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Un nouvel examen de fin d'études en préparation pour les infirmières

Une infirmière prend le pouls d'une femme.
Un nouvel examen d'entrée à la profession d'infirmière est en préparation au Canada. Photo: iStock

Un comité pancanadien travaille à la création d'un « examen bilingue de fin d'études », destiné aux étudiants de sciences infirmières.

Un texte de Catherine Allard

Cet examen de rechange pourrait être disponible dès 2020, partout au Canada. L’Association des infirmières et des infirmiers du Nouveau-Brunswick (AIINB) devra pas la suite décider si ce nouvel examen remplacera le NCLEX comme porte d’entrée à la profession d'infirmière.

Le directeur de l'école des Sciences infirmières de l'Université de Moncton, Pierre Godbout, siège notamment au comité national. Il espère que l’ordre professionnel ira dans cette direction.

Pierre Godbout dans son bureauLe directeur de l'école des Sciences infirmières de l'Université de Moncton, Pierre Godbout, travaille à la création d'un nouvel examen d'accréditation. Photo : Radio-Canada / Serge Clavet

« Si l’examen est bien ficelé et fait selon les règles de l’art, le Nouveau-Brunswick pourrait décider de l’utiliser comme examen d’entrée à la pratique et on espère que ça va améliorer les résultats », précise Pierre Godbout.

Selon lui, ce nouvel outil comprendrait également du matériel préparatoire en français et en anglais.

Le Commissariat aux langues officielles du Nouveau-Brunswick a conclu que l'AIINB a enfreint la Loi sur les langues officielles en adoptant l’examen NCLEX-RN, qui défavorise nettement les candidats francophones.

Dans son rapport rendu public mercredi, la commissaire Katherine d’Entremont dénonce notamment le fait que les étudiants anglophones ont accès à un plus grand éventail de matériel préparatoire que les francophones, comme des simulations d’examen de plus grande qualité­.

Le recteur de l’Université de Moncton exige un nouvel examen

Le recteur par intérim de l’Université de Moncton, Jacques Paul Couturier, exhorte l’AIINB à laisser tomber l’examen NCLEX-RN, et ce, dès maintenant.

Le recteur par intérim de l'Université de Moncton Jacques Paul CouturierLe recteur par intérim de l'Université de Moncton Jacques Paul Couturier Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

« Il va falloir que l’association des infirmières se saisisse plus directement du dossier et qu’elle agisse pour que les droits linguistiques des étudiantes soient respectés. J’espère que l’association va sortir de cette position de fermeture », dit Jacques Paul Couturier.

Je souhaite que très rapidement l’association change de cap. Une des pistes est d’abandonner le NCLEX-RN et d’utiliser un autre outil pour valider l’entrée dans la profession.

Jacques Paul Couturier, recteur par intérim de l’Université de Moncton

De nombreux étudiants en sciences infirmières à l'Université de Moncton sont incapables de réussir l'examen NCLEX-RN. Le taux d'échec dans cette institution est très élevé. En 2015, la moitié des étudiants ont échoué lors de la première écriture.

Les étudiantes ont absolument besoin de réussir l’examen pour obtenir le droit de pratiquer au Nouveau-Brunswick. Dans une province aux prises avec une pénurie d’infirmières, il s’agit d’un enjeu crucial.

« Dans les prochaines semaines, on est à un carrefour et on doit savoir si on pourra travailler pour renforcer la profession ou si on va continuer à s’engager dans un dialogue de sourds », ajoute le recteur.

Une jeune femme triste qui tient son diplôme de sciences infirmières dans son salon.La diplômée en science infirmière Stéphanie Noël a échoué à l'examen d'accréditation neuf fois puis a décidé de tourner le dos à la profession d'infirmière. Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

Il n’est pas le seul à demander l’abandon du NCLEX-RN comme examen d’entrée à la profession d’infirmière.

Suzanne Dupuis-Blanchard, professeure à l’École de sciences infirmières de l’Université de Moncton, demande à l’association de trouver une autre solution rapidement.

« Moi je dis qu’on met NCLEX à la poubelle. Je ne suis pas certaine qu'on peut faire un retour à l'autre examen, mais il faut absolument regarder à une autre option », dit-elle.

Aucune décision de l’association des infirmières

L’AIINB n’a toujours pas pris position sur l’enjeu, plus de 24 heures après le dévoilement du rapport. Une porte-parole affirme simplement que le rapport a été transmis à un conseiller juridique.

Jacques Paul Couturier et Suzanne Dupuis-Blanchard dénoncent le mutisme de l’organisme dans ce dossier.

« Ils ont complètement manqué à l'occasion de se prononcer et de faire une différence pour les francophones », estime Mme Dupuis-Blanchard.

Avec des informations de Nicolas Steinbach

Nouveau-Brunswick

Société