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Pas d'inventaire de l'utilisation des pesticides dans l'Ouest

Épandage de pesticide sur un champ de canola.

Les provinces de l'Ouest ignorent la quantité de pesticides répandue annuellement dans leurs champs.

Photo : iStock

Radio-Canada

Les provinces de l'Ouest canadien ne tiennent pas d'inventaire de la quantité de pesticides vendue et utilisée sur leur territoire. Une absence de mesure qui pourrait avoir des effets sur la santé et l'environnement, selon des experts.

Un texte de Miriane Demers-Lemay

Environ 100 000 tonnes de pesticides ont été vendues en moyenne par année au pays entre 2010 et 2014, selon les plus récentes statistiques de Santé Canada.

Toutefois, il demeure difficile de connaître la proportion appliquée dans la plus grande région agricole au pays : les Prairies. De fait, aucune des provinces de l’Ouest ne tient d’inventaire de l'utilisation des pesticides dans leurs champs, comme l'ont confirmé ces dernières.

C’est notamment le cas en Saskatchewan. Selon le spécialiste des pesticides au ministère de l'Agriculture de la province, Richard Wikins, la tenue d’un tel registre serait « chère et inutile ».

« Nous avons de grandes étendues de terres agricoles, nos producteurs sont très sensibles aux coûts, et l’application de pesticides est très chère », explique-t-il.

Il croit que les agriculteurs n'ont pas intérêt à appliquer plus de pesticides que les quantités recommandées pour des raisons économiques.

De son côté, Santé Canada confirme qu’il n’y a aucun registre fédéral concernant l’utilisation des pesticides.

D’autres provinces ont toutefois décidé d’investir. Depuis 2015, l'Ontario oblige les cultivateurs à déclarer l'utilisation qu'ils font de néonicotinoïdes, les pesticides dits « tueurs d'abeilles ». Au Québec, les agriculteurs doivent déclarer l'utilisation de tous les types de pesticides depuis le mois de février.

Connaître l’effet des pesticides

« À des fins de recherche, on pense que ce serait vraiment important qu’on puisse faire des recoupements entre les pesticides et les problèmes de santé », explique la spécialiste des pesticides et des produits toxiques d'Équiterre, Nadine Bachand.

Un argument également évoqué par le ministère québécois du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, qui considère que le registre permettra de cumuler des connaissances essentielles pour favoriser les pesticides les moins risqués pour la santé et l'environnement. Selon le ministère, un tel registre peut également faciliter la gestion des pesticides par les agriculteurs.

« Cela peut aussi permettre de créer un rempart contre les abus, par exemple les prescriptions répétitives de pesticides à risque sans raison apparente », continue Nadine Bachand.

Un manque d’indépendance entre agronomes, chercheurs et industrie avait été mis en lumière dans la province de Québec en 2017.

Au Québec, le ministère de l'Environnement estime qu’il en coûtera environ 700 000 $ par année à l’ensemble des agriculteurs qui ne détenaient pas de registre pour respecter cette nouvelle exigence.

Saskatchewan

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