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Guillaume Côté, étoile canadienne de la danse classique

Le danseur Guillaume Côté

Photo : National Ballet of Canada/Aleksandar-Antonijevic

Radio-Canada

Il danse depuis qu'il a trois ans. Il a quitté sa famille et son Lac-Saint-Jean natal alors qu'il n'avait que 11 ans pour aller étudier la danse dans une école spécialisée de Toronto. Il a intégré le Ballet national du Canada en 1999, en est devenu le danseur étoile en 2004 et le chorégraphe en 2013... Guillaume Côté est une étoile dans le firmament mondial de la danse classique, un homme passionné qui aime l'audace. Rencontre.

Un texte de Catherine François

« Je danse depuis que j’ai trois ans. Ma sœur dansait, mes cousins dansaient, mes parents étaient impliqués dans une école de danse au Lac-Saint-Jean, où on habitait, alors la danse, elle fait partie de ma vie depuis toujours », raconte d'emblée Guillaume Côté.

Je n’ai jamais vu ça comme anormal, le fait qu’un garçon fasse du ballet, et je n’ai jamais eu de commentaires déplacés à ce sujet. C’est ce que j'aime du Québec, les gens sont ouverts d'esprit et très respectueux.

Guillaume Côté
Le danseur Guillaume CôtéAgrandir l’image

Le danseur Guillaume Côté

Photo : Radio-Canada / Catherine François

Le petit Guillaume est tellement doué et il aime tellement danser qu’à 11 ans, il quitte sa famille et son lac pour intégrer l’École nationale du ballet du Canada à Toronto. « Les deux premiers mois ont été difficiles, je ne parlais pas un mot d’anglais, et puis après ces deux mois, je parlais anglais couramment, j’avais plein d’amis et j’étais très heureux », précise Guillaume.

Son intégration au Ballet national du Canada, à Toronto, se fait donc tout naturellement en 1999. Et il grimpe un à un les échelons de l’excellence, jusqu’à devenir le danseur étoile en 2004 et le chorégraphe de la troupe en 2013.

Les danseurs du Ballet National du Canada Guillaume Côté et Sonia Rodriguez sur scène dans Un tramway nommé désir.Agrandir l’image

Guillaume Côté et Sonia Rodriguez dans "Un tramway nommé désir"

Photo : Ballet National du Canada / Aleksandar Antonijevic

C’est à ce titre qu’il a produit plusieurs spectacles qui ont remporté de beaux succès, dont une adaptation du Petit Prince, en 2016, qui a fait salle comble.

Collaborer avec Robert Lepage, un rêve devenu réalité

C’est aussi comme chorégraphe que Guillaume Côté travaille depuis plusieurs mois aux côtés du metteur en scène de réputation internationale, Robert Lepage, sur un spectacle intitulé « Frame by Frame », dont la première se tiendra le 1er juin prochain à Toronto.

Les trois artistes pendant les répétitions du spectacleAgrandir l’image

Guillaume Côté, Robert Lepage et Jack Bertinshaw en répétition - Frame by Frame

Photo : David Leclerc

Cette collaboration est un rêve qui est devenu réalité pour le danseur.

Je ne peux pas croire en ma chance de travailler avec Robert Lepage, même si ce n'est pas toujours facile parce qu’il pousse vraiment tout le monde à aller plus loin, à découvrir plus, s'ouvrir l'esprit, changer la façon de faire.

Guillaume Côté
Les deux danseurs en répétition.Agrandir l’image

Guillaume Côté et Harrison James en répétition - Frame by Frame

Photo : David Leclerc

« Mais il est inclusif, il implique tout le monde dans le processus », ajoute le danseur qui apprécie également le fait que le metteur en scène bouscule un univers qui peut parfois s’enliser dans ses traditions.

Avoir quelqu'un comme Robert qui rentre dans l'équation, je trouve que ça brasse la cage, ça fait que, tout à coup, on réalise qu’il y a vraiment des choses à faire pour accentuer la danse encore plus.

Guillaume Côté

« Ce n'est pas d'enlever la danse et de la remplacer par du multimédia ou par des trucs de scène, c'est de jumeler les deux pour que la danse soit vue d'une façon différente, différents angles de voir la danse, de travailler le matériel de la danse classique », poursuit Guillaume Côté.

Oser l’audace

Justement, Guillaume Côté aime l’audace, se remettre en question, sortir des sentiers battus et renouveler son art. Il estime qu’un artiste doit sans cesse se renouveler.

Je déteste être casé dans quelque chose, donc j’aime accepter des choses qui sont inattendues, me surprendre moi-même.

Guillaume Côté

« J'aime collaborer avec des gens qui vont me surprendre et me pousser à faire des choses que je ne ferai pas nécessairement, j’aime travailler avec des gens qui sont ouverts d'esprit ou qui ont des cultures différentes », explique-t-il.

Guillaume me confie par exemple qu’il adore la danse orientale et qu’il rêve de danser du butoh japonais.

J'essaie de m’ouvrir pas mal plus sur le monde en ce moment. Et je veux me forcer à faire des choses différentes, ne jamais répéter les mêmes choses, dans le sens que j'aimerais découvrir des nouvelles choses que je ne connais pas.

Guillaume Côté

Nul n’est prophète en son pays

Guillaume Côté est très connu à Toronto et dans le reste du Canada anglais. Il est en fait considéré sur la scène internationale comme l’un des meilleurs danseurs de sa génération.

Étonnamment, par contre, il reste peu connu au Québec, confirmant ainsi le bon vieil adage qui dit que nul n’est prophète en son pays.

Il y a d’abord cette vieille rivalité qui a longtemps perduré entre les grands ballets canadiens, installés à Montréal, et le Ballet national du Canada, dans lequel je danse, qui lui est à Toronto.

Guillaume Côté

« Et puis j’ai une part de responsabilité aussi dans cette situation, car je me suis peu produit au Québec. Donc les gens ne peuvent pas connaître et admirer quelqu’un qui a peu dansé devant eux », soutient-il.

En 2014, quand on lui propose de devenir le directeur artistique du Festival des arts de Saint-Sauveur, dans les Laurentides, le danseur n’a pas hésité une seconde.

C'est un moyen pour moi de revenir au Québec. Chaque année, je me produis d'une manière ou d'une autre comme danseur ou comme chorégraphe dans ce festival.

Guillaume Côté

Guillaume aimerait bien d’ailleurs revenir vivre un jour dans ce Québec qu’il a quitté si jeune, mais qu’il aime tant.

Je pense que j'ai toujours voulu revenir au Québec parce que j'y ai de la famille, mais aussi parce que j'adore les gens, j'adore la culture québécoise et j'aimerais ça un jour vivre au Québec.

Guillaume Côté

L’artiste, qui a épousé une danseuse du Ballet national et avec qui il a deux jeunes enfants, se fait un devoir d’apprendre le français à ses petits. Des enfants qui sont tombés dans la marmite de la danse dès leur naissance au demeurant : quand papa et maman dansent, ils sont en arrière-scène et pour eux, voir passer quelqu’un en costume d’écureuil, ça fait partie du quotidien!

Un messager de la danse

Ce que Guillaume trouve le plus difficile dans son art, c’est le côté éphémère de la carrière d’un danseur.

La danse va toujours faire partie de ma vie, et c'est sûr que je vais toujours danser, même quand ma carrière va être terminée.

Guillaume Côté

« La maturité et le summum physique d’un danseur sont jumelés seulement pour un trois, quatre ans dans une carrière de danse classique. C’est juste à l'âge de 32, 33 ans que j’ai acquis la bonne maturité, et le summum de ma forme physique va probablement être bon jusqu'à 40 ans », explique Guillaume.

Donc j'ai peut-être un six ou sept ans où je suis vraiment au top de ma carrière. Alors qu’un pianiste, lui, il peut presque jouer toute sa vie!

Guillaume Côté

Ce qui est sûr, c’est qu’il portera le message de la danse sur toutes les tribunes même quand il ne sera plus sur scène.

« Un jour j'aimerais peut-être que la danse soit aussi connue que le Cirque du Soleil. J'aimerais répandre le message, surtout dans le monde où on vit, où les jeunes ont accès à tout, que l’on doit regarder un spectacle de danse au moins une ou deux fois, et après décider si on aime ou pas », ajoute le danseur.

La danse, c'est le plus bel investissement qu'on peut faire, parce que c'est un investissement de temps, c'est un investissement de corps et d'âme. Je pense que je veux répandre le message que la danse, c'est important pour tout le monde, ce n'est pas la danse classique, pas la danse contemporaine, c'est la danse sous toutes ses formes.

Guillaume Côté

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