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Comment régler la pénurie d'enseignants dans les écoles françaises et d'immersion

Élèves en classe qui lèvent la main avec professeur derrière.
Entête principale du portail de la rentrée 2017 à Radio-Canada. Photo: Shutterstock
Radio-Canada

Le gouvernement fédéral investira 62,6 millions de dollars pour s'attaquer à la pénurie des enseignants dans les écoles françaises en situation minoritaire et dans les écoles d'immersion. Des intervenants de la francophonie rencontrent le ministère du Patrimoine canadien, le 9 mai, pour discuter de ce problème.

Un texte de Gavin Boutroy

« Nous vivons une pénurie à travers le Canada », affirme le directeur général de la Fédération nationale des conseils scolaires francophones (FNCSF), Roger Paul. Il représente 28 conseils scolaires francophones en situation minoritaire au Canada, ainsi qu'une coalition de 12 organismes pancanadiens, membres de la Table nationale sur l’éducation.

Ottawa consacrera, au cours des quatre prochaines années, 31,3 millions de dollars au recrutement des enseignants dans les écoles françaises. La même somme sera consacrée aux écoles d'immersion. Ces fonds sont compris dans le Plan d’action pour les langues officielles dévoilé en mars.

« Lorsque la ministre du Patrimoine canadien a dévoilé le nouveau Plan d’action, elle a bel et bien indiqué que ces nouveaux fonds iraient en grande partie aux communautés », affirme M. Paul.

Roger Paul, directeur général de la fédération nationale des Conseils scolaires francophones.Roger Paul, directeur général de la fédération nationale des Conseils scolaires francophones. Photo : FNCSF

Il pense que ce sont les commissions scolaires francophones et les organismes communautaires qui devraient être responsables du recrutement des enseignants, et non les ministères de l'Éducation des provinces et des territoires. C’est le message qu’il enverra, jeudi, au ministère du Patrimoine canadien.

Donc, on a les personnes clés qui sont réunies à cette table [nationale en éducation] qui pourraient vraiment trouver des façons innovantes de faire les choses.

Roger Paul, directeur général de FNCSF

Écoles françaises et d’immersion : mêmes besoins?

Roger Paul croit que les écoles de langue française ont davantage besoin de fonds que les écoles d’immersion.

Le directeur général par intérim de la Division scolaire Louis-Riel (DSLR), à Winnipeg, Christian Michalik, affirme que la pénurie des enseignants touche aussi les écoles d’immersion. Il l’attribue notamment à une dévalorisation de la profession d’enseignant. Il souhaite que le fédéral investisse de l'argent pour revaloriser ce métier.

[Il faut] d’abord et avant tout valoriser la profession et faire en sorte que notre jeunesse veuille considérer ça comme profession.

Christian Michalik, directeur général par intérim de la DSLR

Des fonds pour les universités?

Le doyen de la Faculté d'éducation de l'Université de Saint-Boniface (USB) à Winnipeg, Stéfan Delaquis, estime que les établissements qui forment les enseignants ont grandement besoin de ces nouvelles ressources.

« Il faut avoir les ressources humaines nécessaires pour donner une bonne formation et c'est ça qu'il nous manquait à la Faculté d'éducation, ici, avec les dernières compressions budgétaires », lance-t-il.

La question de la rétention

« On veut s’assurer de bien former [les enseignants], mais on veut aussi s’assurer qu’ils demeurent dans la profession après l'obtention de leur diplôme », ajoute M. Delaquis.

C’est en effet l’un des problèmes importants lorsqu’on parle de recrutement d’enseignants, note Roger Paul. Il affirme qu’un enseignant sur cinq quitte la profession dans les cinq premières années.

M. Delaquis croit que l’USB est bien outillé pour contrer ce phénomène. « En 2008, une professeure à la Faculté d’éducation avait mené une étude au sujet de la rétention des enseignants et enseignants, dit-il, et nous avons trouvé que seulement environ 8 % de nos diplômés quittent la profession dans les cinq premières années. »

Il attribue ce succès au stage de fin de programme des futurs enseignants. Les stages de l’USB, qui s'étalent sur une année scolaire, durent plus longtemps que la normale, explique-t-il. M. Delaquis pense que les étudiants ont ainsi une meilleure idée de la profession dans laquelle ils se lancent.

Essentiellement, lorsqu’ils ont terminé leur programme, lorsqu’ils sont diplômés, ils ont un an d’expérience.

Stéfan Delaquis, doyen de la Faculté d'éducation

Le directeur général de la Division scolaire franco-manitobaine, Alain Laberge, estime qu'une des solutions pourrait être de créer une stratégie nationale de validation des diplômes qui faciliterait la mobilité des enseignants. Pour Roger Paul, cette idée, bien qu'intéressante, reste difficile à mettre en pratique parce que l'éducation est de juridiction provinciale. Elle impliquerait qu'un bon nombre de décideurs s'entendent sur ses modalités.

Selon le ministère du Patrimoine canadien, des discussions avec des partenaires possibles comme les provinces, les territoires et les intervenants en éducation sont en cours, dont les détails seront dévoilés au cours de la prochaine année.

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