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L'Ontario pourrait devenir le plus grand producteur de sirop d'érable au Canada

Deux bouteilles posées sur une table.
Bouteilles de sirop d'érable de l'Ontario Photo: Radio-Canada / Frédéric Pepin
Radio-Canada

Les producteurs de sirop d'érable dénoncent la sous-exploitation de la ressource en Ontario. La province la plus peuplée du Canada compte trois fois plus d'érables que le Québec, mais ne produit que 3 % du sirop d'érable au pays.

Un texte de Frédéric Pepin et des infographies de Vincent Wallon

Avec ses 3000 acériculteurs, l’Ontario compte pour moins de 2,6 % de la production mondiale.

Production mondiale en 2017 : 73 Millions de litres. Le Canada représente 78%. Le Québec: 72% de la production mondiale et 92% de la production canadienne. L'Ontario c'est 3% de la production canadienne, le Nouveau-Brunswick c'est 4%, la Nouvelle-Écosse c'est 1%. Les États-Unis c'est 22% de la production mondiale.Production mondiale de sirop d'érable en 2017 - Source : Association des producteurs de sirop d’érable de l’Ontario (OMSPA) Photo : Radio-Canada / Vincent Wallon / Icônes : Freepik de www.flaticon.com

Selon l’Association des producteurs de sirop d’érable de l’Ontario (OMSPA), c'est un potentiel largement inexploité.

Plusieurs choses expliquent pourquoi moins d'érables sont entaillés en Ontario, dit le président de l'association, Brian Bainborough. Les produits de l’érable font partie de la culture québécoise, affirme-t-il, alors qu’il y a un manque de volonté politique du côté ontarien.

Je demande au gouvernement de nous donner un meilleur accès aux terres de la Couronne. Beaucoup d’érables y sont inexploités et nous savons qu’il y a là un énorme potentiel économique tant pour la province que pour les producteurs.

Brian Bainborough, président de l’Association des producteurs de sirop d’érable de l’Ontario (OMSPA)
Brian dehors dans la forêt enneigée Agrandir l’imageBrian Bainborough, président de l’Association des producteurs de sirop d’érable de l’Ontario (OMSPA) Photo : Radio-Canada / Frédéric Pepin

Selon les données de l’OMSPA, les producteurs ontariens ont accès à 0,04 % des terres de la Couronne contrairement aux voisins de la Belle Province qui ont accès à 11 % des terres qui appartiennent au Québec.

L’Ontario a besoin d’une usine d’embouteillage de sirop

L’Association ontarienne a compilé ces données dans le cadre d’une Étude de faisabilité sur une installation d’embouteillage du sirop d’érable dans le nord de l’Ontario.

Cette étude réalisée par la firme Internationale Food Focus démontre qu’une telle usine d’embouteillage permettrait aux acériculteurs ontariens d'accroître la quantité de sirop produite, vendue et distribuée.

Selon le président de l'OMSPA, ils n'hésiteraient d'ailleurs pas à produire une plus grande quantité de sirop d’érable.

À l’heure actuelle, la majorité d'entre eux embouteillent et vendent eux-mêmes leur sirop, ce qui limite leurs capacités de production à grande échelle.

Et la seule installation d’embouteillage est située dans le sud de la province, bien loin des régions qui produisent le plus de sirop, soit l’est et le nord de l'Ontario.

La carte toutes les régions au Canada et aux États-Unis, ainsi que l'emplacement des usines d'embouteillage et de mise en conserve : 1 usine en Ontario, 9 au Québec, 3 au Nouveau-Brunswick et 1 en Nouvelle-Écosse.Agrandir l’imageRégions au Canada et aux États-Unis où le sirop d'érable peut être produit Photo : Association des producteurs de sirop d’érable de l’Ontario

Pour voir la carte en plus grand format

La plus grosse érablière en Ontario est celle de la famille Gilbertson, située sur l’île Saint-Joseph, près de Sault-Sainte-Marie.

On y a entaillé 41 000 érables cette saison et produit en moyenne 54 000 litres de sirop ou 100 000 conserves de sirop d’érable pur.

De gros barils et des évaporateurs dans un grande salle.Agrandir l’imageDes barils en acier et des évaporateurs dans l'érablière Photo : Radio-Canada / Frédéric Pepin

La grande majorité du sirop produit dans les installations de l’île Saint-Joseph est exportée au Québec, ce qui assure une source de revenus pour le producteur ontarien.

Ça serait une bonne chose pour l’Ontario de produire plus de sirop, mais il faudrait être en mesure de vendre notre sirop. S’il n’y a pas de marché pour davantage de sirop, les producteurs ne voudront pas investir dans la production acéricole.

Calvin Gilbertson, copropriétaire de l’érablière Gilbertson
Calvin dans la forêt enneigée sous un beau soleil.Agrandir l’imageCalvin Gilbertson, copropriétaire de l’érablière Gilbertson’s Photo : Radio-Canada / Frédéric Pepin

Un rêve réalisable?

L’expert en distribution agroalimentaire et professeur en management et en agriculture à l'Université Dalhousie d'Halifax, Sylvain Charlebois, a des doutes quant aux ambitions en Ontario.

Il y a probablement trois fois plus d’érables en Ontario qu’au Québec, mais la superficie est plus grande. Si on pense au nord de l’Ontario et à la logistique pour transporter le sirop, ça peut devenir coûteux. Si on pense à Toronto et on produit très loin de ce marché-là, y vendre un produit abordable devient de plus en plus difficile.

Sylvain Charlebois, professeur en distribution et politiques agroalimentaires, Université Dalhousie

Le professeur Charlebois croit que l’Ontario a encore beaucoup de travail à faire pour développer ce marché de niche.

Si on décide d’augmenter la capacité de transformation en Ontario, il faudra aussi penser à développer de nouveaux marchés pour le produit d’érable ontarien.

Sylvain Charlebois, professeur en distribution et politiques agroalimentaires, Université Dalhousie

L’OMSPA est en négociation avec différents promoteurs privés qui songent à construire une usine d’embouteillage.

L’organisme aimerait que les Ontariens consomment du sirop ontarien. Mais pour le moment, les grands distributeurs alimentaires comme Loblaw et Sobeys vendent, presque exclusivement, du sirop du Québec.

Lire la suite lundi 7 mai : Pourquoi les acériculteurs n’ont-ils pas un meilleur accès aux terres de la Couronne en Ontario?

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