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À la recherche du vrai diagnostic de TDAH

Des élèves dans une classe d'école.

De nombreux élèves recevraient un faux diagnostic de TDAH.

Photo : iStock / iStock

Radio-Canada

Face à la recrudescence de faux diagnostics de trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) chez les enfants, une équipe de chercheurs de l'Université du Québec à Chicoutimi mène, depuis le mois de janvier, une étude afin de déterminer si l'environnement scolaire y contribue.

Un texte de Catherine Paradis

La professeure Marie-Christine Brault, de l'UQAC, se réjouit de pouvoir se pencher sur la question du diagnostic parfois trop rapide de TDAH chez les jeunes Québécois. Selon la chercheure rencontrée lors du congrès de l'Association francophone pour le savoir (Acfas), il est temps qu'on s'intéresse à ce sujet, car il concerne beaucoup de jeunes à qui on a accolé faussement l'étiquette TDAH.

Ce qu’on voit dans la littérature, c’est que jusqu'à 50 % des jeunes qui reçoivent un diagnostic de TDAH ne devraient pas recevoir le diagnostic.

Marie-Christine Brault, professeure en sciences humaines et sociales à l'UQAC

Mme Brault veut savoir jusqu’à quel point l’environnement scolaire ou les perceptions du corps professoral peuvent mener à de faux diagnostics de TDAH chez certains élèves.

« Ça ne veut pas dire que ces jeunes-là n’ont pas de problèmes, il y a quelque chose qui cloche, mais ce n’est peut-être pas le TDAH », explique-t-elle.

Marie-Christine Brault devant l'affiche de la Chaire de recherche Visaj, qu'elle codirige.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La chercheuse Marie-Christine Brault codirige la Chaire Visaj, sur les conditions de vie des jeunes.

Photo : Radio-Canada / Catherine Paradis

Déjà neuf écoles du Saguenay–Lac-Saint-Jean participent à ses travaux de recherche. Elle espère visiter 20 écoles dans les cinq commissions scolaires de la région au cours des prochains mois.

« Je regarde les connaissances et les croyances communes des enseignants face au TDAH et je regarde les attentes des enseignants à l’endroit des élèves en général », précise Marie-Christine Brault.

Elle veut savoir si, par exemple, le personnel de l'école pourrait entretenir une image de l'élève modèle comme étant un enfant plus calme, qui pourrait mener à confondre les symptômes de TDAH avec d'autres troubles comme l'anxiété.

C'est en ce sens qu'elle évalue aussi l’environnement scolaire des élèves.

« Est-ce que la cour d’école ou les classes pourraient être adaptées avec des ballons ou est-ce que la culture scolaire pourrait encourager les élèves à se lever plus souvent, par exemple, pour favoriser les élèves qui bougent beaucoup avant de poser un diagnostic de TDAH? Je pense que ça peut venir expliquer les taux différents de prévalence », ajoute la chercheuse.

Au terme de ses travaux comparatifs avec la Belgique, Marie-Christine Brault espère dresser un portrait des écoles où il y a une plus grande prévalence d’élèves touchés par le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité, et mieux comprendre pourquoi cela se produit, dans le but de poser des diagnostics plus justes chez les enfants.

Science