•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les boîtes repas : un cadeau suremballé?

Des emballages cartons et plastiques pour le transport et la conservation d'aliments
La quantité d'emballages pour une recette chez Marché Goodfood, Chefs Plate, MissFresh et Cook It. Photo: Radio-Canada / Coralie Mensa
Radio-Canada

Un service de repas prêts à cuisiner a distribué des milliers de cartes-cadeaux pour deux manifestations sportives d'envergure à Vancouver. Des voix s'élèvent toutefois pour dénoncer l'impact environnemental de ce type de service.

Cette année, les participants du marathon BMO et de la course Sun Run sont repartis avec des cartes-cadeaux d'une valeur de 40 $ à 50 $. Il s'agit ainsi de 62 000 clients potentiels atteints dans des manifestations qui se veulent écoresponsables.

Selon Colleen Thorpe, directrice des programmes éducatifs à Équiterre, il s'agit d'une occasion de sensibilisation environnementale ratée pour les deux courses.

C'est sur que ça devient une publicité lors d'une manifestation comme celle-ci pour un produit qui est questionnable sur le plan des déchets.

Colleen Thorpe, directrice des programmes éducatifs chez Équiterre

Les compagnies comme HelloFresh livrent des boîtes avec tous les ingrédients nécessaires à la préparation d'un ou deux repas. Les boîtes en carton sont recouvertes d’un film métallique et contiennent des sacs réfrigérants. Souvent, les aliments sont emballés de façon individuelle. Cependant, selon HelloFresh, le tout est entièrement recyclable.

Image tirée du site internet de la compagnie HelloFresh.Agrandir l’imageHelloFresh se présente comme étant une entreprise aux pratiques, un fait contesté par certains défenseurs de l'environnement. Photo : site internet de la compagnie HelloFresh

Sylvain Allard, professeur à l'École de design de l'Université du Québec à Montréal et militant pour les emballages écoresponsables, affirme cependant que le mot recyclable n’est pas aussi vert qu’on veut le faire croire.

« En fait, la question est plus de savoir si les choses sont recyclées. Or, il y a un certain nombre d'éléments qui sont utilisés dans ces boîtes-là qui sont difficilement recyclables », avance-t-il.

Il ajoute que les pellicules de plastique qui recouvrent les aliments sont souvent mises de côté dans les centres de tri parce qu'elles sont trop complexes à recycler.

Un impact environnemental toujours incompris

La quantité de déchets produits par les compagnies de repas prêts à cuisiner est difficile à calculer, selon Recycle BC, l'organisme qui chapeaute le recyclage en Colombie-Britannique. Son directeur, Allen Langdon, explique que les compagnies qui distribuent des emballages à domicile sont tenues de mettre au point un plan de recyclage ou de se joindre à celui d'organismes comme Recycle BC.

« Pour autant que je sache, la plupart de ces groupes ne se sont pas encore inscrites dans des programmes, ou créé le leur. Alors, dans de nombreux cas, ils ne respectent pas les règlements provinciaux », précise-t-il.

Ces programmes doivent présenter la divulgation de la quantité de déchets mis sur le marché chaque année, ainsi que le paiement de frais annuels en fonction de la quantité déclarée. Les montants perçus servent ensuite au financement des programmes de recyclage.

Le ministère de l'Environnement de la Colombie-Britannique précise toutefois que certaines compagnies peuvent être exemptées de ces obligations.

Par voie de communiqué, le ministère déclare que le commerce des repas prêts à cuisiner est un secteur relativement nouveau. Victoria travaille présentement avec les compagnies afin de les informer de leurs obligations et de s'assurer qu'elles s'y conforment.

HelloFresh n'a pas répondu aux demandes d'entrevue de Radio-Canada.

Colombie-Britannique et Yukon

Pollution