•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Premier cas de tortue infectée par un virus mortel au Canada

Une tortue malade aux yeux boursouflés, et à la peau décolorée.
Une première tortue affectée par le ranavirus a été retrouvée à Cootes Paradise, à Hamilton. Photo: Morgan Piczak
Radio-Canada

La souche de ranavirus, qui a été décelée chez une tortue à Hamilton, est attribuable à des phénomènes de mortalité de masse chez les reptiles. Cette découverte signifie que « toutes les espèces de tortues, en Ontario, sont en danger », selon un chercheur.

Le ranavirus est une maladie infectieuse qui touche les amphibiens, les reptiles et les poissons. Selon les cas, les animaux contaminés peuvent souffrir de lésions ouvertes sur le visage et le cou, en plus d’enflures de leurs organes internes.

La plupart du temps, le virus finit par provoquer la défaillance des organes et la mort de l'animal en quatre semaines.

Premier cas d’infection d'un reptile au Canada

L'année dernière, Morgan Piczak, candidate à la maîtrise en sciences à l’Université McMaster, a trouvé une tortue serpentine malade dans les eaux de Cootes Paradise, à Hamilton.

La chercheuse Morgan Piczak tient une tortue serpentine dans ses mains. Morgan Piczak, candidate à la maîtrise en sciences à l'Université McMaster, a découvert la tortue contaminée (qui n'est pas celle de la photo). Photo : Morgan Piczak

« La peau sur la tête est normalement brun foncé ou vert foncé, mais elle était vraiment blanche et ses yeux étaient extrêmement gonflés, à un tel point qu’on ne pouvait pas voir un des yeux. L’enflure, la décoloration et les lésions descendaient jusqu’à son cou », selon Morgan Piczak.

La tortue, qui a été amenée directement chez le vétérinaire, est morte moins de 24 heures plus tard. Son corps a été envoyé au Collège de médecine vétérinaire de l'Ontario.

Des échantillons de l’animal ont ensuite été envoyés à un laboratoire en Colombie-Britannique où l’ADN du reptile a été testé et la présence du ranavirus confirmée. C’est le premier cas répertorié chez les tortues serpentines.

Doug Campbell, pathologiste au Collège de médecine vétérinaire de l’Ontario, dit qu’il est possible que le ranavirus existe au Canada depuis quelque temps, et qu'il pourrait être passé inaperçu.

Toutes les espèces de tortues en Ontario sont, jusqu’à un certain point, menacées.

Doug Campbell, pathologiste au Collège de médecine vétérinaire de l’Ontario

Cette découverte est d’autant plus inquiétante que plusieurs espèces de tortues au Canada sont déjà menacées.

Deuxième tortue contaminée

Il y a deux semaines, Mme Piczak dit être tombée sur une tortue serpentine avec les mêmes enflures et plaies. « C’est particulièrement dérangeant parce qu’on est en pleine période d'accouplement pour les tortues serpentines, et qu’elles sont donc beaucoup en contact », déclare Morgan Piczak.

Une tortue aux yeux boursouflés.Le virus cause des enflures et des lésions. Cette tortue est morte 24 heures après avoir été trouvée par des chercheurs. Photo : Morgan Piczak

On ne sait toujours pas comment le virus est transmis, mais la chercheuse dit que le fait que les tortues interagissent avec toutes sortes de créatures augmente les risques d’épidémies.

Le mieux qu’on puisse faire, c’est de repérer les tortues malades et de les isoler de leur environnement. Il n’y a pas de traitement.

Morgan Piczak, candidate à la maîtrise en sciences à l’Université McMaster

D'où vient le virus? Comment survit-il? Plusieurs questions restent en suspens. D'après Doug Campbell, la seule manière pour les chercheurs d’en apprendre davantage est que les gens signalent les tortues malades pour qu’elles puissent être examinées. Ils peuvent communiquer avec le Centre de conservation des tortues de l'Ontario (Nouvelle fenêtre) (site en anglais seulement).

Faune et flore

Environnement