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L'identité culturelle au cœur des témoignages de la commission Viens à Maliotenam

La Commission Viens s'installe pour trois semaines à Maliotenam.

La Commission Viens s'installe pour trois semaines à Maliotenam.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

Radio-Canada

Le manque de respect envers les Innus et la difficulté à se réapproprier la culture autochtone sont les deux grands enjeux abordés devant la Commission d'enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics, pour le premier jour d'audience à Maliotenam.

Un texte d'Alix-Anne Turcotti

Évelyne St-Onge, une aînée de Uashat-Maliotenam, reconnue dans la communauté pour défendre les droits des Premières Nations et les droits des femmes, a raconté devant les membres de la commission de quelle façon son passage au pensionnat autochtone a bouleversé sa vie et l’a déracinée de sa culture innue.

« Je suis une autre personne, différente, et je réalise que j’ai perdu la langue et la culture. Le fait de le réaliser, ça m’a donné beaucoup de colère », a-t-elle déclaré.

Évelyne St-Onge

Évelyne St-Onge

Photo : Radio-Canada

Elle souhaiterait que la culture et l’histoire innue soient davantage enseignées dans les écoles.

C’est d’utiliser la langue maternelle comme langue d’enseignement, que la langue innue soit présente partout dans la communauté. On est en train de la perdre. Et j’aimerais mieux connaître mon histoire.

Évelyne St-Onge, aînée de Uashat-Maliotenam

Elle a expliqué aux membres de la commission l’importance de développer des programmes de valorisation de la culture autochtone.

Maltraitance

Un autre citoyen de Uashat-Maliotenam, Paul-Émile Fontaine, a raconté comment les Innus sont parfois mal traités en raison de leur identité.

Il a rapporté que son père avait été mal mené par les grandes industries en matière d'emploi.

Selon lui, dans le passé, des Innus faisaient les travaux les plus difficiles, que « les blancs » ne voulaient pas faire.

Ça me fait mal tout ce que mon père a vécu, le manque de respect des blancs. Tout ce qui était bon pour notre survie nous était interdit, ça m’a fait de quoi. C’est encore le cas aujourd’hui.

Paul-Émile Fontaine

Paul-Émile Fontaine a également parlé de la mort de plusieurs proches, dont un qui aurait perdu la vie lors d’une sortie en canot. Les autorités auraient classé l’affaire comme une noyade, mais Paul-Émile Fontaine doute de cette hypothèse.

Il a déploré que l’enquête ne soit pas allée plus loin et que les policiers n’aient pas analysé davantage les preuves à leur disposition.

Comme Évelyne St-Onge, il a également souligné l’importance de transmettre le savoir et la culture innue dans l’éducation des jeunes.

La commission Viens se poursuit demain, à Maliotenam. Le lien entre les Autochtones et les services de santé devrait être abordé.

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