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L'éternelle jeunesse de Monique Miller

Entrevue de Louis-Philippe Ouimet avec la comédienne Monique Miller

La comédienne Monique Miller est en vedette au Théâtre du Nouveau Monde (TNM), dans la pièce d'Eugène Ionesco Les chaises.

Après 70 ans de carrière, elle éprouve toujours le besoin de se mettre en danger en jouant un texte de 542 répliques difficile à interpréter. « C’est une grande pièce, le metteur en scène [Frédéric Dubois] est un admirateur de Ionesco et mon partenaire [Gilles Renaud] est idéal », explique-t-elle en avouant une complicité fusionnelle avec ce dernier sur scène.

Dans sa loge, Monique Miller a apporté plusieurs objets personnels, dont une photo de Jean Besré prise en 1968 au TNM. « J’ai joué Rhinocéros de Ionesco avec lui il y a 50 ans exactement. », raconte-t-elle en entrevue avec Louis-Philippe Ouimet.

La comédienne de 84 ans n’aime pas parler de son âge : « L’âge c’est une question de chiffres. Je connais des femmes qui ont 15 ou 16 ans de moins que moi et qui ont l’air de mes grandes sœurs. » Elle ajoute que le secret de son éternelle jeunesse est le travail. « Ça garde en vie, c’est stimulant. Il y a des gens qui arrêtent de travailler à 65 ans et qui s’ennuient. »

Puisque la comédienne est moins présente à la télévision, les gens s’imaginent qu’elle a pris sa retraite. « L’année dernière, j’ai fait 70 représentations de deux pièces différentes », précise-t-elle.

La comédienne Monique Miller dans le rôle-titre de Florence, une pièce de Marcel Dubé, en 1957La comédienne Monique Miller dans le rôle-titre de Florence, une pièce de Marcel Dubé, en 1957 Photo : Archives de Radio-Canada

Le premier film dans lequel Monique Miller a joué, Tit-Coq, date de 1953. En 1955, elle tourne dans la série télévisée Cap-aux-sorciers et fait la connaissance de l’auteur Guy Dufresne et du réalisateur Paul Blouin avec qui elle travaille beaucoup par la suite.

La comédienne se souvient qu'à l’époque des téléthéâtres de deux heures étaient diffusés en direct à la télévision. « On faisait aussi de la grande radio. Gilles Archambault m’a fait dire de magnifiques textes à la radio. On n’en a plus de ces textes », ajoute-t-elle.

En faveur de l’équité

Alors que l'écart salarial entre les actrices et leurs collègues masculins est vivement dénoncé présentement, Monique Miller a toujours su défendre ses intérêts en matière de rémunération. « Il faut que les femmes soient traitées également, mais j’ai souvent négocié des contrats pour mes partenaires masculins. Ils se fiaient à moi. J’étais, paraît-il, une bonne négociatrice », explique-t-elle. À cette époque, il n’y avait pas d’agent, « on négociait soi-même, la mode des agents est arrivée plus tard ».

Des rencontres marquantes

En 1957, la comédienne gagne un concours de popularité qui la mène à New York où elle rencontre Elvis Presley en personne. Elle garde précieusement la photo, mais la conversation avec le King a été très courte. « On s'est dit "Hi", c’est tout. Il m’a pris la main. C’était phénoménal de rencontrer Elvis Presley », se souvient-elle.

Sa rencontre avec l’acteur français Gérard Philipe a aussi été marquante.

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