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Immersion : des niveaux de compétences linguistiques irréguliers

Des enfants écoutent une éducatrice leur faire la lecture, avec un dinosaure en avant plan.
Plus de la moitié des enseignants en immersion disent avoir l'anglais comme langue maternelle. Photo: Radio-Canada / Josée Ducharme

Des niveaux de compétences linguistiques irréguliers d'une province à l'autre, une pénurie d'enseignants en immersion ou encore un manque de ressources pour enseigner en français sont quelques-unes des constatations tirées du rapport final de la consultation pancanadienne, menée l'an dernier par l'Association canadienne des professionnels de l'immersion (ACPI).

Rien de bien nouveau dans ce rapport, reconnaît la directrice générale de l’ACPI, Chantal Bourbonnais, mais le but était surtout de dresser un « portrait ». « On voulait vraiment aller vérifier sur le terrain [ce qu’on entendait] et connaître les défis et les enjeux », dit-elle.

Selon la directrice générale, l’immersion a connu une hausse d’environ 20 % de sa fréquentation au cours des cinq dernières années. Des difficultés d'adaptation sont le résultat de cette hausse fulgurante. « On a besoin de plus d’écoles, de plus de programmes, de plus d’enseignants, de plus de ressources », énumère Chantal Bourbonnais.

C’est certain qu’on n’a pas eu de grosse surprise, mais ça a confirmé [des choses].

Chantal Bourbonnais, directrice générale de l’ACPI

Plus de 50 % des enseignants ont l’anglais comme langue maternelle

Cette situation contribue à mettre le système d’éducation en immersion sous pression. Ainsi, pour répondre à la pénurie d’enseignants, les écoles sont obligées de recruter des personnes moins compétentes « parce qu’elles n’ont pas le choix », affirme la directrice générale de l’ACPI.

Le rapport note aussi que les compétences linguistiques sont irrégulières d’une province à l’autre. « Il y a du travail à faire notamment en écriture [du français] », précise Mme Bourbonnais.

Il y a un manque de ressources pédagogiques spécifiques à l’immersion.

Chantal Bourbonnais, directrice générale de l’ACPI

Autre fait intéressant, le visage de l’immersion change. « Les diplômés de l’immersion enseignent en immersion », indique-t-elle. Ce fait est corroboré par un chiffre : 54 % des professionnels de l’immersion affirment avoir l’anglais comme langue maternelle, selon le rapport.

Prendre soin des enseignants

L’ACPI souhaite maintenant « aller dans l’action », selon sa directrice générale. L’organisme est conscient que tout ne se fera pas dans la prochaine année, mais il se donne une planification stratégique sur cinq ans. « On se donne le temps, reprend Chantal Bourbonnais. Il y a des choses plus urgentes, comme la pénurie d’enseignants. On veut s’attaquer à ce problème dès cette année. »

Pour répondre en partie à cette crise, elle insiste sur le fait que les enseignants en immersion sont « une ressource rare » et rappelle aux conseils scolaires qu’il « faut en prendre soin ».

« Il faut pouvoir les appuyer au niveau professionnel, autant pour la pédagogie qu’au niveau linguistique », recommande-t-elle.

Par ailleurs, l’ACPI veut lancer une campagne de recrutement et de valorisation de la profession. « Il y a encore de la place dans les facultés d’éducation », affirme Chantal Bourbonnais.

L’organisme cherche maintenant à être un chef d’orchestre entre tous les partenaires afin d’aller de l’avant et mettre en place les recommandations de son rapport.

Grâce à ce portrait, Chantal Bourbonnais espère que « dans 10 ans peut-être, on pourra regarder comment on a évolué dans le temps ».

Manitoba

Éducation