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Une autre adolescente est violée, aspergée d'essence et brûlée en Inde

Une affiche appelle à la fin de la protection des violeurs en Inde.

Des protestataires se sont réunis dans les rues d'Ahmedabad le 13 avril dernier à la suite du viol d'une jeune fille de huit ans.

Photo : Reuters / Amit Dave

AFP
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Une adolescente indienne lutte contre la mort après avoir été violée, aspergée d'essence et brûlée. C'est la deuxième affaire de ce type en quelques jours dans le pays.

L'Inde est secouée ces dernières semaines par plusieurs scandales retentissants de viols, qui remettent au premier plan le fléau des violences sexuelles dans cette société patriarcale où règne la culture du silence.

Traitée dans un hôpital privé, « la fille souffre de brûlures au premier degré sur 70 % du corps », a déclaré à l'AFP Shailendra Barnwal, un responsable policier du district de Pakur dans l'État reculé du Jharkhand (est).

Les forces de l'ordre ont procédé à l'interpellation d'un jeune homme de 19 ans qui vit dans le même quartier que la victime de 17 ans.

Il a versé du kérosène sur la fille et l'a brûlée.

Une citation de : Shailendra Barnwal, police du district de Pakur

Seconde agression la même journée

Cette agression s'est produite vendredi, le même jour et dans la même région où le viol d'une autre jeune fille, ensuite brûlée vive, a scandalisé l'opinion publique.

Le principal suspect et le chef du village ont été arrêtés dimanche en lien avec cette première affaire. La famille de la victime âgée de 16 ans a été placée sous protection policière spéciale.

La jeune fille du district de Chatra avait été enlevée de chez elle jeudi alors que sa famille assistait à un mariage. Elle avait ensuite été violée dans une forêt.

Ses proches s'étaient alors plaints auprès du conseil des anciens du village, qui avait ordonné vendredi à deux accusés d'effectuer 100 abdominaux et de verser une amende de 50 000 roupies (750 $).

Furieux devant cette sentence, les suspects auraient alors roué de coups les parents de la jeune fille et incendié leur maison avec cette dernière à l'intérieur.

Une législation renforcée

Ces drames interviennent alors que la législation contre les agressions sexuelles ne cesse d'être durcie depuis un viol collectif à New Delhi en 2012 qui avait choqué la planète.

Le gouvernement indien a instauré le mois dernier la peine de mort pour les violeurs d'enfants de moins de 12 ans.

Cette décision est intervenue à la suite du viol en groupe et du meurtre d'une fillette musulmane de huit ans à Kathua, dans l'État du Jammu-et-Cachemire (nord).

Selon la police, ce crime avait une dimension politique, car il illustre les tensions communautaires en Inde où les nationalistes hindous du premier ministre Narendra Modi sont au pouvoir depuis 2014.

D'après les conclusions de l'enquête, des villageois de la majorité hindoue de la région de Jammu ont violé et tué la fillette pour terroriser la communauté musulmane nomade et en inciter les membres à quitter la région.

L'interpellation de huit suspects a déclenché des manifestations d'hindous dénonçant l'enquête de police, qu’ils jugent partiale.

Signe du contexte explosif, la Cour suprême a le mois dernier placé sous protection policière la famille de la victime et son avocate, qui dit avoir reçu des menaces de mort.

Dans une nouvelle décision rendue lundi, la plus haute instance judiciaire de cette nation de 1,25 milliard d'habitants a ordonné le déplacement du procès de Kathua à Pathankot, ville voisine, mais administrativement située dans un autre État.

Quelque 40 000 viols ont été signalés en Inde en 2016, mais les experts estiment que ce chiffre ne représente que la partie émergée de l'iceberg.

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