux enjeux liés à l’immigration s’ajoute la réalité du marché immobilier d’Ottawa.

« Le marché immobilier est en pleine effervescence, ils n’ont pas les moyens de payer autant pour une location », soulève le président de l’Association communautaire d’Alta Vista, Clinton Cowan.

Un homme en entrevue à la caméra dans un couloir.Clinton Cowan dirige l’Association communautaire d’Alta Vista, un groupe qui veut venir en aide aux gens de Heron Gate. Photo : Radio-Canada

Aleksandr Golijanin, lui-même un ancien résident du quartier Heron Gate, affirme que ce quartier multiculturel a eu des répercussions positives sur sa vie.

Les gens ne devraient pas avoir à quitter Ottawa pour avoir accès à un logement abordable. C’est triste de penser que nous allons perdre cette communauté.

Aleksandr Golijanin, ancien résident du quartier Heron Gate
Un homme en entrevue avec Radio-Canada dans un couloir. Aleksandr Golijanin est un ancien résident du quartier Heron Gate qui croit que ce quartier aide les nouveaux arrivants qui y résident. Photo : Radio-Canada

Clinton Cowan croit que la campagne électorale est le moment idéal pour réclamer plus de logements abordables à Ottawa et inciter Timbercreek à revenir sur sa décision.

Des compensations du propriétaire

Le groupe Timbercreek a mis en place un programme de relocalisation et offre une aide financière aux locataires évincés pour qu’ils puissent se trouver un nouveau logement. L’organisation offre notamment une compensation financière équivalente à trois de loyer, selon son directeur des opérations, John Loubster.

Ce n’est pas la première fois que Timbercreek déplace des résidents. En 2016, le développeur avait évincé 80 familles du quartier pour y construire trois nouveaux édifices à logements.

Avec les informations d'Audrey Roy

Ottawa-Gatineau

Pauvreté