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Un village du Nord de l’Ontario perd son épicerie

La devanture de l'épicerie.

L'épicerie Earlton Grocery King est ouverte depuis près de 60 ans dans la petite communauté francophone, située au nord-est de Sudbury.

Photo : Courtoisie Michel Maurice

Radio-Canada

Dimanche, le coeur lourd, Michel Maurice, propriétaire de la seule épicerie de la petite communauté d'Earlton, située à 250 kilomètres au nord-est de Sudbury, a annoncé sur Facebook qu'il allait fermer son commerce ouvert depuis près de 60 ans.

Un texte de Justine Cohendet

La décision n’a pas été facile à prendre, raconte ému celui qui gère le magasin depuis 2009. « Ce n’est pas ce que je voulais faire personnellement », se désole-t-il.

« Ça fait des années, des mois que ce n’est pas facile. Je ne fais pas d’argent », ajoute-t-il.

Dix employés sur le carreau

Peu de temps avant d’en faire l’annonce sur les réseaux sociaux, Michel Maurice s’est entretenu avec les dix employés que compte son magasin pour leur expliquer qu'ils allaient perdre leur travail.

« On savait que le commerce était déjà à vendre et que les choses ne roulaient pas comme on voulait, on s’y attendait, mais on espérait que ça n’arriverait pas. C’est décevant, mais je comprends Michel », lance Marjolaine Dufresne, employée du Earlton Grocery King depuis six ans.

Je pourrai toujours garder mes petits enfants, mais ça me déçoit, car j’aime le monde, j’aime le public, ça va me manquer c’est sûr.

Marjolaine Dufresne, employée de l'épicerie

Walmart responsable?

Plusieurs facteurs ont mené à cette décision. Les hausses du coût de l’électricité et des salaires combinées à la légère baisse des ventes ont fragilisé le commerce, explique Michel Maurice.

La présence d’un Walmart à New Liskeard, à 20 minutes au sud de la communauté, n’aurait pas arrangé les choses, estime Marjolaine Dufresne, son employée. Surtout, depuis que le géant du commerce s’est doté d’un rayon épicerie, il y a un peu moins de dix ans.

Michel Maurice, derrière la caisse, dans l'épicerie d'Earlton. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Michel Maurice, le propriétaire de l'épicerie, a annoncé la mauvaise nouvelle à ses employés dimanche soir.

Photo : Courtoisie de Michel Maurice

« Les gens sont tentés d’aller magasiner dans les gros magasins », raconte-t-elle.

« Ils ne réalisent pas à quel point c’est important d’avoir une épicerie. Une fois qu’elle sera fermée, c’est là que les gens vont s’en rendre compte », croit-elle.

Une épicerie appréciée

Mélissa-Anne Gauthier, habitante d’Earlton et fidèle cliente de l’épicerie d’Earlton, a du mal à imaginer son quotidien sans l’épicerie.

« Je n’ai vraiment pas le temps d’aller jusqu’à New Liskeard ou à Englehart pour aller faire mon épicerie. J’ai trois enfants, je suis très occupée, donc c’est important d’avoir un magasin proche », explique-t-elle.

Je sais qu’ils ont eu des difficultés, mais je suis un peu surprise et vraiment déçue.

Melissa-Anne Gauthier, fidèle cliente de l'épicerie.

Michel Maurice ne sait pas encore quand il fermera les portes de son magasin. « Un jour à la fois », lance-t-il.

Des rayons d'épicerie. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Près d'une centaine de personnes avait partagé lundi sur les réseaux sociaux leur attachement à leur épicerie.

Photo : Courtoisie Michel Maurice

Il aurait aimé transformer l’épicerie en coopérative, mais jusqu’ici toutes ses tentatives ont été infructueuses. « Je pense encore ça pourrait fonctionner », espère-t-il.

Son employée Marjolaine Dufresne croit que cette solution pourrait sauver le commerce. « Certains villages comme Moonbeam ont lancé des coopératives et c’est un succès », conclut-elle.

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Commerce