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Le plein emploi, une embûche pour les entreprises régionales

Le reportage de Maxence Bilodeau

Difficile de recruter des travailleurs de l'extérieur de la région pour une entreprise spécialisée dans la réparation navale aux Méchins, au Bas-Saint-Laurent.

Un texte de Maxence Bilodeau

Les Méchins, c’est plus loin que Matane, tout au bout de la région du Bas-Saint-Laurent. Vous roulez quelques kilomètres de plus, vous arrivez à Capucins et là, vous êtes en Gaspésie. Si on vient de Montréal, Les Méchins, c’est loin; une distance de près de 700 kilomètres!

Pas facile de recruter du personnel quand on a une entreprise, comme Verreault Navigation, aux portes de la Gaspésie. Encore plus difficile quand le plein emploi donne aux travailleurs le choix : pourquoi « s’exiler » aux Méchins quand on peut trouver du travail en ville et demeurer près des siens?

Verreault Navigation, spécialisée dans la réparation navale, vit ce problème quotidiennement.

Et si au moins les salaires étaient extraordinaires! L’employé syndiqué gagne en moyenne 50 000 $. C’est un salaire compétitif si on vient de la région et qui se compare aussi à ce qu’offrent les autres chantiers maritimes de l’Est canadien.

Mais, tant qu’à vous expatrier, que diriez-vous à la place de gagner 100 000 $, 125 000 $ par année? Allez travailler dans les mines du nord!

Verreault Navigation doit faire face à cette concurrence salariale sans être capable vraiment de suivre la cadence. Tout au plus, l’entreprise offre une prime de 30 $ par jour aux travailleurs syndiqués de l’extérieur de la région et offre aussi le logement aux cadres pendant leur période d'essai.

Mais alors, comment recruter des travailleurs de l’extérieur, surtout en contexte de plein emploi?

Simon Riopel, vice-président directeur du Groupe Maritime Verreault, dit vouloir miser sur la formation. Il souhaite profiter des périodes creuses pour former les employés à de nouveaux métiers, accroître leur polyvalence. Non seulement pourront-ils travailler davantage, mais aussi trouveraient-ils chez Verreault Navigation un milieu de travail plus stimulant, qui leur donnerait le goût de rester.

Et puis le technicien Jean-Martin Harvey, originaire de Sherbrooke, employé chez Verreault Navigation depuis cinq ans, nous le rappelle; il y a une qualité de vie extraordinaire dans la région des Méchins : la chasse, la pêche, le plein air... et les amis! « À force de rencontrer le même monde au dépanneur, à un moment donné, tu leur parles! » dit-il avec humour.

Comment s’appellent les résidents des Méchins? Des Méchinois. Cela vous amuse? Très bien, mais pas besoin de leur répéter, c’est bon, ils le savent!

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