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Des centres de tri trop pleins : la Côte-Nord souhaite une solution à long terme

Le centre de tri Le Phare à Port-Cartier

Le centre de tri Le Phare à Port-Cartier

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

Radio-Canada

Les gestionnaires de matières recyclées de la Côte-Nord estiment que le montant d'urgence réclamé au gouvernement provincial par les centres de tri de Recyc-Québec ne représente pas une solution à long terme pour traverser la crise qui sévit au Québec.

Un texte de Laurence Royer

Depuis que la Chine a presque fermé ses frontières aux importations de matières recyclables et que le prix des ballots de papier a chuté sur les marchés, la plupart des centres de tri du Québec fonctionnent à perte.

Sur la Côte-Nord aussi la situation est de pire en pire, confirme le directeur général du centre de tri Le phare de Port-Cartier, Éric Aubin. Avec son petit volume de production, il chiffre ses pertes à 10 000 $ par mois.

Dans ce contexte, Éric Aubin croit qu’une aide de Québec serait utile.

Ça va aider à éponger un certain malaise, mais ça ne réglera pas tous les problèmes.

Éric Aubin, directeur général du centre de tri Le Phare
Éric Aubin est le directeur général du centre de tri Le Phare.

Éric Aubin est le directeur général du centre de tri Le Phare.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

De son côté, la Régie de gestion des matières résiduelles Manicouagan, qui envoie ses matières résiduelles à la Société Via à Lévis pour être triées, vit aussi cette période difficile.

La directrice générale, Linda Savoie, indique que la grande qualité de papier recyclé exigée sur le marché a un impact sur les compensations que perçoit la Régie. « Le directeur nous a contactés en nous parlant d’une crise qui s’en venait au Québec et qu’il y a des centres de tri qui en arrachaient, dit-elle. [La Société Via ] est moins touchée dans un sens, mais c’est sûr qu’à la longue, on va être touché davantage. »

Solution à long terme

Pour mettre fin à cette situation, il faut favoriser la revalorisation des matières recyclées au Québec plutôt qu’à l’international, estime Linda Savoie.

Je pense qu’avec tout le génie qu’il y a au Québec, on serait capable nous aussi de trouver des débouchées pour ces matières-là au Québec.

Linda Savoie, directrice de la Régie de la gestion des matières résiduelles Manicouagan

Éric Aubin est aussi de cet avis. Il croit que des initiatives régionales permettraient d'offrir une deuxième vie aux matières recyclables. En raison du coût élevé du transport des matières recyclables de la Côte-Nord vers les grands centres, Éric Aubin souhaite que des entrepreneurs de la région achètent les déchets triés au Phare.

Du papier journal

Pour être vendu, le papier recyclé doit contenir un très faible taux de contaminants.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

La fin du recyclage?

Il ne faut toutefois pas penser que c'est la fin du recyclage, affirme Linda Savoie.

L’éducation [au recyclage] qui a été faite dans les dernières années, on veut que ça continue. Il s’agit juste de trouver des solutions.

Linda Savoie, directrice de la Régie de la gestion des matières résiduelles Manicouagan

Éric Aubin ne prédit pas non plus la fin du recyclage. Il croit plutôt que la situation actuelle forcera les centres de tri à repenser leur gestion de leurs matières.

En janvier dernier, le gouvernement du Québec a débloqué 3 millions de dollars pour que les centres de tri se modernisent.

Côte-Nord

Matières résiduelles