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La pêche scientifique du sébaste permise dès cette année

Le chalutier de la Garde Côtière, Teleos

Le chalutier de la Garde Côtière, Teleost, basé à Terre-Neuve sert aux relevés scientifiques effectués par Pêches et Océans Canada

Photo : Pêches et Océans Canada

Radio-Canada

Des pêcheurs des Îles-de-la-Madeleine se préparent à un éventuel retour de la pêche commerciale au sébaste, à la suite de la recommandation des scientifiques de lever le moratoire sur cette espèce dès cette année.

Un texte de Catherine Poisson, d'après une entrevue réalisée par Maude Rivard

Lors d'une rencontre à Halifax tenue cette semaine, des scientifiques de Pêches et Océans Canada ont recommandé la levée du moratoire sur le sébaste dans une zone délimitée dans le golfe du Saint-Laurent et au sud de Terre-Neuve.

Les associations de pêcheurs se sont ensuite entendues pour permettre une pêche scientifique mais non commerciale du sébaste, de 4500 tonnes en 2018, et de 8500 tonnes en 2019.

Le gestionnaire de l'usine Madelipêche, Paul Boudreau, explique que l'objectif est d'abord d'amasser des données précises sur cette espèce, pour possiblement rétablir sa pêche commerciale en 2020.

Quant aux quotas, M. Boudreau ne cache pas qu'il espère retrouver les parts de 25 % historiquement détenues par Madelipêche sur le contingent du sébaste dans le golfe du Saint-Laurent.

« On espère que le sébaste qui, historiquement, était pêché et transformé aux Îles, va pouvoir continuer à l'être », admet-il.

« Des attentes très, très, très élevées »

M. Boudreau n'est toutefois pas le seul à vouloir sa part du marché du sébaste. Les données de Pêches et Océans Canada nourrissent les espoirs de plusieurs pêcheurs.

Le potentiel du sébaste est immense. On parle de stocks qui devraient atteindre entre 2,5 et 3 millions de tonnes.

Paul Boudreau, gestionnaire de l'usine Madelipêche

Selon le gestionnaire, la ressource pourrait atteindre le triple des quantités observées dans les années 1980, « les bonnes années », rappelle-t-il.

Ainsi, le pêcheur de crabe madelinot Bruno-Pierre Bourque, qui se faisait déjà construire un nouveau bateau, a décidé de l'adapter spécifiquement pour la pêche au sébaste.

« C'est sûr que les attentes sont très, très, très élevées aux Îles », observe le pêcheur, qui se dit certain que le sébaste sera bientôt l'espèce la plus pêchée dans le golfe.

Ces attentes découlent également du fait que les pêcheurs des Îles ont été durement touchés par le moratoire sur le sébaste imposé en 1995.

Les Îles-de-la-Madeleine ont subi des torts énormes lors du moratoire sur le sébaste, qui n'ont jamais été compensés.

Paul Boudreau, gestionnaire de l'usine Madelipêche

« Avant l'effondrement de la pêche au sébaste, c'était une économie majeure aux Îles, sinon la principale. Tout est tombé à l'eau et on n'a pas eu de compensation », déplore également Bruno-Pierre Bourque.

Comment « mieux » pêcher le sébaste?

Avec sa nouvelle embarcation, M. Bourque collabore avec le centre d'innovation des pêches Merinov afin de conserver la qualité du poisson, de sa sortie de l'eau jusqu'à son arrivée à l'usine.

On veut se concentrer davantage sur la qualité que la quantité.

Bruno-Pierre Bourque, pêcheur madelinot

Il mène notamment des tests pour déterminer la température optimale à laquelle conserver le poisson.

« Au lieu de mettre tout le poisson en vrac, on va le mettre dans des contenants plus petits, donc les poissons du dessus n'écraseront pas les poissons du dessous. Avant, c'était en vrac et sur la glace, alors la qualité était bonne, mais pas optimale », explique le pêcheur.

La quantité a effectivement longtemps primé dans la pêche au sébaste. Il faut dire que ce poisson était, avec la morue, l’espèce de fond la plus importante du golfe, jusqu'à ce que les stocks s'effondrent au début des années 1990 en raison de la surpêche.

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Gaspésie et Îles-de-la-Madeleine

Industrie des pêches