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Distribution d’arbres à Québec : une Autochtone se dit victime de racisme

La Ville de Québec a distribué 2000 arbres samedi.

La Ville de Québec a distribué 2000 arbres samedi.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

« Les arbres, c'est pour ceux qui paient des taxes. » « Vous habitez dans un village gaulois. » Une résidente de Wendake prétend avoir été victime de commentaires racistes, alors qu'elle tentait d'obtenir l'un des 2000 arbres distribués par la Ville de Québec, samedi.

Un texte d’Alain Rochefort

Tout a débuté vers 8 h lorsque Christiane Gros-Louis et sa bru, Charlotte Chabot, faisaient la file à la Journée de distribution d’arbres de la Ville de Québec, dans le stationnement de l’ancien zoo de Charlesbourg.

Un employé de la Ville de Québec y distribuait des coupons aux premiers arrivés afin qu’ils obtiennent plus tard l’un des arbres en quantité limitée.

« À notre tour, l’employé a exigé une preuve de résidence. Ma bru lui montre. Donc, là, il a dit : “Vous venez de Wendake, je ne peux vous donner de coupon. Vous n’habitez pas à Québec” », relate Mme Gros-Louis.

Des explications qui n’ont pas satisfait la femme de 53 ans, car elle se considère depuis toujours comme une résidente de Québec. Elle a fait part de son point de vue à l’employé.

C’est alors qu’elle aurait été victime de plusieurs propos discriminatoires.

[L’employé] a dit : “Vous, vous habitez dans un village gaulois”. J’ai répondu : “Comment ça dans un village gaulois? Nous ne sommes pas des extra-terrestres”.

Une citation de Christiane Gros-Louis
Christiane Gros-Louis.

Christiane Gros-Louis

Photo : photo tirée de Facebook / Facebook

Stéréotypes

Puis, l’employé en aurait remis avec des stéréotypes comme « les arbres, c’est pour ceux qui paient des taxes ».

« J’ai dit : “J’en paie moi aussi des taxes”. Il a répondu : “Non, ce ne sont pas ces taxes-là”. J’entendais du monde en arrière rire de notre conversation. Je me sentais petite dans mes culottes. »

Christiane Gros-Louis et Charlotte Chabot, une jeune mère de 23 ans, sont reparties bredouilles et profondément blessées.

« J’aurais voulu un minimum de respect. Le monsieur aurait pu me prendre à part et m’expliquer pourquoi ils ne pouvaient me donner un arbre. Mais j’ai plutôt senti qu’on me ridiculisait », ajoute-t-elle.

C’est carrément du racisme qu’on a vécu. Ma petite-fille qui va avoir 2 ans aura à vivre ça elle aussi.

Une citation de Christiane Gros-Louis

Réponse de la Ville

La Ville de Québec ne confirme pas la nature des propos qui ont été formulés dans le récit de Mme Gros-Louis.

« Toutefois, si un employé municipal a effectivement tenu des propos déplacés envers la communauté huronne-wendat, il s’agit d’une situation inacceptable et la Ville ne cautionne pas ces propos », indique la porte-parole de la Ville de Québec, Rose-Marie Ayotte.

La Ville entretient une excellente relation avec la communauté huronne-wendat et le Conseil de la Nation. Ces propos, s’ils ont été formulés ainsi, sont déplorables.

Une citation de Rose-Marie Ayotte, porte-parole de la Ville de Québec
Konrad Sioui.

Konrad Sioui

Photo : Radio-Canada / Émélie Rivard-Boudreau

Enquête réclamée

La réponse de la Ville ne convainc pas le chef de Wendake, Konrad Sioui.

« C’est une réponse classique. Les relations, ça s’entretient, ça se maintient. Là, on a un cas qui nous préoccupe. Et souvent, il y en a un qui dit ça, puis il y en a deux, trois, etc. »

Konrad Sioui souhaite plutôt que la Ville fasse la lumière sur cette histoire et que des mesures soient prises.

« On ne peut pas laisser comme ça, sans réponse. Car ce n’est pas un cas isolé. On va faire des démarches auprès de la Ville pour vérifier et s’assurer que ça ne se reproduira plus. »

Ça prendrait des cours. Les gens, il faut qu’ils connaissent davantage [la situation des Autochtones].

Une citation de Konrad Sioui, chef de Wendake

De meilleures connaissances sur le peuple huron-wendat contribueraient à une coexistence pacifique, selon M. Sioui.

« On pourrait dire : “Laissons faire, ce n’est pas grave. On va encore essuyer ça”. Mais on a des enfants, des petits-enfants. Ce qu’on a vécu, ce qu’on a subi à travers les âges, on ne veut pas qu’ils le subissent », conclut le chef Sioui.

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