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De l'importance de s'intéresser à l’intimidation liée au poids

Un rassemblement pour dénoncer l'intimidation a eu lieu à Hawkesbury en 2016.
La lutte contre l'intimidation a donné lieu à de multiples manifestations au cours des dernières années. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Au Québec, le tiers des jeunes affirment avoir déjà été intimidés en raison de leur poids, qu'ils aient un surpoids, qu'ils soient trop minces ou qu'ils aient un poids santé. C'est le genre de constat qui doit sonner l'alarme dans la foulée de la lutte contre l'intimidation, selon des chercheurs réunis au 86e congrès de l'Acfas.

Un texte de Catherine Paradis

En conférence, la professeure Annie Aimé, de l’Université du Québec en Outaouais (UQO), était outrée du fait que 90 % des élèves aient déjà été témoins d’intimidation en raison du poids d’une personne.

Près d'un jeune sur cinq qui présente un surpoids est directement victime d'intimidation, selon l'étude qu'elle a menée en 2015 auprès d'élèves de 14 à 18 ans de 78 écoles québécoises.

Parallèlement à ces chiffres, des données américaines indiquent d'ailleurs que les jeunes du primaire ayant un surpoids sont aussi 63 % plus à risque d’être intimidés.

Annie Aimé pose devant une affiche au congrès de l'Acfas.La professeure Annie Aimé de l'Université du Québec en Outaouais étudie l'intimidation reliée au poids. Photo : Radio-Canada / Catherine Paradis

Le premier défi est de reconnaître la situation. La plupart des élèves ne réalisent même pas que c’est de l’intimidation, tellement le langage est ancré dans le discours des jeunes.

Annie Aimé, professeure à l'Université du Québec en Outaouais

Selon sa recherche, 81 % des victimes d’intimidation en raison du poids ne se confient pas.

Les adultes ont aussi une part de responsabilité, selon la chercheuse.

Il y a un inconfort à intervenir auprès des jeunes au sujet de leur poids.

La professeure Annie Aimé

C’est exactement la raison pour laquelle l’organisme Équilibre, spécialisé dans les problèmes de poids et d’image corporelle chez les jeunes, a élaboré un guide en six volets qui vise à ouvrir la discussion.

« L’objectif est de fournir un complément d’information dans les plans anti-intimidation dans les écoles », soutient la consultante Josée Gagnon.

Le document, qu'on peut également consulter sur Internet, a déjà été distribué dans 800 écoles secondaires du Québec.

Au primaire

Annie Aimé estime toutefois qu’il faut remonter à la source des préjugés relativement au poids.

« Les jeunes arrivent au secondaire avec l’idée préconçue que le poids est quelque chose que l’on contrôle, alors que c’est loin d’être toujours le cas », souligne-t-elle.

Elle est donc en train de mener une étude dans les écoles primaires du Québec pour dresser un meilleur portrait de l’intimidation au sujet du poids et de la perception de l’obésité chez les plus jeunes.

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