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Légal ou pas, un drone qui vole en ville?

Au premier plan à gauche : les mains d'un pilote de drone manipulent une télécommande. Au fond, en arrière-plan : un drone blanc vole dans le ciel.
Matthew Johnson pilote un drone au-dessus d'un champ près de Winnipeg : à cet endroit, il respecte les distances requises et peut voler en toute légalité. Photo: Radio-Canada / Radja Mahamba
Radio-Canada

Savez-vous vraiment où vous avez le droit de faire voler votre drone? Par exemple, est-ce légal de l'utiliser pour filmer des rassemblements de foule lors d'événements sportifs ou culturels dans un centre-ville? La réponse courte? Non.

Un texte de Camille Gris Roy

La semaine dernière, un drone a été aperçu au-dessus du rassemblement du Whiteout, au centre-ville de Winnipeg. Un résident du quartier Sage Creek a aussi signalé, sur les médias sociaux, avoir vu un drone voler au-dessus de sa cour récemment. Le public est-il bien au courant de ce qui est légal ou non?

On distingue la forme d'un drone au loin dans le ciel ennuagé, au-dessus d'un immeuble brun.Un drone est aperçu ici au-dessus de l'hôtel Alt au centre-ville de Winnipeg, lors d'une fête de rue pour un match des Jets. Photo : Radio-Canada / Gavin Boutroy

À Winnipeg comme partout ailleurs au Canada, les règles de Transports Canada s’appliquent pour l’utilisation des drones.

La première chose à savoir, « c’est si vous allez utiliser le drone à des fins récréatives ou commerciales », note le pilote de drones Matthew Johnson, président de la compagnie de production M3 Aerial, qui offre également des formations.

L’usage récréatif, essentiellement, c'est « pour le simple plaisir de faire voler [un appareil] ».

Le reste englobe tout ce qui est travail, recherche ou utilisation à des fins commerciales. Et cette dernière catégorie est vaste, comme l'indique Matthew Johnson. « C’est si vous comptez l’utiliser dans un but qui rapporte, même si ce n’est pas pour l’argent. Ça peut être juste pour publier des vidéos sur YouTube : c’est une forme de marque personnelle », explique-t-il.

En fait, presque aussitôt que vous mettez une caméra sur votre drone, ça tombe du côté commercial… à moins que ce soit juste pour garder la vidéo pour vous-même et pour la regarder chez vous.

Matthew Johnson, propriétaire de M3 Aerial Productions
Un homme au milieu d'un champ, avec une veste de sécurité, qui tient une télécommande pour un drone. Matthew Johnson est le président de M3 Aerial Productions Photo : Radio-Canada / Radja Mahamba

Drone récréatif : où, quand, comment?

Vous avez un drone récréatif et vous le faites voler dans votre cour en ville, ou en plein coeur d'un parc municipal? C’est illégal.

« Quand vous voyez des vidéos sur Internet de gens qui volent au-dessus de l’avenue Portage à Winnipeg, de l’Assemblée législative ou de La Fourche, il y a très très peu de chances que ce soit légal », signale Matthew Johnson.

En fait, il y a toute une série de critères à respecter (Nouvelle fenêtre). D’abord, on ne peut pas dépasser une altitude de 90 m, et il faut voler de jour lorsque le temps est clair.

Après, cela dépend du poids du drone. « Ce qui est vraiment important, c’est de garder une distance par rapport aux gens », souligne Matthew Johnson.

    • Si le drone pèse entre 250 g et 1 kg, il devra voler à au moins 30 m des gens, des véhicules, du public en général.
    • Si le drone pèse entre 1 kg et 35 kg, cette distance passe à 75 m.

Rester loin des aéroports

Autre point essentiel : il faut rester à au moins 5,5 km de distance des aérodromes, quels qu'ils soient.

« Je pense que les gens ne réalisent pas qu’il y a trois aéroports autour de Winnipeg. On oublie souvent celui de Lyncrest, au sud-est de la ville, et il y a aussi un héliport, au milieu de Winnipeg, et l’aéroport de St. Andrews, au nord. Donc, c’est vraiment limité », rappelle M. Johnson. Sans compter, bien sûr, l’aéroport international Richardson.

Une carte de la grande région de Winnipeg, tirée de Google Maps, sur laquelle on voit de nombreux cercles rouges, pour délimiter les zones proches d'aérodromes.Cette carte interactive, sur le site Internet du gouvernement fédéral, montre les zones proches d'aérodromes où il est interdit de faire voler un drone. Source : Outil de sélection de site pour les opérations d'UAV. Photo : Conseil national de recherches Canada

En bref, il n’y pas tant d’endroits où on peut faire voler un drone dans un milieu urbain.

Dans certains parcs à Winnipeg, vous pourrez peut-être trouver ces distances, mais c'est rare.

Matthew Johnson, président des productions M3 Aerial

Vous pouvez, par contre, utiliser votre drone à l’intérieur, chez vous, et les règles sont plus flexibles pour les tout petits drones, qui pèsent moins de 250 g.

Usage non récréatif?

Pour un drone qui pèse plus de 35 kg, ou à partir du moment où vous utilisez votre drone dans un but non récréatif, cela implique de la formation, des certifications et des autorisations.

Les règles de distances sont plus flexibles, mais il faudra communiquer avec les autorités et avoir des permissions spéciales. « Les pilotes commerciaux peuvent voler à Winnipeg, à condition qu’ils se soient coordonnés avec NAV Canada et qu'ils aient rempli toutes les exigences. »

Pour en revenir à la fête de rue des Jets :

Commercial ou récréatif, il n’y a quasiment aucune chance qu’il soit permis de faire voler un drone au-dessus de cet endroit, en premier lieu à cause de la proximité de la foule et de la circulation.

« En plus, il y a un hélicoptère qui survole cette zone, et en tout temps, lorsqu’il y a un avion dans le secteur, vous êtes censé rester au sol. Même si vous êtes une compagnie qui a certains permis, vous ne pourriez pas voler dans ce cas-ci », estime Matthew Johnson.

Un registre des drones?

Pour l’instant, il n’y a pas de système d’enregistrement des drones au Canada, comme c’est le cas aux États-Unis, dit Matthew Johnson. Transports Canada exige seulement que le nom, l’adresse, et le numéro de téléphone du pilote soient inscrits sur son drone, mais les exigences d’identification vont un peu plus loin pour les pilotes non récréatifs.

Gros plan sur un drone blanc, positionné sur une petite plateforme orange sur le sol.Sur ce drone, on voit une étiquette collée sur laquelle sont inscrites les coordonnées du propriétaire. Photo : Radio-Canada / Radja Mahamba

Sensibilisation et conséquences?

Matthew Johnson juge qu’il y a encore du travail à faire pour sensibiliser le public à ces règles.

Il y a un grand décalage entre le volume de drones disponibles et la compréhension des consommateurs en ce qui concerne les règles pour les utiliser.

Matthew Johnson, pilote de drone winnipégois

Il existe des amendes pour ceux qui ne respectent pas les règles, y compris les pilotes « récréatifs ». Ces amendes peuvent aller jusqu’à 25 000 $ pour une entreprise, mais on n'entend peu souvent dire que des pilotes de drone ont été réprimandés.

« Si les compagnies sont mises à l’amende, ce n’est pas rendu vraiment public, note M. Johnson. Je pense que les gens devraient en entendre parler et voir que le gouvernement prend cela au sérieux. »

Société