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Des toilettes autonettoyantes font leur apparition à Montréal

Une toilette publique autonettoyante en cours d'installation, derrière une clôture
Une toilette publique autonettoyante permanente (non mobile) est en train d'être installée près de la station de métro Papineau. Photo: Radio-Canada / Kristy Rich

Les Montréalais et les touristes pourront dans les prochains jours tester les toutes premières toilettes publiques autonettoyantes de la ville.

Trois premières toilettes « permanentes » (non mobiles) sont actuellement construites dans l'arrondissement Ville-Marie.

La première se trouve à la station de métro Papineau; la deuxième à la place Émilie-Gamelin; la troisième au coin des rues Saint-Gabriel et de la Commune Est, dans le Vieux-Port.

Ces toilettes, qui seront gratuites, existent déjà dans plusieurs villes européennes, notamment à Paris.

« Les toilettes publiques, ça fait tellement longtemps qu'elles sont demandées! Pour des raisons de santé publique, pour les personnes plus marginalisées, les touristes... Les touristes qui viennent à Montréal nous disent : "Comment ça se fait qu'on ne peut pas aller aux toilettes sans aller dans un lieu et consommer? Donc, c'est normal », a plaidé la mairesse Valérie Plante, plus tôt cette semaine.

Les toilettes seront accessibles de 6 h à minuit, 12 mois par année. Un système automatisé fera en sorte que le siège et le plancher seront lavés entre chaque utilisation.

Un volet social

Le projet est réalisé en partenariat avec les organismes Spectre de rue et Sac à dos.

Des « préposés aux toilettes urbaines et à l'information », qui bénéficient de soutien en réinsertion sociale, aideront les utilisateurs à se familiariser avec ces nouvelles toilettes.

« On va voir des préposés qui vont se promener autour, faire des sondages, regarder les irritants, faire de l'observation, voir s'il y a des problèmes reliés au fait d'avoir des toilettes publiques, les files d'attente, s'il y a des choses qui se passent bien, d'autres moins bien », énumère Gilles Beauregard, directeur général de Spectre de rue.

Une limite de 15 minutes par utilisation permettra par exemple de restreindre les activités illicites à l’intérieur de l’unité sanitaire.

« Ça pue »

Une quatrième toilette permanente sera également installée sur la place Sun-Yat-Sen, à l’angle des rues Clark et de la Gauchetière, dans le quartier chinois. Elle est toutefois décriée par la communauté chinoise, qui y voit un manque de respect pour cette place nommée en l'honneur du premier président de la République de Chine.

Wilson Wong devant une toilette publique autonettoyante en cours d'installationWilson Wong, président de l'Association chinoise de Montréal, se désole de l'installation d'une toilette publique autonettoyante en plein coeur du quartier chinois. Photo : Radio-Canada / Marilla Steuter-Martin

« Nous sommes très en colère, confirme Wilson Wong, président de l'Association chinoise de Montréal. Les Chinois, les résidents locaux et les commerçants s'y opposent totalement. »

« Je ne crois pas que ce soit un bon endroit pour ça, ajoute Bill Wong, secrétaire de la fondation de la place Sun-Yat-Sen de Montréal. Ça pue. »

Un trou a été creusé dans le pavillon pour permettre l'installation de la tuyauterie.La toilette publique autonettoyante du quartier chinois sera placée dans un pavillon de la place Sun-Yat-Sen. Photo : Radio-Canada / Marilla Steuter-Martin

Au total, la Ville prévoit installer 12 toilettes au coût de 3 millions de dollars; les 8 autres toilettes seront mobiles et pourront donc être déplacées au besoin.

L'installation de ces toilettes autonettoyantes était d'abord prévue pour l'été 2016, mais le projet a été retardé, notamment parce que deux appels d'offres ont été annulés en cours de route, faute de soumissionnaires.

Ce n'est pas la première fois que Montréal installe des toilettes publiques sur son territoire. L'ex-maire Camilien Houde avait fait construire au tournant des années 1930 de nombreuses « vespasiennes ». Celles-ci ne sont plus utilisées aujourd'hui, mais on les trouve encore à certains endroits.

La vespasienne du square Viger, dans les années 1930La vespasienne du square Viger, dans les années 1930. Elle se trouve aujourd'hui au carré Saint-Louis. Photo : Ville de Montréal / Gestion de documents et archives

Avec les informations de Julie Marceau

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