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Une femme arrêtée et incarcérée aux États-Unis pour avoir conduit avec un permis canadien

Le portrait d'une femme

Emily Nield

Photo : Radio-Canada / Richard Agecoutay/CBC News

CBC News

Une Ontarienne espère recevoir des excuses officielles de la part d'une agente de police de l'État de la Georgie qui l'a arrêtée, menottée et mise en prison parce qu'elle conduisait avec un permis canadien.

« C'est l'incident le plus horrible de ma vie, affirme Emily Nield en entrevue avec CBC News. C'était terrifiant! »

Il y a environ un mois, la jeune femme de 27 ans traversait la Georgie pour se rendre au Tennessee, où elle venait de terminer une maîtrise en géologie. Pour s’y rendre, elle circulait sur l’autoroute I-75.

C'est là qu'elle a été arrêtée pour excès de vitesse. L'agente a demandé à voir son permis. Mme Nield lui a donc donné son permis de conduire de l'Ontario. C’est à ce moment que la situation a tourné au vinaigre.

« Elle me disait et me répétait : "Non, les permis canadiens ne sont pas acceptés", raconte M. Nield. J’étais sidérée. Je lui répondais sans arrêt que c’était faux : un permis canadien est valide aux États-Unis. »

Mme Nield dit que la policière lui a ensuite demandé de prouver qu'elle était bien canadienne. Même si elle avait des copies de son passeport, de sa carte Nexus et de son certificat de naissance sur son téléphone intelligent, l’agente n’était pas satisfaite : elle voulait voir les documents originaux.

« Puisque je n’avais pas de copie papier, elle m’a agrippée à travers la fenêtre de ma voiture et m’a passé les menottes », selon Mme Nield.

« Elle m'a dit que j’étais en état d’arrestation pour conduite sans permis et que j'allais en prison. »

Depuis l’arrière de véhicule de police, Mme Nield a enregistré une vidéo avec son téléphone portable et l'a envoyée à ses amis sur Snapchat.

« J’ai les menottes aux poignets, aidez-moi, je ne veux pas aller en prison », dit-elle dans la vidéo alors qu'elle fond en larmes.

« Je n'ai jamais commis de crime »

Au poste de police, Mme Nield a été accusée de conduite sans permis et d'excès de vitesse parce qu’elle circulait à 87 miles à l’heure (140 km/h) dans une zone de 70 (112 km/h).

Les policiers ont pris sa photo et ses empreintes digitales.

« Ils n'arrêtaient pas de dire : "Vous êtes maintenant dans le système, vous faites partie de la base de données d’empreintes digitales utilisée lorsqu’un crime est commis", a déclaré Mme Nield. Je n'ai jamais commis de crime! »

Une de ses amies a pu déterminer son emplacement grâce à une fonctionnalité sur Snapchat et a appelé le bureau du shérif du comté de Cook, en Georgie.

Mme Nield dit qu'elle a obtenu le droit de parler à son amie, mais que ses demandes de parler au consulat canadien ou à ses parents sont restées sans réponse.

Elle a payé 880 $ pour sortir de prison

Les policiers lui auraient dit qu'elle resterait en prison jusqu'à sa comparution devant le tribunal le 12 juin, à moins qu'elle ne paie une caution de 880 $ US en espèces. La jeune femme n’avait pas cette somme d’argent comptant sur elle.

Finalement, elle a été autorisée à utiliser sa carte de débit et à payer sa propre caution. Mme Nield affirme qu’elle a aussi dû payer 200 $ pour que la fourrière lui rende sa voiture.

Une fois sortie de prison, elle est restée aux États-Unis dans le but de faire rejeter les accusations avec l'aide du père d'un ami qui est avocat en Virginie, ainsi que celle du consulat du Canada.

« Je croyais vraiment que j’étais ruinée, dit-elle. Lorsque vous faites une demande d'emploi, il y a toujours une case à cocher : "Êtes-vous un criminel, avez-vous déjà été condamné ou arrêté pour quoi que ce soit?" »

Selon le site web du département des Services aux chauffeurs de la Georgie, « les citoyens non américains titulaires d'un permis de conduire étranger valide sont autorisés à conduire dans l'État de la Georgie ».

Le site web explique : « Dans le cas d'un permis de conduire délivré par l'autorité compétente d'un pays étranger, un agent de la paix peut consulter le passeport ou le visa d'une personne pour vérifier la validité de ce permis, si disponible. »

Accusations rejetées

Trois jours après son arrestation, un juge du comté de Cook a rejeté les accusations qui pesaient sur Mme Nield.

Un fonctionnaire du comté en question affirme que la cour, en consultation avec l'avocat de Mme Nield, travaille à ce que toutes traces de l’arrestation soient effacées.

Selon Mme Nield, l’agente de police ignorait la loi : un permis de conduire canadien est valide en Georgie.

« Si vous êtes un policier, vous devriez connaître les lois, en particulier les policiers qui travaillent sur l'I-75, estime M. Nield. Il y a tellement de touristes hivernants canadiens qui se rendent en Floride pour des vacances! »

Après avoir appris que son arrestation serait éliminée du système, Mme Nield affirme qu’elle a « pleuré de joie ». La semaine dernière, elle est revenue au Canada.

Mme Nield est présentement à la maison avec ses parents à Kleinburg, en Ontario, mais elle devra retourner aux États-Unis pour récupérer son véhicule.

En attendant, elle veut que le bureau du shérif du comté de Cook soit tenu responsable.

« J'aimerais voir la policière qui m’a arrêtée être réprimandée formellement », explique Mme Nield.

CBC News a tenté de joindre le bureau du shérif du comté de Cook à plusieurs reprises, mais n'a pas reçu de réponse.

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