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Expulsés, des résidents du secteur de Heron Gate ne savent plus où aller

Un homme devant des maisons en rangée.
Cela fait près de 10 ans que Falah Rashed vit avec sa famille dans ce quartier. Photo: Radio-Canada / Laura Osman / CBC
CBC

Des centaines de locataires à Heron Gate disent avoir reçu des avis d'expulsion. Ils ont jusqu'au 30 septembre pour trouver de nouveaux logements.

La compagnie Timbercreek a expliqué que les logements sont trop chers à entretenir. Pourtant, les locataires affirment s'être battus pendant des années pour obtenir les réparations nécessaires.

Ce sont 105 maisons en rangée à loyer modique - le long de la promenade Baycrest jusqu'à la promenade Sandalwood - que Timbercreek a l'intention de démolir.

C'est la deuxième fois que le promoteur démolit un ensemble de maisons en rangée depuis qu'il s'est installé dans la région il y a cinq ans.

De quatre à six personnes vivent dans bon nombre de ces maisons, selon les résidents du quartier.

« Je ne sais pas ce que nous allons faire », réagit Falah Rashed, qui vit dans l'une d'elles. Avec sa famille, ils sont six à l'habiter.

« Les loyers sont en général autour de 2 000 $, sans eau ni rien d'autre. La plupart des familles du quartier ne peuvent pas se le permettre », poursuit-il.

En ce moment, les locataires paient leur logement environ 1 400 $ par mois.

Des aides

Timbercreek a offert aux locataires expulsés un préavis de quatre mois et de l'aide financière.

« Nous offrons une compensation financière de trois mois de loyer et une allocation de déménagement de 1 500 $ », explique le directeur des opérations de la compagnie, John Loubser.

Un « consultant » offrira aussi son aide aux locataires pour retrouver un autre logement.

Le promoteur a appris de ses erreurs. La dernière fois, il avait fait démolir les maisons en hiver. Cette fois-ci, les expulsions auront lieu en septembre pour ne pas perturber l'année scolaire des enfants.

Un quartier défavorisé

Mais toute cette aide sera vaine si les résidents ne peuvent pas trouver des logements abordables.

« Nous avons un faible revenu, nous sommes tous des immigrants ici. La plupart du temps, notre départ dans la vie a été difficile et nous essayons d'arranger les choses », raconte Mohammed Ali Komaiha, dont on a dit à la famille qu'ils devraient déménager.

Un homme devant des femmes autour d'une table et des maisons en rangée à Ottawa. Mohammed Ali Komaiha vit dans ce quartier depuis une dizaine d'années. Photo : Radio-Canada / Laura Osman / CBC

La famille de Mohammed Ali Komaiha qui vit dans ce quartier depuis une dizaine d'années dit avoir eu du mal à obtenir des réparations dans son logement.

En 2009, le quartier a enregistré le plus grand nombre de plaintes relatives aux normes d’entretien des biens de la Ville d'Ottawa.

Depuis le rachat de Timbercreek en 2013, les locataires ont dit que l'entretien s'était amélioré, mais qu'ils avaient encore du mal à obtenir la réparation de leurs logements. Certains sous-sols présentent des fuites et sont couverts de moisissures. D'autres réparations qui seraient relativement simples à faire prennent des mois avant que ça le soit, selon les locataires.

« Ça fait cinq mois qu'on a un problème avec l'évier, et ce n'est qu'une fuite d'eau », assure M. Komaiha.

Il a fallu du temps à Timbercreek pour rattraper toutes les réparations qui n'avaient pas été faites, affirme M. Loubser. Selon le promoteur, 25 % des maisons en rangée sont vacantes et ne sont plus viables. De plus, les réparations seraient beaucoup plus coûteuses du fait que les maisons sont en rangée.

Le promoteur envisage à long terme un réaménagement du quartier, les immeubles seraient gardés tels quels, tandis que les maisons en rangée seraient démolies.

Ottawa-Gatineau

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