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Une première marche pour l’endométriose au Nouveau-Brunswick

Marcheurs avec une affiche jaune et noire annonçant leur marche pour la sensibilisation à l’endométriose.

Une marche pour la sensibilisation à l’endométriose a eu lieu à Moncton.

Photo : Radio-Canada / Alessandra Rigano

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Andrée-Anne Leblanc est l'organisatrice de la première marche pour la sensibilisation à l'endométriose au Nouveau-Brunswick. Souffrant elle-même de cette condition qui affecte une femme sur dix, elle a convié le public à se vêtir de jaune et marcher pour la cause au parc du Centenaire à Moncton.

Un texte d'Alessandra Rigano

L’événement s’inscrit dans une initiative pancanadienne visant à sensibiliser la population sur la maladie encore peu connue et difficile à diagnostiquer.

L’endométriose est une condition gynécologique caractérisée par le développement de tissus à l’extérieur de l’utérus. Ces tissus réagissent au cycle menstruel et s'épaississent, ne pouvant cependant pas quitter le corps comme le sang menstruel. Le sang et les tissus causés par l’endométriose peuvent créer de l’inflammation et même de l'adhérence.

Chez les femmes qui en sont atteintes, les symptômes s’expriment entre autres par des crampes menstruelles importantes, de nombreuses douleurs pendant les relations sexuelles, et l’infertilité chez 50 % d’entre elles.

Bien que l’endométriose soit une affection traitable, plusieurs spécialistes ne sont pas à l’aise à le faire. Les femmes sont contraintes d’attendre en moyenne de 7 à 10 ans avant de recevoir un diagnostic.

C’est le cas d’Andrée-Anne Leblanc qui a souffert de douleurs pendant plusieurs années avant d’avoir accès à un traitement.

Andrée-Anne Leblanc vêtue d'une écharpe jaune.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Andrée-Anne Leblanc.

Photo : Radio-Canada / Alessandra Rigano

« J’allais voir les médecins presque tous les jours parce que c’était une situation de crise, ça faisait terriblement mal », explique Mme Leblanc. « On m’a dit toute sorte de choses, puis finalement, il y a trois ans, un médecin m’a dit le mot endométriose pour la première fois et c’est là qu’a commencé mon traitement. Depuis, au moins je suis fonctionnelle. »

Démystifier l'endométriose et ses conséquences

Cette affection peut également engendrer des impacts négatifs sur le plan psychologique, professionnel, financier, social et relationnel chez les femmes qui en souffrent.

« Quand une employée doit s’absenter quatre ou cinq jours par mois, ça devient un gros problème. Donc ses collègues commencent à la traiter différemment, il faut se rattraper sur le travail », explique-t-elle. « Les gens ne comprennent pas ce qu’on vit donc ça peut paraître comme de la lâcheté, comme quelqu’un qui n’a pas le goût de travailler. Mais, en fin de compte, c’est très sérieux. C’est difficile d’en parler et parce que ça touche les règles ça peut être très gênant aussi. »

Selon la sexologue Marie-Paul Ross, présente à la marche de samedi, la condition est un drame pour beaucoup de femmes qui manifestent des symptômes, mais qui tardent à avoir un diagnostic et un traitement adéquat.

« Cette marche est importante pour prendre conscience qu’il y a beaucoup de femmes qui souffrent en silence. On ne peut plus tolérer ça aujourd’hui. Les femmes n’arrivent pas souvent à avoir une vie sexuelle satisfaisante. Elles ont de la difficulté à faire une vie adéquate, une vie que toutes femmes a le droit d’avoir », dit Mme Ross.

Des marcheurs tenant des ballons jaunes gonflés à l'hélium écoutent une allocution dans un parc.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un événement de sensibilisation à l’endométriose a eu lieu samedi à Moncton.

Photo : Radio-Canada / Alessandra Rigano

La marche pour l’endométriose était l’occasion pour l’organisatrice de faire un premier pas vers la démystification de la condition.

« On veut certainement leur faire savoir qu’elles ne sont pas seules, mais aussi d’en parler pour que la détection précoce soit possible », dit Andrée-Anne Leblanc. « Il faut absolument qu’on agisse auprès des jeunes adolescentes qui commencent à ressentir les symptômes. »

Les femmes présentes à la marche pouvaient joindre un groupe de soutien et poser leurs questions à des spécialistes.

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