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Début des audiences sur la compensation pour les victimes de la rafle des années 60

Le reportage d'Omayra Issa
Radio-Canada

Les opposants et les partisans de l'entente de principe de 875 millions de dollars pour les survivants de la rafle des années 60 présentent leurs cas à un juge de la Cour fédérale à Saskatoon.

L’audience est l’occasion pour les victimes et les familles de se prononcer pour savoir si l’entente fédérale est juste, satisfaisante et dans l’intérêt des parties, selon le juge de la Cour fédérale, Michel Shore.

Le gouvernement fédéral a annoncé l'entente de principe avec les survivants en octobre dernier, après des années de poursuites judiciaires acharnées. Dans le cadre de cette entente, chaque membre des Premières Nations pourrait recevoir un maximum de 50 000 $. Les Métis et les Indiens non inscrits sont exclus de l’entente.

« Tout ceci est dans le but de s’assurer que les gens se font entendre. Ils doivent savoir qu’il y aura des actions », explique le juge tout en parlant de l’importance de la guérison.

Plus de 150 personnes avaient déjà déposé, mardi, des avis auprès de la Cour fédérale du Canada demandant de parler lors des audiences. Des dizaines d'avocats, de fonctionnaires et de survivants doivent prendre la parole.

La foule attendue est si grande que l'audience a été déplacée au palais de justice. Cette dernière devait initialement avoir lieu dans deux grandes salles de bal d’un hôtel du centre-ville de Saskatoon.

Les survivants provenant d'autres villes canadiennes pourront également témoigner par vidéo.

Des opinions divergentes

La rafle des années 60 a été qualifiée de « génocide culturel » par l'avocat Tony Merchant, dont le cabinet représente approximativement 5000 survivants de la rafle. L'avocat est en faveur de l’entente. Il soutient que celle-ci permettra au Canada d’avancer.

Les avis concernant l’entente sont toutefois partagés parmi les participants à l’audience. Une des victimes de la rafle, Lynn Thompson, est pour l’entente de principe. Un autre survivant autochtone, Dwayne Nayneecassum, dénonce l’entente, estimant que les sommes prévues ne sont pas suffisantes. De la même façon, Leticia Racine estime qu’il n’y a pas eu de consultation et que l’entente n’est pas assez inclusive.

Une entente critiquée

Environ 20 000 enfants autochtones ont été enlevés à leurs parents entre les années 1960 et 1980, une affaire connue sous le nom de « Sixties Scoop ».

Ils ont perdu leurs liens familiaux, leur culture et, dans certains cas, ont subi des violences physiques et sexuelles.

Dans le cadre de l'entente négociée l'année dernière, 750 millions de dollars iraient aux survivants et à leurs familles, 50 millions iraient à la mise sur pied d'une fondation qui aidera les victimes de la rafle et 75 millions iraient aux avocats qui représentent les survivants.

Les critiques de cette entente affirment que les Métis et les Indiens non inscrits, et pas seulement les membres des Premières Nations, auraient dû être inclus dans l'entente de compensation proposée.

D'autres disent que la compensation maximale de 50 000 $ par survivant n'est pas suffisante.

Suivez nos journalistes en direct des audiences

Avec les informations de John Paul Tasker, CBC News

Avec les informations de CBC

Saskatchewan

Nations métisses et autochtones